Concert impérial: parti pris pour la finesse

L'invité de l'OSQ, le pianiste français François-Frédéric Guy,... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

L'invité de l'OSQ, le pianiste français François-Frédéric Guy, semble ressentir dans tout son être chaque détail de la partition, enchaînant les suites de notes fébriles et scintillantes.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CRITIQUE / Avec le Concerto no 5 «Empereur» de Beethoven et la Symphonie fantastique de Berlioz, on pense à la puissance impériale et au délire amoureux, à des oeuvres tumultueuses, voire tonitruantes. Étrangement, ce sont plutôt les segments délicats, les silences et les passages plus finement brodés qui étaient remarquables lors du concert proposé par l'Orchestre symphonique de Québec mercredi.

Question d'humeur, de volume ou d'exécution, les passages plus grandioses, vigoureux et impériaux du Concerto no 5 n'ont pas soulevé en nous de bien grandes passions. C'est plutôt la mélodie lumineuse et triste du piano, appuyée par des pincements de cordes, qui revient plusieurs fois dans l'oeuvre, comme la phrase clé d'un poème, qui nous a touché au coeur. Un sentiment agréable, inattendu, qui nous faisait voir un Beethoven mesuré et sensible plutôt que le Beethoven échevelé, grisant et inquiétant que nous laisse deviner le Concerto no 2.

Ce renversement des attentes était dû en grande partie à l'interprétation agile de François-Frédéric Guy. Le pianiste français laisse courir ses mains sur le clavier comme s'il avait joué le morceau des milliers de fois - ce qui n'est presque pas une exagération. Jouant par coeur, les mains assurées, mais la tête en fête et fréquemment levée vers l'orchestre, celui-ci semble ressentir dans tout son être chaque détail de la partition, enchaînant les suites de notes fébriles et scintillantes. 

Malgré quelques entrées un peu lourdes des instruments à vent, l'orchestre jouait doucement, plus bas qu'à l'habitude, réfrénant sa puissance en suivant les gestes caressants et précis du chef Fabien Gabel. 

L'impression est demeurée là pour certains passages de la Symphonie fantastique de Berlioz, le déploiement d'un délire amoureux en cinq mouvements, comme les actes d'un drame shakespearien. Le coup de foudre est d'abord évoqué avec vigueur par des envolées fortes et emportées. Puis le bal, porté par une valse et par la harpe, amène une étourdissante folie. Il faut attendre la «Scène aux champs» pour retrouver la douceur et cette impression d'instant suspendu que créait si bien l'orchestre mercredi. Puis ce fut le délire aux percussions et aux cuivres, une tempête tonitruante et débordante, ponctuée de sons inquiétants, à laquelle les musiciens ont pris un plaisir visible.

Le Concerto no 5 est à nouveau présenté jeudi à 10h30 au Grand Théâtre de Québec, mais la Symphonie fantastique sera remplacée par La valse de l'empereur de Johann Strauss, fils. La causerie de 9h30 aura lieu avec la violon solo associée Catherine Dallaire.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer