George Michael: «un autre grand nous quitte»

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George Michael lors d'un spectacle à Bratislava, en 2007

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Remi Banet
Agence France-Presse

«RIP George»: devant sa résidence londonienne ou sur les réseaux sociaux, les hommages affluaient lundi après le décès du chanteur britannique George Michael, interprète des tubes planétaires Last Christmas et Careless Whisper.

L'artiste, tourmenté par la drogue et une vie sentimentale compliquée, est mort à 53 ans de causes inconnues dimanche dans sa résidence de Goring.

«C'est avec grande tristesse que nous confirmons que notre fils, frère et ami George est mort en paix à son domicile à Noël», a annoncé dimanche soir l'agent du chanteur dans un communiqué, sans plus de détails.

Selon le magazine Billboard citant son manager Michael Lippman, le chanteur a été trouvé «dans son lit», victime d'une crise cardiaque. La police, qui ne considère pas sa mort comme suspecte, a néanmoins annoncé qu'il y aurait une autopsie.

En silence, des dizaines de fans ont déposé lundi des fleurs, bougies et messages devant la résidence londonienne de celui qui, après avoir été l'idole des adolescents des années 80 avec le groupe Wham!, était devenu ensuite superstar mondiale en solo.

Les hommages ont aussi afflué sur les réseaux sociaux : «Je suis profondément choqué. J'ai perdu un ami cher - le plus gentil et généreux - et un brillant artiste», a réagi le chanteur britannique Elton John sur Instagram, sous une photo de lui et de George Michael.

«Adieu mon ami! Un autre grand artiste nous quitte. Est-ce que 2016 peut aller se faire foutre MAINTENANT?» s'est emportée Madonna sur Instagram.

Gloire et déboires

De son vrai nom Georgios Kyriacos Panayiotou, ce fils d'un Grec chypriote et d'une Anglaise avait survécu de peu à une pneumonie fin 2011. «Cela a été littéralement le pire mois de ma vie, mais j'ai une chance [...] vraiment incroyable, d'être ici», avait-il confié.

En retrait ces dernières années, George Michael préparait un album et un documentaire autobiographique.

La popularité du chanteur avait décliné dans les années 90, mais il était revenu au sommet en 2004 avec l'album Patience.

Le chanteur de Faith avait connu divers déboires liés à la drogue et l'alcool. Il avait passé un mois en prison en 2010 après avoir embouti avec sa Range Rover un magasin du nord de Londres, sous l'emprise du cannabis et de médicaments.

Personnage tragique

Né le 25 juin 1963 à Londres, le Britannique avait commencé sa carrière en 1981 avec le groupe Wham! au côté de son camarade de lycée Andrew Ridgeley. Ce dernier a dit sur Twitter avoir «le coeur brisé par la perte de [son] ami adoré».

Apparence soignée, bronzage permanent et image hédoniste, Wham! a su capturer l'esprit de l'époque, devenant la coqueluche des adolescents et un des plus grands groupes britanniques, avec des tubes comme Club Tropicana et Wake Me Up Before You Go-Go­.

En 1985, Wham! fut le premier groupe occidental à se produire en Chine. Après quatre simples classés numéro un en Grande-­Bretagne, Wham! a implosé en 1986 et George Michael s'est lancé en solo, ciblant une audience plus adulte.

Il a vendu en tout plus de 100 millions de disques dans le monde, dont 20 millions de son premier album solo, Faith (1987).

Après des années de spéculations sur sa sexualité, George Michael avait révélé son homosexualité en 1998 après avoir été arrêté pour attentat à la pudeur dans des toilettes publiques à Los Angeles. Il expliquera plus tard ne pas avoir voulu en parler tant que sa mère vivait.

«Les gens veulent me voir comme un personnage tragique, avec ces relations sexuelles dans les toilettes publiques et la prise de drogues», a-t-il déclaré au quotidien britannique Guardian en 2009. Mais, a-t-il lâché, «je ne vois même plus ça comme des faiblesses. C'est simplement ce que je suis.»

Une machine à tubes

WAKE ME UP BEFORE YOU GO-GO (1984)

Premier succès du tandem George Michael et Andrew Ridgeley.

LAST CHRISTMAS (1984)

Cette chanson sentimentale est devenue un classique des fêtes de fin d'année, en Grande-Bretagne notamment, même s'il y est question d'une relation brisée et non de souvenirs de Noël. Ce tube a été repris par Coldplay, Kylie Minogue ou encore Taylor Swift.

CARELESS WHISPER (1984)

Un solo de saxophone ouvre le slow qui a fait danser les amoureux des années 80. Il a été écrit à l'âge de 17 ans par George Michael.Faith (1987)

Tiré du premier album solo de l'artiste, ce tube à la tonalité rock contraste avec les chansons sirupeuses de ses débuts. Mika a notamment repris cette chanson.i want your sex (1987)

«I want your sex/I want your love, I want your... sex» : avec un refrain aussi entêtant et un clip très sexy, George Michael s'attire les foudres de la censure. Pourtant, la dernière image du clip livre un message bien moins sulfureux : «Explore monogamy» («explorons la monogamie») à une époque où le sida explose.

ONE MORE TRY (1987)

Cette ballade romantique laisse deviner un George Michael plus sombre, qui chante la peur de se lancer dans une nouvelle relation. Mariah Carey a par la suite repris cette chanson à vocalises.Freedom (1990)

George Michael fait appel aux plus célèbres mannequins de l'époque (Cindy Crawford, Naomi Campbell et Linda Evangelista) qui chantent à sa place dans le clip.

DON'T LET THE SUN GO DOWN ON ME  (1991)

Chantée en direct avec Elton John, l'auteur de la chanson, cette reprise a connu un immense succès et est devenue un classique.

JESUS TO A CHILD  (1996)

George Michael ne révélera son homosexualité qu'en 1998, mais se montrera de moins en moins ambigu avec le temps. Cette chanson a été écrite en mémoire de son ancien compagnon, Anselmo Feleppa, dont le décès survenu en 1993 l'a brisé.

OUTSIDE (1998) 

Moins présent sur la scène musicale, George Michael est arrêté pour attentat à la pudeur, dans des toilettes publiques fréquentées par la communauté homosexuelle à Beverly Hills. Il finit par faire son coming out et décide de s'amuser de ses mésaventures en proposant une nouvelle ode au sexe libre en chanson et un clip parodique.

Des gens déposent des roses en mémoire de... (AFP) - image 3.0

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Des gens déposent des roses en mémoire de George Michael, près de sa maison à Londres.

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Sortie du placard et premier amour

George Michael avait longtemps gardé son homosexualité secrète, mais fort de son coming out à la fin des années 90, le chanteur britannique avait fini par s'investir publiquement pour les droits des gais.

L'artiste, décédé dimanche à 53 ans, n'a révélé son homo­sexualité qu'en 1998, après avoir été arrêté pour attentat à la pudeur dans des toilettes publiques à Los Angeles. Secret de polichinelle dans le monde du spectacle, son orientation sexuelle était toutefois ignorée du grand public. Il dira plus tard ne pas avoir voulu en parler du vivant de sa mère.

«Pour les parents, dans les années 80, être gai voulait bien souvent dire être séropositif», s'est-il justifié en 2007 lors d'une entrevue.

Pire : l'explosion du sida a conduit selon Peter Tatchell, l'un des principaux militants britanniques des droits des homosexuels, à un durcissement de l'homophobie. «Le gay-bashing et les meurtres d'homosexuels ont explosé. C'était une terrible époque pour les gais, et encore plus pour les figures publiques.»

Son premier amour

Lors d'un concert à Rio de Janeiro en 1991, le Britannique fait la rencontre d'Anselmo Feleppa, un couturier brésilien qui deviendra son premier grand amour.

Au bout de six mois de relation, le Brésilien apprend sa séro­positivité, un choc pour George Michael. «Je n'arrivais pas à traverser cette épreuve avec ma famille parce que je ne savais pas comment leur dire - ils ne savaient même pas que j'étais gai. Je ne pouvais même pas en parler avec mes plus proches amis, parce qu'Anselmo ne voulait pas que je le fasse.»

Son compagnon décède en 1993 d'une hémorragie cérébrale liée au virus.

«Le paradis a envoyé / Et le paradis a repris / Tu m'as souri / Comme Jésus à un enfant», chantera en 1996 George Michael dans Jesus To a Child, hommage à Anselmo. «Pour mes fans et ceux qui écoutaient vraiment les paroles, j'avais l'impression que j'essayais de leur faire mon coming out», dira-t-il plus tard.

L'élément déclencheur sera finalement son arrestation en 1998 à Los Angeles : «un acte délibéré déclenché par mon inconscient», expliquera-t-il à la BBC.

«Je ne pense pas que j'aurais eu la même carrière - mon ego n'aurait peut-être pas été satisfait dans tous les domaines - mais j'aurais sans doute était un homme plus heureux», a-t-il jugé a posteriori.

L'année de son coming out, le Britannique commence à s'investir publiquement dans la cause homosexuelle, aidant à la réalisation d'un documentaire dressant le portrait de six jeunes affectés par le VIH.

Loin des projecteurs, l'artiste finançait également le Terrence Higgins Trust, une organisation britannique de lutte contre le VIH.

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