Une aventure ambiante en marge d'Arcade Fire

«Je suis dans une super position avec Arcade... (Brantley Gutierrez)

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«Je suis dans une super position avec Arcade Fire, où ma vie ne dépend pas de mon projet solo, dit Jeremy Gara. Alors je pouvais pousser aussi loin que je le voulais jusqu'à ce que je sois satisfait.»

Brantley Gutierrez

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(Québec) Lorsque Arcade Fire a pris une pause, à la fin de la tournée Reflektor, Jeremy Gara a constaté qu'il avait suffisamment de compositions originales pour se permettre une aventure solo dans le registre de la musique ambiante. C'est ce projet, Limn, qu'il viendra présenter le 7 février, à Québec, dans le cadre du Mois Multi, en compagnie de la vidéaste Nelly-Ève Rajotte.

Le batteur montréalais a pris l'habitude de partir en tournée avec un synthétiseur dans ses bagages. Sitôt qu'il a une idée, il l'enregistre. C'est ainsi qu'il a accumulé les morceaux de musique qui constituent Limn. Il a aussi capté, en cours de route, différents sons. Il a amalgamé l'ensemble de ses trouvailles, puis s'est appliqué à les traiter et à les triturer avec les filtres de son ordinateur. Si, avec ces musiques ambiantes, on est loin de l'univers d'Arcade Fire, ce n'est pas entièrement un hasard...

«Ce n'était pas par exprès, mais je n'avais pas le choix, commente-t-il... En tournée, la dernière chose que j'ai envie d'entendre, c'est de la guitare et de la batterie; des chansons pop structurées. Quand vous allez dans de gros festivals de musique, vous entendez 15 groupes en une journée et vous finissez par identifier les patterns dans la musique. Jusqu'à un certain point, c'était inévitable que ce serait quelque chose de différent de ce que je fais la plupart du temps. J'adore toujours la pop et le rock et les chansons avec des couplets et des refrains, il y a une raison pourquoi c'est si populaire, c'est satisfaisant, mais j'ai réalisé que je ne pouvais pas faire que ça.»

Maître de toutes les étapes

Gara affirme qu'il aurait pu tout autant arriver avec un album folk ou même metal - il adore le genre - mais la musique ambiante s'est imposée. Son but principal? Achever une aventure par lui-même, de A à Z. Il ne cache pas avoir toujours autant de plaisir à jouer au sein d'Arcade Fire, surtout que le groupe crée dans un cadre très ouvert, or il demeure qu'il y a toujours des compromis, comme dans n'importe quelle famille musicale... 

«Je ne suis pas un chanteur et je n'écris pas de paroles. Juste d'avoir ma propre tribune, c'était très important. Et je crois qu'Arcade Fire en bénéficie, car j'ai contenté mon ego personnel artistique en disant "oh, j'ai fait un projet, je l'ai fini, il existe, je suis super heureux!" J'ai de nouveau une tonne d'énergie pour collaborer et aller dans cette direction, plutôt que d'avoir une tonne d'énergie mais d'être un sixième du projet. En ce sens, c'est très bon.»

Preuve que Gara voulait tenir les rênes de sa création jusqu'au bout, il a même signé le tableau qui orne la pochette - sa première véritable expérience dans cette discipline. Comme il a l'habitude de collaborer, il est souvent dans l'attente des autres pour prendre ses décisions. Il a mis un certain temps à réaliser qu'il pouvait être seul dans le siège du conducteur, y compris pour le volet visuel.

«Je travaillais avec une amie à moi, qui était super, qui était intéressée, mais qui était très occupée et quand j'ai vu que ça prendrait un peu de temps, en une journée je me suis dit : je vais essayer moi-même. J'avais un peu de peinture, j'avais du papier qu'un ami m'avait donné il y a plusieurs années. Je n'avais jamais peint - j'avais peur de l'essayer. Je me suis dit : je l'essaye aujourd'hui! C'est parti de là. Et je suis heureux du résultat.»

Improvisation

La musique électronique de Gara est fort propice à l'improvisation. Pas question pour lui, donc, de monter sur les planches du Cercle pour aller simplement faire jouer ce qu'il a enregistré. Cependant, Limn demeure toujours son point de départ, ne serait-ce que sur le plan des sonorités.

En accord avec cette philosophie, la rencontre du musicien avec Nelly-Ève Rajotte se fera un peu dans l'esprit des musiciens de jazz. C'est-à-dire que les deux complices ne veulent pas trop structurer leur proposition. Certes, il y aura un début, un milieu et une fin, mais ils veulent se donner la chance de se surprendre l'un et l'autre et d'installer un dialogue dans l'instantanéité du moment.

«Je n'avais jamais travaillé avec elle auparavant, alors c'est nouveau pour moi. Mais on s'est rencontré, on s'est super bien entendus et je suis familier avec ce qu'elle fait. [...] On a un concept, une structure de spectacle, mais à la base, on va improviser ensemble, ce qui, je trouve, sera super excitant, parce que j'aime ce qu'elle fait. L'énergie de ce qu'elle fera aura sans doute un impact sur ce que je ferai et l'énergie de ce que je ferai aura probablement un impact sur ce qu'elle fera.»

Gara s'emballe aussi du fait que la dimension visuelle viendra dynamiser une proposition qui, autrement, aurait pu être statique, bien qu'il jouera autant avec les claviers de son ordinateur. Il a également hâte de découvrir Le Cercle et de voir comment sa complice et lui pourront jouer avec l'espace.

Durant la même soirée, on pourra entendre l'artiste de Québec Millimetrik, qui célébrera les 10 ans de son album The Last Polar Bear on Earth, en offrant une nouvelle vision de ses créations.

Vous voulez y aller ?

Qui : Jeremy Gara avec Nelly-Ève Rajotte et Millimetrik

Quand : 7 février, 21h

Où : Le Cercle

Billets : 20 $

Info : www.le-cercle.ca

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