Marie Chouinard: la passion de la création

Marie Chouinard présente en première canadienne sa dernière... (Sylvie-Anne Paré)

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Marie Chouinard présente en première canadienne sa dernière pièce pour 10 danseurs, Jérôme Bosch : le jardin des délices dans sa ville natale, Québec.

Sylvie-Anne Paré

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(Québec) Pour Marie Chouinard, créer est une véritable passion. Avec sa compagnie fondée en 1990, elle parcourt le monde. Sa version du Sacre de printemps voyage d'ailleurs sur les scènes de la planète depuis une vingtaine d'années.

2016 a été bonne pour elle. Elle a remporté le prix Positano comme chorégraphe de l'année, a été honorée par le Gouverneur général et a décroché le titre de directrice de la danse à la Biennale de Venise. Les Italiens la qualifient d'ailleurs de «grande prêtresse de la danse québécoise».

Pour présenter en première canadienne sa dernière pièce pour 10 danseurs, Jérôme Bosch : le jardin des délices, la flamboyante chorégraphe a choisi sa ville natale, Québec. Nous nous sommes entretenus au téléphone avec la femme de 61 ans dont la flamme créatrice brille toujours de mille feux.

Q Comment décririez-vous l'oeuvre du peintre Jérôme Bosch?

R Écoutez, je ne vais pas vous parler de l'oeuvre de Jérôme Bosch! Je peux vous parler de ma chorégraphie si vous voulez, mais je ne vais pas vous parler de l'oeuvre de Jérôme Bosch! (rires)

Le jardin des délices de Jérôme Bosch... - image 2.0

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Le jardin des délices de Jérôme Bosch

Q Mais vous êtes partie de l'une de ses oeuvres pour créer votre dernière pièce... Qu'est-ce qui vous a inspirée?

En fait, c'est une commande. Bosch vivait en Hollande. Et dans son village natal, ils ont organisé un énorme événement international pour célébrer le 500e anniversaire de sa mort et on m'a commandé une oeuvre chorégraphique. J'ai accepté immédiatement, avec grand plaisir.

Q Qu'avez-vous fait comme démarches pour créer votre chorégraphie?

R J'ai choisi de m'inspirer du tableau le plus célèbre de Jérôme Bosch qui s'appelle Le jardin des délices, qui est un tableau en trois panneaux, donc un triptyque. [...] Chacun des trois tableaux est complètement différent alors j'ai décidé de créer un ballet en trois actes. Chacun des trois actes est inspiré d'un des panneaux et chacun des actes est complètement différent.

Q Comment décririez-vous chaque acte?

R  Il y a un acte qui représenterait officiellement l'enfer. En tout cas, dans l'imagerie populaire, ça représenterait l'enfer. Mais moi, je ne crois pas que ce que Bosch a peint représente l'enfer, mais que ça représente plutôt le monde actuel, le monde des humains, comment on vit, tous les travers de l'humanité, toutes les horreurs. [...] Dans les autres tableaux, il y a le monde dans lequel nous ne vivons pas. Il y a le monde du paradis terrestre, avant qu'Ève ne croque la pomme, donc au début, début de la création de l'humanité. Et l'autre tableau est un tableau extraordinaire qui représente ce que serait devenue l'humanité si le péché originel n'avait pas eu lieu. Donc toute la population humaine se serait développée en harmonie, en paix, en amour, en tendresse, en curiosité et en délices. Ça, c'est comment moi et Bosch, je crois, nous voyons ce tableau-là. D'autres vont dire que ça représente tous les péchés possibles. Moi, je ne vois pas ça de même parce que, quand on regarde le tableau, tout le monde a un petit sourire tranquille, tout le monde est bien. Il y a une paix extraordinaire dans ce tableau-là, un bonheur, une tendresse. Et il y en a qui voient ça comme la description de tous les péchés. Franchement! (rires)

Q Mais sait-on ce que Bosch pensait réellement de son tableau?

R  Lui, c'est un très grand artiste. Il ne parle pas de ses oeuvres! On fait nos oeuvres et ceux qui ont envie de voir voient et ceux qui ont envie de voir autre chose, ils peuvent et ce n'est pas grave.

Q Vous avez tout de suite senti des affinités avec son univers?

R Oui, j'aurais refusé la commande sinon. C'est un peintre que j'aime depuis l'adolescence, que j'aime depuis toujours. C'est un grand peintre qui appartient à l'humanité, c'est un des grands artistes dans le monde.

Q Comme directrice de la danse à la Biennale de Venise, vous devez choisir les oeuvres qui y seront présentées. Comment faites-vous?

R Ce sont des oeuvres que je trouve touchantes, importantes, nouvelles. Des choses qui m'ont émue, qui m'ont fait réfléchir, qui font que j'aime l'art et les oeuvres d'art.

Q Y retrouvera-t-on des oeuvres québécoises? 

R C'est sûr parce que le Québec est un des lieux de création foisonnant et excellent dans le monde.

Q Vous êtes souvent en tournée avec votre compagnie. Vous revenez tout juste de Chine. Vous aimez ce mode de vie?

J'adore cette vie de tournée. De toute façon, je n'aime pas être tranquille. J'aime travailler et créer. La vie est très courte.

Q Après près de 40 ans de carrière, avez-vous un sentiment d'accomplissement?

R J'ai toujours envie de créer, de créer ma prochaine pièce. Pour moi, c'est vraiment une passion, la création. C'est un bonheur, un jeu. C'est être dans l'action. J'adore ça!

Vous voulez y aller?

  • Quoi: Jérôme Bosch : le jardin des délices
  • Qui: Compagnie Marie Chouinard
  • Quand: 1er novembre, 20h
  • Où: Grand Théâtre
  • Billets: de 43 $ à 65,50 $
  • Info: 418 643-8131

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