Québec fête Ehnes: classiques et mignardises

Invité à Québec par le Palais Montcalm et... (Le Soleil, Jean-Marie-Villeneuve)

Agrandir

Invité à Québec par le Palais Montcalm et le Club musical, le violoniste James Ehres a montré qu'il était sur la même longueur d'ondes que le pianiste Andrew Armstrong.

Le Soleil, Jean-Marie-Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CRITIQUE / James Ehnes a commencé bien jeune à se produire sur les scènes du monde entier. Alors qu'il entre dans la quarantaine, il semble encore animé par une ardeur juvénile, doublée d'une assurance sereine qui le fait paraître en pleine possession de ses moyens.

Le violoniste né à Brandon, au Manitoba, a décidé de célébrer son changement de décennie en prenant la route pour une tournée de récitals dans 23 villes canadiennes. Il s'arrêtait à Québec mardi soir, à l'invitation du Palais Montcalm et du Club musical.

Grand, souriant, habillé en complet cravate (bouton détaché pour jouer, boutonné pour saluer), Ehnes a une allure bon garçon qui ne laisse pas présager toute la passion et le lyrisme tragique qu'il peut tirer de son instrument, le Stradivarius «Marsick» de 1715.

On sent qu'il connaît les pièces sur le bout des doigts, qu'il peut s'amuser à les moduler, à varier l'intensité et le volume de certains passages pour mieux en dégager les phrases émotives. Sous son archet, la Sonate en ré majeur de Handel devient un récit tout en contrastes, avec son Adagio majestueux, l'Allegro guilleret et le Larghetto lent et triste. La Sonate no 5 en fa majeur Printemps, de Beethoven, devient quant à elle une papillonnante épopée, où les notes semblent tour à tour danser et s'échapper en apesanteur. On redécouvre de grands poèmes baroques et classiques, déclamés par un orateur hors pair.

Cette première partie parfaitement exécutée, bien qu'un peu conservatrice, a permis de montrer qu'il était bon élève et exactement sur la même longueur d'onde que le pianiste Andrew Armstrong, tout aussi souriant et énergique (veston cravate, détaché pour jouer, boutonné pour saluer) que son confrère.

Se butant à une porte close vers les coulisses entre les deux pièces de la première partie, le duo a fait volte-face - Armstrong avec une démarche clownesque - et Ehnes s'est assis une seconde au piano en regardant sa montre avant de reprendre le programme, nullement décontenancé par cet accroc à la routine.

Univers parallèlle

En deuxième partie, Stream of Limelight, une pièce du compositeur et chef anglais Bramwell Tovey, qui dirige le Vancouver Symphony Orchestra, a lancé le récital dans un univers parallèle, trépignant et fantastique, où l'on pouvait s'imaginer des paysages d'une grandeur infinie, un long voyage en train et un coup du sort qui jette le héros au bord d'un dangereux précipice. Un splendide voyage, très imagé.

Ehmes a ensuite servi une série de mignardises musicales, des morceaux de virtuosité assemblés sous l'impulsion du moment qui ont récolté des applaudissements enthousiastes. Nous sautions rapidement d'une ambiance à l'autre, guidés par les interventions au micro du violoniste, qui enchaînait, apparemment sans effort, des airs de Tchaïkovski, de James Newton Howard, de l'Australien Percy Grainger et de Sibelius. Le public a eu droit à deux rappels, dont une magnifique pièce, obsédante, aux accents de musique tzigane.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer