Le jardin des délices: au pays des merveilles

Le jardin des délices est un petit bijou... (fournie par Sylvie-Ann Paré)

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Le jardin des délices est un petit bijou de chorégraphie. Marie Chouinard emmène le spectateur dans un monde de tentations, de sensations et d'expérience.

fournie par Sylvie-Ann Paré

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(Québec) CRITIQUE / Marie Chouinard nous emmène dans un autre monde avec sa dernière création, présentée en première canadienne hier soir au Grand Théâtre. Un monde de délices, de tentations, de sensations et d'expériences : un univers pas si loin de celui dans lequel nous vivons, quand on y pense. Un véritable petit bijou de chorégraphie.

Marie Chouinard a reçu la commande de chorégraphier l'oeuvre du peintre Jérôme Bosch pour souligner le 500e anniversaire de sa mort. Le mariage entre les deux artistes est naturel. Ils partagent la folie créatrice et l'absence d'inhibition qui exposent l'art sous son meilleur jour.

Marie Chouinard a choisi comme point de départ le tableau le plus impressionnant et le plus connu du peintre néerlandais, Le jardin des délices. La première image de la pièce nous ouvre les portes de ce triptyque majestueux au son du chant des oiseaux. Nous sommes d'abord plongés dans le panneau central appelé Le jardin des délices. Des écrans en forme de médaillons, suspendus chaque côté de l'avant-scène, nous montrent en gros plan une scène du tableau. Tout est volupté, beauté, ivresse. Les gestes des danseurs se calquent sur ceux des personnages peints. Ces derniers prennent vie sous nos yeux.

Tombée de rideau et changement de registre, alors qu'après une pause (trop longue), l'enfer apparaît devant nous. Et celui de Marie Chouinard n'est pas triste! Des personnages déjantés, originaux et sans aucune retenue se meuvent dans un décor composé de seaux de métal, d'une échelle, de bottes de pluie jaunes, de perruques, d'un squelette et de bien d'autres objets hétéroclites. Une danseuse se promène en patins à roulettes avec une perruque sur la tête. Une autre roule d'un côté à l'autre de la scène assise sur un tabouret. C'est un joli chaos... organisé. On a le sentiment que Marie Chouinard s'éclate, qu'elle laisse place à tout son délire imaginatif. Et ses interprètes l'incarnent avec un talent immense.

On revient ensuite au calme pour le segment final sur le paradis. Sur les écrans en médaillon, des yeux nous regardent. Les mouvements des danseurs sont contrôlés, cérémonials dirait-on même, tout comme la séquence du tableau retenue par la chorégraphe. Un dernier acte riche en évocations de toutes sortes, comme l'oeuvre de Bosch qui a guidé la pièce.

Après quatre décennies de carrière, Marie Chouinard possède un langage chorégraphique unique, une signature forte. Elle demande une grande ouverture d'esprit à ses spectateurs, qui prennent parfois un temps à s'habituer à la nudité des danseurs et à l'univers éclaté de la chorégraphe, mais ceux-ci sont récompensés en bout de piste en quittant la salle la tête remplie d'images.

Jérôme Bosch : Le jardin des délices était présenté un seul soir à Québec.

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