La passion au bout de l'archet de Sol Gabetta

La violoncelliste Sol Gabetta donnera sa première performance en sol... (Uwe Arens)

Agrandir

La violoncelliste Sol Gabetta donnera sa première performance en sol québécois, samedi prochain au Palais Montcalm.

Uwe Arens

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Si Sol Gabetta est aussi expressive et volubile avec son violoncelle qu'elle l'est en entrevue, son récital de samedi au Club musical sera à marquer d'une pierre blanche. La musicienne de 35 ans née en Argentine et établie en Suisse y donnera sa première performance en sol québécois.

Au bout du fil, la jeune femme est charmante, articulée et décidément passionnée par la musique et son métier. Lorsqu'elle a annulé les deux premières semaines de sa tournée automnale, qui devait débuter en Amérique du Sud, on a craint pour le concert de Québec. «Je n'étais pas trop en forme, j'avais des problèmes de santé», note-t-elle, assurant qu'elle est toutefois remise et sera fin prête pour jouer à Boston le 2 novembre.

Les mélomanes de Québec auront la chance de la voir en récital en compagnie du pianiste français Bertrand Chamayou, qui était soliste invité à l'Orchestre symphonique de Québec au printemps 2014. Complices de longue date, les deux musiciens se sont rencontrés dans un concours en Suisse alors qu'ils avaient 17 ans. «Puis je suis allée à Toulouse pour un autre concours et j'ai passé 15 jours chez ses parents, sans faire le lien avec ce garçon que j'avais rencontré», raconte Sol Gabetta dans un français chantant. Séparés par plus de 500 km, elle à Bâle et lui à Paris, ils ont gardé contact pendant sept ans, mais sans réussir à jouer ensemble.

«Puis il y a eu une occasion, et ça a été le coup de foudre, indique la violoncelliste. On est assez différents dans nos caractères et dans nos rythmes de vie, mais on a une énergie similaire, musicalement. Bertrand aborde la musique de manière assez intellectuelle, alors que je suis plus intuitive. Chaque concert est extrêmement différent, rempli d'émotions et de folie, mais aussi extrêmement structuré.»

Lien étroit

Les deux solistes jouent entre 30 et 40 concerts par an ensemble, ce qui leur a permis de développer un lien étroit. «On ne parle plus d'un soliste avec un pianiste, c'est vraiment un duo», souligne Sol Gabetta. Ils ont enregistré l'an dernier des pièces de Chopin, dont on entendra la Sonate en sol mineur en deuxième partie du programme. La première partie comprendra la Sonate no 1 de Beethoven et la Sonate en do majeur de Benjamin Britten, deux pièces que le duo vient tout juste d'ajouter à son répertoire. «Comme habituellement, on les joue ensuite ensemble pendant un an, c'est comme une nouvelle ère qui commence», s'enthousiasme la violoncelliste.

Celle-ci a pris l'habitude, depuis huit ans, de jouer une sonate de Beethoven presque à chacun des concerts. «Je ne me lasse pas, indique-t-elle. C'est probablement le répertoire le plus difficile et le plus délicat entre le piano et le violoncelle. Les pianos d'aujourd'hui sont beaucoup trop agressifs et percussifs; les fois où j'ai joué avec un piano forte, ça changeait tout. Ça gagnait en richesse et en transparence.»

Le délicat équilibre entre le son du piano et celui du violoncelle lui demande justement de choisir soigneusement ses partenaires. «Comme le violoncelle a une voix plus basse que le piano, le pianiste doit vraiment faire attention de ne pas jouer trop fort», explique-t-elle.

Le même problème peut se présenter avec les orchestres. «Un moment donné, j'étais épuisée de me sentir en guerre avec l'orchestre, qui joue souvent entre le mezzo forte et le forte [moyennement fort ou fort]. Je me suis aperçue qu'on pouvait attirer l'attention du public avec notre énergie, même entouré d'une centaine de musiciens. Une salle de 2000 places peut entendre lorsqu'on joue piano [faible], mais il faut évidemment que le chef exige des contrastes.»

Elle jouera samedi sur un violoncelle Goffriller, son violoncelle Guadagnini datant de 1759 étant monté avec des cordes en boyaux, pour les projets de musique baroque. «Je ne fais que quelques projets par année. Je ne veux pas devenir une spécialiste de la musique baroque, mais pour mieux comprendre mon instrument, en retrouvant un peu le son de l'époque des compositeurs, même si l'instrument n'a pas la même forme», souligne-t-elle.

Méthode Suzuki

Sol Gabetta a commencé l'apprentissage de la musique en même temps que celui du langage, selon la méthode Suzuki. «J'étais au jardin d'enfants et au lieu de jouer aux poupées, j'ai créé un choeur avec de petites figurines en céramique que je dirigeais tous les jours. C'était mon jeu d'enfant. On grandit avec une certaine éducation qu'on porte ensuite toute sa vie», indique-t-elle.

Elle est la plus jeune d'une famille de quatre enfants : «J'ai une soeur qui est autiste, puis un frère qui est ingénieur et un autre frère qui est violoniste et qui gère la Cappella Gabetta, notre ensemble», note-t-elle. Jusqu'à ce qu'on lui propose de commencer le violoncelle, la benjamine faisait tout pour égaler Andres, de cinq ans son aîné. Jusqu'à ce qu'on lui mette entre les mains cet énorme instrument.

«Je ne suis pas très grande, mais j'ai de très grandes mains. Je crois que j'ai beaucoup lutté avec le violon. Le violoncelle me convenait beaucoup mieux. Je me sentais beaucoup plus forte avec cet instrument», note celle qui a exigé, à sept ans, de suivre des classes avec la prolifique Christine Walewska. «Elle avait un son incroyable. Comme un baume pour le coeur», se souvient Sol Gabetta. 

Maintenant, la jeune femme se pose une ou deux fois par mois à Bâle pour partager elle aussi son expérience de musicienne de concert avec de jeunes élèves. «Enseigner à temps plein, avec 50 concerts par année, je n'aurais plus de temps pour la vie. C'est important pour moi d'être complètement présente dans mes projets, pas seulement physiquement mais avec tout son esprit.» Avec son ex-ami de coeur, elle a également fondé le festival Solsberg, qui célèbre ses 10 ans cette année.

Vous voulez y aller?

  • Qui: Sol Gabetta et Bertrand Chamayou
  • Quoi: concert Le violoncelle au féminin du Club musical de Québec
  • Quand: samedi 5 novembre à 14h
  • : salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm
  • Billets: 23 $ à 84 $
  • Info: 1 877 643-8131 ou www.clubmusicaldequebec.com

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer