L'Osstidcho de l'Osstidtour

Dès Zombies, son deuxième titre, Koriass avait la... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Dès Zombies, son deuxième titre, Koriass avait la foule dans le creux de sa main.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CRITIQUE / «Nous sommes les nouveaux Robert Charlebois», a lancé Koriass, sourire en coin, lorsqu'il est monté sur les planches de l'Impérial, vendredi. Non, le rappeur et ses complices de Brown et d'Alaclair Ensemble n'avaient pas la prétention de mettre à jour le mythique Osstidcho, mais nul doute que leur Osstidtour, qui carbure autant aux rythmes qu'aux rimes, est bien de son temps.

Pas besoin d'avoir été à l'Osstidcho pour savoir que l'Osstidtour est fort différent que ce qu'avaient imaginé Charlebois, Mouffe, Yvon Deschamps et Louise Forestier en 1968, avec leur cocktail de rock, de folk et de jazz; leurs éléments théâtraux et leurs monologues; leur joual et leur franglais. Et pourtant, il y avait un peu de tous ces éléments, vendredi, à l'Impérial, simplement proposés d'une autre façon. D'abord cette manière unique qu'a le hip-hop québécois de marier l'anglais et le français, comme chez Brown, mais aussi la présence scénique théâtrale d'Alaclair ou encore certaines envolées de Koriass, qui peuvent avoir des allures de monologue...

Après une introduction où les trois formations ont fait équipe, Brown est venu proposer son matériel. Le trio réunissant les fistons Gregory et David Beaudin - Snail Kid et Jam - ainsi que leur paternel, Robin Kerr, a fait ronronner la machine avec un mélange de hip hop, dancehall et de soul. Avec ses titres mid tempo, il a bien installé l'ambiance, faisant chanter la foule avec son Brown Baby et insérant des inédits qui ont été bien accueillis.

Koriass en feu

Koriass a pris le relais, flanqué d'un batteur, d'un bassiste et du vétéran DJ NERVE à la console et aux platines. Le rappeur était dans une forme dangereuse. Dès Zombies, son deuxième titre, il avait la foule dans le creux de sa main. Il n'a pas lésiné sur les moyens pour ne pas la perde: il a parfois laissé le micro aux fans pour qu'ils rappent à sa place, il a partagé les planches avec Eman, d'Alaclair Ensemble ou est descendu parmi les spectateurs durant Supernova. Il a également démontré l'efficacité de son flow, débitant ses rimes à toute allure ou improvisant.

On a eu droit à une brève présence féminine durant cette soirée autrement masculine : les soeurs d'Eman et de Claude Bégin sont venues introduire Alaclair Ensemble, non sans humour, soulignant que c'était elles qui avaient fait découvrir le rap à leurs frérots... Le collectif, dont six des sept membres sont originaires de Québec, a fait danser l'Impérial avec l'aisance et la folie contagieuse qui le caractérise. Après quelques push-ups, les gars ont fait leur Coucou les coucous, ont sorti leur drapeau du Bas-Canada tandis qu'Ogden devenait Robert Nelson et haranguait sa «gang de minces»; ils ont tourné un vidéoclip, se sont amusés à entonner Le temps des cathédrales, Mon ange et même l'hymne canadien. Bref, ils ont installé leur univers déjanté pour le plus grand plaisir de tous. Et ç'a parfaitement marché, donnant une performance à la fois échevelée et cohérente, rigolote et professionnelle, s'achevant sur les airs de La Bolduc.

Seul bémol? Que la foule ne se soit pas déplacée davantage. Les lieux étaient tout de même bien remplis, environ aux deux tiers, mais on se serait attendu à plus. Chose certaine, ceux qui se sont déplacés n'ont pas regretté : ils ont eu droit à trois performances parfaitement rodées et ont amplement dansé et chanté.

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