Benjamin Millepied fait son grand retour à Los Angeles

Le chorégraphe Benjamin Millepied fait son grand retour... (AFP, Valerie Macon)

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Le chorégraphe Benjamin Millepied fait son grand retour à Los Angeles où il s'apprête à remonter sur scène.

AFP, Valerie Macon

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Veronique Dupont
Agence France-Presse
Los Angeles

Le chorégraphe Benjamin Millepied fait son grand retour à Los Angeles où il s'apprête à remonter sur scène et annonce travailler sur un projet de long-métrage, près d'un an après son départ avec fracas de l'Opéra de Paris.

Dans un studio lumineux en pleine ébullition artistique, les dix membres de L.A. Dance Project, compagnie cofondée en 2012 par Millepied, répètent un ballet qu'ils danseront les 9 et 10 décembre au théâtre du Ace Hotel.

Un spectacle en quatre parties dont une première mondiale, Homecoming, chorégraphiée par l'ex-danseur vedette du New York City Ballet. «C'est un joli titre qui évoque la réunion d'un couple, mais aussi un retour», raconte-t-il à l'AFP.

Symbole de ce nouveau départ à Los Angeles, où il s'était installé en 2012 avec sa femme, l'actrice Natalie Portman, avant son aventure parisienne, son retour sur scène après un an d'absence.

«C'est un duo que j'ai créé avec une danseuse du New York City Ballet exceptionnelle -Janie Taylor-, mais je ne compte pas refaire ça souvent, c'est probablement la dernière fois», explique l'artiste de 39 ans aux yeux bleus et barbu.

Danser «demande beaucoup de préparation même si quand on s'y remet, c'est un tel plaisir», alors «je préfère me concentrer sur la création, faire en sorte que L.A. Dance Project soit un succès pour la communauté de Los Angeles et incarne ce que, selon moi, une organisation (artistique) doit être à notre époque», poursuit-il.

Il évoque les difficultés rencontrées par «toutes les organisations d'arts vivants comme les orchestres symphoniques, l'opéra, le ballet», «imaginées pour les années 50 et qui ont du mal à évoluer».

Sortir du temple 

«Elles sont souvent associées à des lieux qui ne répondent plus forcément à ce que cherche» le public aujourd'hui, comme les théâtres aux allures de «temples romains» qui vendent des «billets trop chers», estime-t-il encore.

Des propos qui font notamment penser au «paquebot» du Palais Garnier qu'il a voulu révolutionner, peut-être trop vite, faisant grincer des dents au sein d'une institution très hiérarchisée.

Pour cet homme pressé, les compagnies de demain doivent d'abord «monter des projets forts pour la scène, des belles collaborations» avec des musiciens, des plasticiens, voire des marques pour conquérir de nouveaux publics.

Le spectacle au Ace Hotel comprendra ainsi une performance sur scène du chanteur Rufus Wainwright -compositeur de la musique de Homecoming-, un décor du peintre Mark Bradford, une musique de Philip Glass, entre autres.

Ce natif de Bordeaux, initié à la danse par sa mère ancienne danseuse, veut des spectacles «immersifs, imaginer la ville comme une cour de récréation, des partenariats avec des musées, des sites» et toucher un public jeune en lui parlant «avec des moyens de communication modernes», numériques notamment.

À l'image de ses courts-métrages réalisés sous le patronage du joaillier Van Cleef and Arpels, chorégraphiés et tournés dans des lieux emblématiques de Los Angeles, comme la L.A. River.

Sur sa ville d'adoption, il ne tarit pas d'éloges.

«Je m'y sens extrêmement bien. Los Angeles n'est pas comme New York saturée d'organisations artistiques devenues un peu conservatrices, c'est une ville culturelle extraordinaire».

Tout à créer 

«Venir danser à Los Angeles aujourd'hui, c'est comme un artiste qui s'établirait à New York dans les années 60-70, il y a encore tout à faire», s'enthousiasme-t-il, soulignant qu'il n'y a pas encore de grande compagnie de danse dans la Cité des Anges.

Avec dix danseurs contre 154 lorsqu'il était directeur de la danse à l'Opéra de Paris, il dit se sentir libéré plus qu'entravé.

«J'avais besoin de beaucoup de liberté, pas de me perdre dans un environnement qui me mangeait», dit-il.

«J'ai besoin d'espace pour réfléchir à la création, faire mes films, car j'ai toujours tourné beaucoup de courts-métrages, et je suis au début de l'aventure d'un long-métrage», annonce-t-il... sans rien révéler du projet pour l'instant.

De ses quinze mois à Garnier, il dit avoir «appris des réussites et des erreurs». «Je reviens transformé, c'était une expérience fantastique», mais «ce n'était pas pour moi», concède-t-il.

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