Sublime Sol Gabetta

Sol Gabetta et Bertrand Chamayou nous ont offert... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Sol Gabetta et Bertrand Chamayou nous ont offert un moment qui nous habitera encore longtemps.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CRITIQUE \ Il y a des interprétations qui se déposent profondément en nous et qui assouvissent nos besoins de complexité et de beauté. Sol Gabetta et Bertrand Chamayou nous ont offert, samedi après-midi, un de ces moments sublimes et rares, qui nous habitera encore longtemps.

On a pu voir à l'oeuvre deux fabuleux interprètes, complètement en symbiose, à l'écoute de l'autre, en variant l'intensité, le volume et l'inflexion de chaque phrase musicale. Chaque pièce était complètement et passionnément interprétée, de la toute première à la toute dernière note, qui s'élevait dans l'air en portant le regret de voir s'arrêter une si belle musique.

Le violoncelle de Sol Gabetta semble être un prolongement d'elle-même, qu'elle berce, assaille et caresse de son archet, alors que ses doigts courent en exécutant une chorégraphie d'une affolante précision.

Même si le piano est plus volubile que le violoncelle dans la Sonate no 1 en fa majeur de Beethoven, les passages lents mettaient en valeur le son suave et enveloppant de l'instrument. Les deux voix se déploient en arabesques complexes, et on a par moments l'impression qu'il y a plus de deux instruments tant les lignes musicales se coupent et se recoupent sans relâche.

Nous avons pris toute la mesure de la qualité de l'interprétation du duo lors de la Sonate en do majeur de Benjamin Britten, très cinématographique et traversée d'ambiances inquiétantes et fantastiques. Sol Gabetta a tout livré à la perfection, de la ligne mélodique brisée qui introduit la sonate, au mélange étonnant de tintement et de grincement qui marque l'avant-dernier mouvement, en passant par les pizzicatos qui donnent au violoncelle des allures de contrebasse. Le dernier mouvement était totalement galvanisant.

Même en écoutant le tout avec une attention soutenue, on aurait voulu revoir, réentendre, changer d'angle tant le jeu était d'une complexité et d'une richesse rares.

Le duo nous a offert l'ultime Sonate en sol mineur de Chopin, la dernière publiée du vivant du compositeur, en deuxième partie. Leur jeu nuancé, très maîtrisé, mettait en lumière toutes les subtilités de la composition.

Si elle est capable de faire murmurer et soupirer tout bas son instrument, la musicienne sait aussi abattre l'archet sur les cordes et produire des notes fortes et imposantes. C'est une interprète tout en contrastes, vive et douce, forte et passionnée.

Chamayou a soutenu avec virtuosité les partitions qui lui étaient dévolues et a été un partenaire chevronné.

Le concert, qui était présenté une seule fois, au Palais Montcalm, à l'occasion de la saison du Club musical, s'est achevé avec l'interprétation poignante du mouvement lent de la Sonate pour violoncelle et piano de Rachmaninov.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer