Les Violons du Roy: moments de grâce

Le chef Bernard Labadie dirige habilement ses musiciens.... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le chef Bernard Labadie dirige habilement ses musiciens. Par moments, il semble presque danser sur son siège.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) CRITIQUE / Lorsque Bernard Labadie dirige Les Violons du Roy dans des oeuvres chorales et instrumentales, on touche toujours un peu au divin. Les quatre cantates de Bach présentées jeudi au Palais Montcalm constituaient l'un des plus beaux moments de la scène classique présentés jusqu'à maintenant cette saison.

Le chef guide les musiciens comme un habile danseur ferait valser une cavalière gracile, faisant tanguer les archets et respirer les corps au bon rythme et suivant les courbes de la musique avec agilité. Par moments, il semblait presque - justement - danser sur son siège, et il accueillait la fin de chaque cantate avec un large sourire de contentement, sa joie toute dirigée vers les interprètes.

Dès que la voix de Lydia Teuscher est venue rejoindre celle des instruments pour la cantate Falsche Welt, dir trau ich nicht («Monde perfide, je ne te fais pas confiance»), une nouvelle dimension est apparue. La soprano allemande chante d'une voix juste, cristalline, mais pleine de caractère et pétrie de sentiments. Plutôt que de se laisser emporter par l'émotion, elle la contient et l'incarne, jusque dans le moindre froncement de sourcils, les yeux souvent offerts au public.

Pour Ich habe genug, plus austère et aux ornements plus sombres, Tyler Duncan a offert une performance plus contenue, mais tout aussi juste. Le baryton a un véritable talent pour raconter. Même sans comprendre un seul mot d'allemand, on se surprend à suivre les inflexions de son récit avec attention, suspendu à ses lèvres. Sa voix harmonieuse semble tour à tour envelopper la salle et s'élever vers le plafond.

Plus vif et expressif lors de la dernière cantate, Ach Gott, wie manches Herzeleid («Je me contente de mon bonheur»), où sa voix semble vouloir apaiser celle, tourmentée, de la soprano, Tyler Duncan a livré une performance pleine d'aplomb.

Les deux moments où la mezzo-soprano Maude Brunet et le ténor Jacques-Olivier Chartier ont joint leurs voix à leurs confrères touchaient au sublime, les quatre voix se mariant à la perfection. On ne pouvait que regretter que ces moments de grâce soient si courts.

Marjorie Tremblay a été lumineuse lors des solos de hautbois. La jeune femme semblait parfois ondoyer, pour suivre les lignes musicales de son instrument, dont les sons s'élevaient, fluides, ajoutant une autre voix au concert.

Les Violons du Roy joueront le même programme samedi à 14h au Palais Montcalm et dimanche à 14h au Musée des beaux-arts de Montréal.

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