Guy Bélanger salue le «plus grand chanteur»

Guy Bélanger et Bob Walsh en 2004...

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Guy Bélanger et Bob Walsh en 2004

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(Québec) Guy Bélanger s'en souvient comme si c'était hier. L'harmoniciste peut presque vous indiquer l'heure précise et les différents éléments du décor. C'était le 16 novembre 1974. Le soir où sa longue amitié avec Bob Walsh a débuté.

Écouter Guy Bélanger parler de Bob Walsh, c'est comme l'entendre souffler dans l'harmonica auprès de son défunt complice. On est touché droit au coeur. Nul besoin de dire que le musicien originaire de Beauport était très ému lorsqu'il s'est mis à évoquer ses années passées auprès du chanteur.

«On m'avait donné un harmonica à l'été 1974 et à l'automne, un soir, un mardi je pense, je me promène à Québec. Bob était à l'Ostradamus. J'étais dans le fond de la salle, il chantait et moi je jouais pas fort, je l'accompagnais et à la fin du premier set, il est venu me voir. Je pensais qu'il allait me chicaner et il m'a dit : "Je vais aller chercher un banc et un micro et viens avec moi pour le deuxième spectacle, tu vas être plus confortable." C'est la première fois de ma vie que j'ai joué sur un stage. C'était avec Bob. Et c'est là que je suis tombé en amour avec.»

En sortant des lieux, Bélanger, qui n'avait que 17 ans, avait arraché l'affiche pour la garder en souvenir...

Jamais bien loin

Si les deux hommes ont pris des pauses durant leurs 41 années de collaboration, ils ne se sont jamais perdus de vue. Ils ont sillonné les différents bars de Québec, de l'Ostradamus au bar Élite, comme ils se sont promenés un peu partout en province. Guy Bélanger, qui a aujourd'hui sa propre carrière, qui a signé des musiques de film et accompagné une foule d'autres artistes, soutient que sa manière unique de jouer, il ne l'a pas apprise d'un autre harmoniciste.

«Moi, mes phrases d'harmonica, je les ai découvertes en faisant du mimétisme sur un chanteur. Et ce chanteur-là, c'est le plus grand chanteur. C'était Bob.»

Bélanger se rappelle qu'auprès de son compère aux racines irlandaises, il a vécu les extrêmes : il a pu jouer dans des bars de Val-d'Or, sous un club de danseuses, au beau milieu d'une semaine, par tempête de neige, comme il a pu se retrouver ensuite sur le toit du monde, dans les montagnes de Suisse. Il a fait des concerts en duo et il en a donné avec l'Orchestre symphonique de Québec...

Au cours de sa carrière, Bob Walsh s'est produit avec plusieurs musiciens qui lui ont été fidèles, dont son chef et pianiste Jean-Fernand Girard, le contrebassiste Jean Cyr, le batteur Bernard Deslauriers, le guitariste Christian Martin et, bien sûr, Guy Bélanger.

«Tu faisais partie intrinsèque de lui quand tu t'investissais, conclut Bélanger, un trémolo dans la voix. Moi, ç'a été ça ma vie avec lui durant 41 ans. Il faisait un silence, je le remplissais ou il faisait un silence et je le faisais. Je savais quand il voulait ou ne voulait pas m'entendre. J'ai passé ma main dans son dos des millions de fois sur la scène, en cachette. Il m'amenait toujours là où on ne nous attendait pas. Je l'aimais si fort...»

Le bluesman qui n'en était pas un

Bob Walsh chantait le blues comme pas un, mais si vous aviez le malheur de lui dire qu'il était un bluesman, il s'empressait de vous corriger. C'est qu'il était bien loin de se limiter au genre.

«Bob n'était pas seulement un bluesman, c'était un folk singer, il venait de cette école-là, indique l'harmoniciste Guy Bélanger. Quand il écoutait Bob Dylan ou Leonard Cohen, à la première écoute, il comprenait tout ce que ce monde-là racontait.»

Durant ses années de bar à Québec, Walsh interprétait autant James Taylor que Van Morrison ou Bill Withers. Et par la suite, il a continué de s'intéresser à de nombreux styles, ce qui explique qu'il ait touché tour à tour à la folk, au jazz ou, évidemment, au blues...

«Bob a fait une fois Summertime et ç'a été un classique, poursuit Guy Bélanger. Il reprenait You Are So Beautiful et le monde fendait en morceaux. [...] Bob aimait la musique : il aimait Pavarotti et il aimait Hank Williams. C'était très large.»

Son gérant, René Moisan, qui a travaillé à ses côtés à partir de 1997, va dans le même sens, soulignant comment son chant était naturel et instinctif et comment cette franchise le liait à son public.

«C'est un grand monsieur qui était tellement chaleureux avec les gens, il n'avait pas de personnage, c'était lui directement. Et sur scène aussi. Les gens l'adoraient. C'était quelque chose de spécial.»

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