Des notes de violon pour oublier les obus en Ukraine

La violoniste ukrainienne Marina Bondass, qui habite maintenant... (AFP, Aleksey Filippov)

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La violoniste ukrainienne Marina Bondass, qui habite maintenant Berlin, est revenue dans son pays pour donner bénévolement des récitals aux troupes ukrainiennes en première ligne ou dans les écoles. Elles s'apprête à jouer dans le salon des Savkevitch, où elle habite pendant son séjour dans sa ville natale d'Avdiïvka.

AFP, Aleksey Filippov

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Ioulia Silina
Agence France-Presse
Avdiïvka

Des notes de violon et de guitare résonnent dans l'appartement de la famille Savkevitch, dans le centre-ville d'Avdiïvka. Mais à l'extérieur, ce sont les bruits de missiles qu'on entend tandis que la nuit n'est éclairée que par les tirs des obus.

Depuis quelques jours, cette ville de 20 000 habitants est au coeur des combats qui ont repris dans l'est de l'Ukraine et fait 27 morts. Pour que leurs enfants oublient les affrontements, Svitlana et Oleksiï Savkevitch ont allumé des bougies dans cet appartement privé d'électricité et décidé d'organiser un concert à domicile.

«C'est très difficile mais nous restons ensemble et essayons de ne pas abandonner», soupire Svitlana en regardant sa fille jouer sur son petit violon.

Le couple vit dans la partie la plus ancienne d'Avdiïvka avec ses deux enfants, Marina et Danilo. Ce quartier est devenu l'un des plus dangereux et les plus bombardés de la ville depuis que de nouveaux combats ont troublé la trêve signée entre rebelles et soldats ukrainiens fin décembre.

«Nous avons dormi quelques jours dans la maison, en écoutant les projectiles siffler au-dessus de nous», confie Svitlana, une professeure d'anglais de 37 ans. «Mais quand des roquettes ont atterri dans la rue voisine, nous nous sommes précipités dans la cave», raconte-t-elle.

À 4h, la famille a déménagé dans l'appartement de leur soeur, dans le centre d'Avdiïvka, un quartier à peine plus sûr que celui où ils habitaient auparavant. «Nous avons passé plusieurs jours sans lumière», souligne Svitlana, qui ajoute en plaisantant «essayer d'y voir quelque chose de positif». «Nous ne regardons pas la télévision, nous ne lisons pas les infos sur Internet. Cela nous donne plus de temps pour lire des livres aux enfants ou organiser ce concert», sourit-elle.

Concert à domicile

Il faut dire qu'un hôte de marque réside depuis quelques jours avec les Savkevitch : la violoniste ukrainienne Marina Bondass. Habitant à Berlin, où elle fait partie de l'orchestre symphonique Rundfunk Sinfonieorchester, elle est revenue dans son pays pour donner bénévolement des récitals aux troupes ukrainiennes en première ligne ou dans les écoles de la région.

«Je ne m'attendais pas à cette aggravation» de la situation, reconnaît la violoniste de 37 ans. Quand les combats ont repris, les militaires ukrainiens lui ont fait quitter le front et la jeune fille passe désormais ses soirées à jouer du violon et de la guitare avec Marina et Danilo.

Elle a rencontré les deux enfants l'été dernier, quand ils avaient bénéficié d'un programme leur permettant de partir en vacances loin du conflit, en Allemagne.

Dans la pénombre de l'appartement, la musicienne joue le 13e des Vingt-quatre caprices pour violon de Niccolo Paganini. Puis Marina et Danilo, 7 et 11 ans, improvisent ensemble un morceau, l'une au violon et l'autre à la guitare.

«La guerre dans la patrie que j'aime, l'Ukraine, m'a rappelé. Bien que je vive en Allemagne, j'ai compris que je peux réellement aider les gens qui en ont besoin», souligne Marina Bondas.

Le conflit entre séparatistes prorusses et soldats ukrainiens dure depuis trois ans dans l'est de l'Ukraine mais «je ne peux pas dire que nous nous sommes habitués», confie Svetlana Savkevitch. «Parfois, nous avons si peur que nos mains tremblent», ajoute-t-elle. Sa petite fille, terrorisée, veut être accompagnée pour se rendre dans la salle de bain, raconte-t-elle. «C'est pourquoi nous essayons de distraire les enfants, d'organiser des spectacles, de jouer», poursuit la mère de famille. D'autant que les écoles de la ville ont fermé depuis la reprise des combats.

La nuit, la famille et leur hôte dorment à l'abri des bombes, dans un refuge. Mais dès que la situation le permet, en soirée notamment, tous remontent boire du thé dans l'appartement et jouer à tour de rôle de la musique. «Le plus important, c'est que je vois de l'espoir dans les yeux des gens qui m'écoutent quand je joue. L'espoir de la paix», conclut Marina tandis que par la fenêtre, le bruit des combats reprend.

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