José Navas, le vieux monsieur qui danse

Ayant franchi le cap de la cinquantaine, le... (Valerie Simmons)

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Ayant franchi le cap de la cinquantaine, le chorégraphe et danseur José Navas apprend à composer avec les limitations que lui impose son corps.

Valerie Simmons

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Daniel Coté
Le Quotidien

La danse contemporaine et la vraie vie se rejoignent dans Rites, une production de la Compagnie Flak. Celui qui a signé les quatre chorégraphies figurant au programme, José Navas, aura aussi la responsabilité de les interpréter en solo.

Ayant franchi le cap de la cinquantaine, cet homme apprend à composer avec les limitations que lui impose son corps. Certes, le commun des mortels aurait des raisons de l'envier pour ses capacités athlétiques, mais dans le contexte professionnel qui est le sien, le passage du temps a laissé des traces indélébiles. Il n'est plus question, pour lui, de réaliser les mêmes performances qu'à 30 ans.

«Désormais, je m'assume en tant qu'artiste et vieux monsieur qui danse, a lancé José Navas d'un ton amusé, il y a quelques jours. Je n'ai pas subi de blessures graves au cours de ma carrière, mais je suis aux prises avec l'arthrose et l'arthrite. Faire du solo m'amène donc à affronter la douleur. Je transforme la souffrance sur scène afin de trouver la logique et la beauté qui se cachent derrière tout ça.»

Le spectacle s'ouvre sur un air popularisé par Nina Simone, Ain't No Use. Comme le titre le suggère, cette chorégraphie évoque les choses qui n'ont pas encore été réglées à l'aube de la cinquantaine. Rendu là, vaut mieux se délester de ces charges inutiles afin de poursuivre sa route. Laisser aller, en quelque sorte.

Une composition de Dvorak prend le relais, gracieuseté d'un ensemble vocal féminin qui l'interprète a capella. «Il a produit des sons angéliques», s'émerveille José Navas, dont la troisième intervention est rythmée par un lied de Schubert tiré du cycle Winterreise. Ce poème parle d'un homme qui marche vers la mort, ce qui fait écho à la jolie image utilisée par le danseur à l'effet que Rites, «c'est un corps qui dit au revoir lentement».

Le Winterreise au complet formera l'ossature du prochain spectacle conçu par le Québécois originaire du Venezuela. Il dansera à nouveau en solo, accompagné sur scène par les membres de l'ensemble Pentaèdre. «La première aura lieu en 2020 puisque d'ici là, je serai en tournée avec Rites», précise José Navas.

Le rendez-vous avec le public de Québec les 30 novembre et 1er décembre sera couronné par un tour de force : un solo s'appuyant sur le Sacre du printemps de Stravinsky. 

Une gageure

Cette idée est née lors d'un spectacle donné en Belgique, avec la complicité de l'Orchestre philharmonique de Bruxelles. D'ordinaire, cette composition donne lieu à des productions ambitieuses, du genre qui mobilise une tonne de danseurs. S'y frotter seul relève de la gageure.

«Ça parle de ma transition de jeune à vieux danseur et à chaque fois que j'interprète cette chorégraphie, elle provoque un épuisement physique et mental qui a pour effet de me transformer.

J'ai hâte de présenter ça à Jonquière, dans une belle salle où j'ai dansé il y a quelques années. La tournée qui commencera à cet endroit se poursuivra à Québec, puis en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne», fait observer José Navas.

Vous voulez y aller?

  • Quoi: Rites
  • Qui: José Navas
  • Quand: les 30 novembre et 1er décembre
  • : Théâtre La Bordée
  • Billets: 42 $
  • Infos: larotonde.qc.ca

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