Yoav Talmi: sentiments en quatre mouvements

En plus de diriger des orchestres un peu... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

En plus de diriger des orchestres un peu partout à travers le monde cette saison, Yoav Talmi est à la tête du département de direction d'orchestre à l'Université de Tel-Aviv et a, pour son plus grand bonheur, beaucoup plus de temps qu'avant pour composer.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Pour sa deuxième visite à l'Orchestre symphonique de Québec en tant que chef émérite, Yoav Talmi vient diriger la première nord-américaine d'une de ses propres compositions, Animi Motus, et la célèbre cantate Carmina Burana, de Carl Orff.

Le maestro est maintenant un agent libre. Après avoir dirigé l'orchestre de musique de chambre de Tel-Aviv en 2013, il a dû rendre sa baguette. «Leur situation financière est tellement désastreuse, que finalement, je ne pouvais absolument rien faire. Ils ne cessaient de diminuer le nombre de musiciens. J'ai quitté», raconte le chef, qui est loin de se tourner les pouces pour autant.

En plus de diriger des orchestres un peu partout à travers le monde cette saison, il est à la tête du département de direction d'orchestre à l'Université de Tel-Aviv et a, pour son plus grand bonheur, beaucoup plus de temps qu'avant pour composer.

Les mélomanes se souviendront sûrement de sa pièce De Profundis, qu'il avait dirigée en guise d'aurevoir à l'OSQ en 2011. «Elle a été écrite peu de temps après la mort de mon père. Il y avait aussi d'autres éléments à ce moment-là qui me rendaient très émotif. Animi Motus est une pièce complètement différente, beaucoup moins dramatique. Il y a des moments de drame, mais aussi des moments amusants. C'est une pièce où je cherche de nouveaux sons, en exprimant différents sentiments», explique le maestro. 

Animi Motus signifie justement «sentiments» en latin. Elle comporte quatre mouvements, qui expriment tous un état d'esprit différent. «Le premier est la méditation et le second, l'aliénation, cet isolement et cette absence de communication dans le monde moderne, où chacun s'occupe de ses propres affaires, sans regarder les autres. Le troisième mouvement explore la mémoire. Il amène du matériel musical de mes toutes premières compositions, quand j'avais 21 ou 22 ans. Et le dernier est l'agitation», décrit Yoav Talmi.

Les voix d'enfants agiront comme un instrument de l'orchestre, ne produisant que ses sons, sans formuler des mots. «J'avais besoin d'ajouter des voix humaines dans l'orchestre, chaque fois ce mélange me donne la chair de poule, ça m'habite depuis des années», note-t-il.

Le compositeur vient aussi de terminer un quintette avec clarinette qui sera présenté au Festival de musique de chambre de Montréal en juin. «J'ai cherché et je n'ai pas trouvé de nom. C'est une musique abstraite, que chacun pourra recevoir comme il veut», indique le chef.

Carmina Burana

Maestro Talmi dirigera Carmina Burana pour la 4e fois avec l'OSQ. Le souvenir de la présentation sur les plaines d'Abraham lors des fêtes du 400e est encore vif, mais il ne cache pas qu'il aurait préféré diriger des oeuvres plus chères à son coeur. 

«L'oeuvre est tellement populaire que l'OSQ savait que les billets s'envoleraient [les billets pour le concert de mercredi sont effectivement tous vendus]. J'aurais préféré diriger une symphonie de Brahms, Schuman, Dvorak, Bruchner ou Mahler, de la musique qui me touche beaucoup plus profondément», indique-t-il. Il a pris le mandat avec philosophie, acceptant l'argument que les deux représentations permettraient à davantage de spectateurs d'entendre sa nouvelle composition, et avec sérieux, puisqu'il a à coeur de proposer une interprétation «de très haut niveau».

Le chef a encore beaucoup d'amis à Québec, tant parmi les spectateurs que parmi les musiciens. Notre entrevue, dans le hall d'entrée du Concorde, a été interrompue plusieurs fois par des embrassades et des salutations enthousiastes. N'en déplaise à l'humilité du maestro, il n'y a peut-être pas que le programme qui joue sur la vente de billets. Son nom aussi.

Vous voulez y aller?

  • Quoi: Animi Motus de Yoav Talmi et Carmina Burana de Carl Orff
  • Qui: l'OSQ dirigé par Talmi, le Choeur de l'OSQ dirigé par David Rompré, la Maîtrise des Petits Chanteurs de Québec, la soprano colorature Tracy Dahl, le baryton Tyler Duncan et le ténor Christopher Pfund
  • Quand: mercredi et jeudi, à 20h
  • Où: salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec
  • Billets: de 45,60 $ à 88,85 $
  • Tél.: 1 877 643-8131 
  • Info: www.osq.org

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer