Peter MacLeod: liberté sans filtre

Peter MacLeod ne s'est pas assagi avec les... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Peter MacLeod ne s'est pas assagi avec les années. Même s'il est peut-être un peu plus mature, il est aussi cru qu'avant, n'a toujours pas la langue dans sa poche, et sacre toujours autant.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CRITIQUE / Peter MacLeod était en ville mardi soir, à la salle Albert-Rousseau, pour présenter son cinquième one-man-show, Libre - sexe, argent... et vérité. Le programme était ambitieux, voire presque sérieux, mais l'humoriste a su l'aborder avec son irrévérence habituelle, au grand plaisir d'un public conquis d'avance.

«Me semble que ça fait une éternité qu'on s'est vu, hein?» a lancé Peter MacLeod en début de spectacle, visiblement heureux et même ému de renouer avec ses fans... qu'il a pris la peine de remercier chaleureusement de le suivre encore, après toutes ces années (il a d'ailleurs réitéré ses remerciements à quelques reprises, durant la soirée).

Mais... Peter MacLeod se serait-il assagi et adouci avec les années? se demande-t-on. Eh bien... non. Le mot le plus prononcé de la soirée a sûrement été «graine», dans le sens de vous-savez-quoi. L'humoriste est peut-être un peu plus mature et se pose davantage de questions, mais il n'a pas changé: il est aussi cru qu'avant, n'a toujours pas la langue dans sa poche, et sacre toujours autant. Et personne, mardi, n'a semblé s'en plaindre, au contraire.

La prémisse du spectacle Libre pourrait se résumer à ceci: aujourd'hui, on se pense très libre, mais clairement, on l'est (insidieusement) de moins en moins. «On est atteint dans notre liberté», croit Peter MacLeod. Par exemple par les médias sociaux comme Facebook, qui nous fait croire qu'un like sur la photo de notre souper de la veille a «vraiment» de l'importance...

Notre liberté est aussi brimée par «les offensés qui se cherchent constamment des façons d'être offensés», estime l'humoriste, ajoutant qu'on a peur des mots, ce qui nous empêche de dire ce qu'on pense vraiment. «Eille, tsé, le petit Jérémy qui se fait un album dance, là... non, esti, je vais pas là!» s'est esclaffé l'humoriste qui, dans l'affaire Mike Ward/Jérémy Gabriel, avait soutenu que le premier s'était d'une certaine façon acharné sur le second.

Sous le parapluie de la liberté écorchée, Peter MacLeod ratisse large: la surconsommation qui est en train de nous tuer, les mensonges obligés, les religions qui nous disent quoi penser... Là-dessus, la pente devient glissante pour Peter MacLeod quand il se risque à discourir sur les «valeurs québécoises» qu'il faut protéger, en faisant «comprendre aux gens qui s'installent chez nous que nous ne sommes pas pareils ici». La réflexion sonnait, disons-le, un peu prêchi-prêcha.

L'humoriste a bouclé la boucle sur une note touchante et très personnelle, en lisant aux spectateurs un texte (écrit le matin même) sur la liberté avec un grand L, celle qu'il tenait pour acquis avant que sa vie change, après avoir vu la mort de près (lors d'un accident d'avion en 2013).

Peter MacLeod présente à nouveau son spectacle mercredi soir, toujours à la salle Albert-Rousseau, et en supplémentaires les 5 et 6  mai prochain, au même endroit.

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