La samba fête ses 100 ans

Des danseurs de samba lors de la cérémonie... (AP, Natacha Pisarenko)

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Des danseurs de samba lors de la cérémonie de clôture des JO de Rio

AP, Natacha Pisarenko

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Carola Solé
Agence France-Presse
Rio de Janeiro

Sous un palmier solitaire de la Pedra do Sal, un quartier de Rio surnommé «la petite Afrique» où la samba est née officiellement il y a 100 ans, les jeunes se réunissent pour écouter et entonner de vieux classiques devenus des hymnes.

Au milieu de la foule, sept jeunes musiciens assis autour d'une table jouent du cavaquinho (petite guitare), de la cuica (tambour à friction) et du tambourin, comme ont commencé à le faire au XIXe siècle, de façon clandestine, les esclaves noirs venus du nord-est pour travailler dans les docks de Rio.

«La samba est à nous!» crie dans un micro Walmir Pimentel, un percussionniste, sous les applaudissements d'un public bravant la chaleur avec bières et caïpirinhas.

Pendant des années, le quartier est resté abandonné par les autorités.

Ce n'est qu'en 2006, quand le groupe de ce musicien coiffé de dreadlocks a mis en place sa roda de samba («cercle de samba») tous les lundis soir, que la musique a retrouvé son berceau, là où les esclaves déchargeaient leurs sacs de sel.

«C'est ici que s'est enracinée la culture de Bahia et qu'ont eu lieu les premières manifestations culturelles [des esclaves]. C'est pour cela que la Pedra do sal est considérée comme le berceau de la samba à Rio», explique Walmir.

C'est aussi dans ce lieu légendaire mais gratuit, de plus en plus fréquenté par les touristes, qu'est né en 2012 Moça Prosa («Fille fière»), le seul groupe de samba formé par des femmes, un véritable phénomène dans un monde encore dominé par des musiciens hommes.

«Au début, il y en a qui sont un peu sceptiques, mais après, ils voient bien qu'on joue aussi bien que les hommes», s'amuse Fabiola Machado, 35 ans, la chanteuse du groupe.

Depuis que la chanson Pelo Telefone («Par téléphone») a été pour la première fois enregistrée comme «samba» il y a 100 ans, ce genre musical est passé des mélodies influencées par le tango argentin à une version plus américanisée avec la bossa nova (avec des tonalités de jazz), en passant par le boum des écoles de samba et du carnaval pour arriver au samba-rock et au samba-funk.

Public «plus intellectualisé»

Dans ce genre musical en constante évolution, une nouvelle génération de sambistas a surgi avec force à Rio, à la fin des années 90, grâce à la revitalisation de Lapa, le quartier bohème du centre.

Comme à Copacabana dans les années 60, des bars-clubs tels que Carioca da Gema ou Rio Scenarium ont attiré une nouvelle vague de sambistes, mieux formés et plus professionnels, habitués aux rodas de samba : Moyseis Marques, Teresa Cristina, Mariene de Castro, Julio Estrela, Nilze Carvalho et les enfants d'artistes connus comme Serginho Procopio.

«Notre génération a conscience que tout est samba. On n'a aucune gêne à ajouter une guitare ou un piano», affirme Moyseis Marques, 37 ans, alors que cette année, le Brésil fête, en décembre, le centenaire de la samba.

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