Last work de la Batsheva Dance company: la voix de la danse

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Chacune des séquences de la pièce de 70 minutes a son propre langage, sa propre couleur.

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(Québec) CRITIQUE / Le chorégraphe Ohad Naharin se présente comme un chorégraphe exigeant. Exigeant envers ses danseurs, qu'il pousse à effectuer des mouvements complexes, ainsi qu'avec les spectateurs, qu'il aime bousculer dans leurs sensibilités. Dans Last Work, sur la scène du Grand Théâtre mardi pour un seul soir, Naharin a présenté une pièce achevée, symbolique et bouleversante.

Le chorégraphe israélien, à la tête de la Batsheva Dance Company depuis 1990, prend son temps pour installer l'ambiance. On voit d'abord apparaître une femme vêtue d'une robe bleue qui court sur un tapis roulant à l'arrière de la scène. Elle courra ainsi au même endroit tout le long du spectacle... Chapeau! Son surplace symbolise dans Last Work la ligne du temps et l'histoire qui se répète.

Les autres danseurs entrent en scène tour à tour. On constate tout de suite l'influence de la méthode Gaga. Inventée par Ohad Naharin, cette technique pousse le danseur à utiliser tout son corps de façon instinctive. Les miroirs sont d'ailleurs bannis dans les classes de danse Gaga. Les mouvements des danseurs viennent uniquement de leurs perceptions, de leurs sensations, plutôt que d'être calqués sur une image précise.

Les danseurs excellent dans le Gaga. Comme spectateur, il faut apprivoiser cette façon de bouger dans laquelle les membres sont désarticulés et les corps effectuent des torsions dans tous les sens. Heureusement, la danse qui en résulte reste gracieuse et coulante. Les danseurs semblent pouvoir tout accomplir sans limitation physique. 

Ohad Naharin possède un vocabulaire chorégraphique élaboré et unique. Chacune des séquences de la pièce de 70 minutes a son propre langage, sa propre couleur. En explorant les possibilités physiques au maximum, Naharin propose du jamais-vu aux spectateurs les plus pointilleux. 

La première moitié du spectacle nous a paru longue, un peu académique, alors qu'on se familiarisait avec la gestuelle de Naharin. La musique de fond, extrêmement redondante, n'aidait sûrement pas à susciter notre intérêt.

Patience récompensée

Mais notre patience a été récompensée en deuxième partie. Entre de magnifiques et touchants chants a cappella et de la musique techno assourdissante, Naharin porte un regard cru (sinon cruel) sur le monde, la religion, la guerre et les humains. Originaire d'Israël et y vivant toujours, il utilise des images fortes pour évoquer la paix (drapeau blanc) et les chaînes (rubans adhésifs) dont ne peuvent se détacher les citoyens des pays en guerre même en temps d'accalmie. Les dernières minutes nous ont gardés sur le bout de notre siège alors que musique et danse produisaient un crescendo enlevant.

Certains ont craint que Last Work serait, comme son nom le laisse croire, la dernière pièce de Naharin, et qu'à 63 ans, il tirerait sa révérence du monde chorégraphique. Il faut dire que celui qui dirige la Batsheva Dance Company depuis 1990 prend souvent position contre les têtes dirigeantes de son pays. Mais Naharin a encore trop à dire pour se taire. Trop à dire par la voix de la danse.

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