Lisa Fisher: voix à tout faire

Lisa Fisher chante comme elle respire: avec un... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Lisa Fisher chante comme elle respire: avec un formidable naturel.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CRITIQUE / Lisa Fischer peut à peu près tout faire avec sa voix, c'est pourquoi les Rolling Stones, Sting et autres Tina Turner ont régulièrement fait appel à ses services. Aussi prestigieuses soient-elles, ces collaborations ont rarement permis de jauger de l'ampleur du talent de l'artiste comme le tour de chant qu'elle proposait hier, au Palais Montcalm.

Rappelons-le, Lisa Fischer avait une carrière solo qui s'amorçait de manière prometteuse au début des années 90. Un simple lui avait même valu un prix Grammy, mais finalement, c'est son boulot de choriste qui a pris le dessus. Le documentaire 20 Feet From Stardom, paru en 2013 et qui s'attarde entre autres à sa trajectoire, a ravivé l'intérêt des diffuseurs au point où Fischer a fait appel à une formation, le trio Grand Baton, pour mettre sur pied le spectacle qu'on a pu voir à Québec.

La leader et ses complices ont ouvert la soirée de manière quasi incantatoire, avec une version éthérée de Breath of Heaven, d'Amy Grant. Déjà, on pouvait constater que Fischer chante comme elle respire : avec un formidable naturel. Elle peut se faire puissante, mais aussi immensément délicate; elle navigue avec le même bonheur dans les graves comme dans les aigus. Et comme sa voix est un véritable instrument, elle utilise deux micros, l'un à la réverbération traditionnelle, l'autre avec un écho accentué, pour créer de pertinents effets et bien occuper l'espace.

Une fois la glace brisée, la chanteuse de 57 ans s'est amusée à reprendre différents classiques de la pop et du rock. «S'amuser» est le terme, car il n'est pas une pièce où on ne voyait pas l'Américaine sourire. Les chansons étaient un terrain de jeu pour elle et ses complices Jean--Christophe Maillard (guitares, piano électrique, voix), Thierry Arpino (batterie) et Aidan Carroll (basse, contrebasse). La troupe a en effet proposé des versions hautement remaniées de titres bien connus. Jumping Jack Flash des Rolling Stones s'est retrouvé en territoire moyen-oriental, Bird in a House, de Railroad Earth, avait des accents reggae, tandis que Rock'n'roll, de Led Zeppelin, qui lui a valu une ovation, rockait, mais à un tout autre tempo que celui qui nous est familier.

On s'est donc aventuré dans beaucoup de genres, y compris en territoire latins ou jazz, au risque que les musiciens atteignent leurs limites. Par ailleurs, la bande s'est donnée énormément de latitude, en termes de temps, pour laisser les chansons s'envoler ou se développer, non sans éviter les longueurs.

Lumineuse

Malgré ces quelques bémols, Fischer, au coeur de tout ça, était lumineuse et chantait avec sensibilité et abandon. Elle a fermé les livres avec l'incontournable Gimme Shelter des Rolling Stones, qui, un peu à la manière du début de la soirée, était servi de manière éthérée et même, par moments, feutrée, augmentée d'un intéressant solo de contrebasse.

On ne se le cachera pas : c'était un pari risqué que de programmer la chanteuse, peu connue malgré son impressionnante trajectoire. Il n'y avait pas un public aussi dense qu'on aurait pu le souhaiter, celui-ci se limitant aux trois quarts du parterre. Néanmoins, il était enthousiaste et gagné par la charismatique et talentueuse artiste.

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