Dweezil Zappa entre la célébration de Frank et chicane de famille

Dweezil Zappa revient à Québec pour la septième fois...

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Dweezil Zappa revient à Québec pour la septième fois depuis 2007.

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(Québec) Dweezil Zappa est devenu, à l'instar de son père, un habitué des visites au Québec. En célébrant à sa manière, et avec son indéniable talent, le répertoire de Frank, le fiston a non seulement gardé l'oeuvre du paternel vivante, mais il a aussi donné un sens à sa propre carrière. Cette année, cependant, la tournée qui célèbre les 50 ans de l'album Freak Out! se déroule avec une acrimonieuse querelle familiale en toile de fond.

Les tensions que les Zappa vivaient en coulisses depuis un certain temps sont devenues publiques lorsque, au printemps, Dweezil a décidé d'en faire part au New York Times. À sa mort, à cette période l'an dernier, Gail Zappa, la veuve de Frank qui gérait l'héritage du compositeur et musicien, a décidé de léguer le Zappa Family Trust (ZFT) à ses quatre enfants. Le hic? Elle ne leur a pas cédé la même quantité de parts : Ahmet (42 ans) et Diva (36 ans) en ont eu chacun 30 %, leur assurant de prendre toutes les décisions, tandis que Dweezil (46 ans) et Moon (48 ans) en ont eu 20 %. La situation, il va sans dire, a considérablement déplu aux deux derniers, mais ce qui a mis le feu aux poudres pour Dweezil, c'est qu'il a reçu une mise en demeure, selon laquelle il devait payer des droits pour se produire sous la bannière Zappa Plays Zappa qu'il utilisait depuis 2006, sans quoi il s'exposait à une poursuite de 150 000 $.

Selon une lettre ouverte d'Ahmet, on demandait au guitariste, comme pour tous les enfants Zappa, un dollar symbolique par performance; or comme le souligne Dweezil, le ZFT mettait aussi la main sur l'ensemble des revenus des produits dérivés à chaque performance - une situation instiguée par Gail, il y a plusieurs années, et que Dweezil souhaitait voir corrigée. On a indiqué à Dweezil que sa part des profits du ZFT lui serait éventuellement distribuée. Or comme le fond familial est dans le rouge, il n'y a aucun sens pour lui à donner ses profits pour éponger cette dette. Qui plus est, Dweezil affirme que des montants remontant à l'époque où Gail gérait les affaires familiales lui sont toujours dus. Il a donc changé le nom de sa tournée et s'est fait faire des produits dérivés sur lesquels n'apparaît plus l'image de son père.

Entre deux concerts à la mémoire de Frank, la lutte fratricide se poursuit au point où Ahmet et Dweezil - qui ont déjà fait de la musique et de la télé ensemble - ne correspondent plus que par l'entremise de leurs avocats ou de lettres ouvertes. 

De son côté, Dweezil continue d'aborder le sujet de front en entrevue, comme il l'a fait lorsque nous l'avons joint.

Q Cette tournée est particulière. Son nom, Dweezil Zappa Plays Whatever The F@%k He Wants! - The Cease and Desist Tour est une référence directe à la querelle qui vous oppose au Zappa Family Trust. Comment les fans réagissent à ce combat devenu public?

R Je crois que les gens qui connaissent les détails de ce qui se passe m'appuient dans ce que je fais, parce que je le fais pour eux, pour qu'ils puissent écouter cette musique, la découvrir. Et j'ai une relation qui se poursuit avec mon père à travers la musique. Je ne comprends pas pourquoi le Trust tente de faire un problème avec ça, parce que finalement, c'est le Trust qui en profite... 

Q Est-ce que la situation s'est améliorée depuis votre première sortie publique au printemps dernier?

R Non, elle s'est détériorée. Le Trust tente maintenant d'avoir une marque déposée fédérale pour le nom Zappa, seulement le nom, ce qui viendrait m'empêcher d'utiliser mon propre nom de famille. Ils essaient de m'empêcher d'être Dweezil Zappa! C'est leur prochaine étape. [...] Ils veulent utiliser le nom Zappa dans différents buts et certains sont ridicules, car mon père s'y serait opposé fermement. Ils veulent utiliser le nom pour de la bière, du vin, du thé, pour des cafés, des restaurants. Ce ne sont pas des utilisations pour lesquelles Frank aurait été d'accord ou aurait été intéressé. Ils essaient d'utiliser le nom de toutes les manières et veulent m'empêcher moi et ma soeur Moon de l'utiliser. Alors si on se retrouvait dans une émission télévisée, on ne pourrait pas utiliser notre nom de famille. C'est ridicule.

Q En êtes-vous rendu à penser à jouer autre chose pour vous soustraire à ces affrontements? Votre propre matériel, par exemple?

R Je veux continuer de jouer cette musique. C'est pourquoi la tournée s'appelle Plays Whatever The Fuck He Wants. Je vais jouer la musique de mon père, je jouerai la musique que j'ai envie de jouer. Je ne veux pas être mis dans une position où l'on me dicte quelle musique je peux ou je ne peux pas jouer, surtout quand personne d'autre dans le monde est mis dans cette position. Il y a plein de gens qui jouent la musique de mon père et le ZFT ne leur court pas après avec une mise en demeure. Ils utilisent l'image de Frank, son nom et font leurs concerts gratuitement. Et moi, à titre de fils de Frank Zappa, je suis harcelé.

Q Plusieurs éléments de ce conflit étaient déjà présents quand votre mère était vivante. Mais visiblement, ça s'est envenimé au lendemain de sa mort...

R Effectivement, mais ce n'était pas forcé que ce soit ainsi. C'est ça qui est particulier. C'est leur choix.

Q Vous avez aussi raconté que dans toutes ces querelles, vous aviez perdu des guitares de votre père, mais que vous en avez récupéré quelques-unes. Vous jouez toujours avec?

R Je n'ai pas récupéré toutes les guitares de Frank. Ce qui est arrivé, c'est qu'à sa mort, on m'avait donné toutes ses guitares. Elles avaient été entreposées dans la maison familiale, dans le studio de Frank, et à un certain moment, ma mère a décidé qu'elles étaient de nouveau à elle. Elle a fait une espèce de proclamation en disant qu'elles lui appartenaient. Bien sûr, je ne trouvais pas ça correct, je m'en suis plaint. À sa mort, elle m'en a donné trois, en me disant que je pouvais choisir lesquelles et quand je les ai choisies, Ahmet a décidé de les garder pour lui et j'ai dû en sélectionner d'autres. Mais toutes ces guitares, techniquement, m'appartiennent pour autant que je sache, mais les autres se retrouveront dans un encan, hormis celles qu'Ahmet a décidé de garder pour lui.

Q Est-ce que vous vous entendiez bien avec votre mère, de son vivant?

R Il y a longtemps. Mais dans les 10-20 dernières années, elle a fait beaucoup de choses qui ont été dommageables pour le catalogue de mon père. Elle a perdu le catalogue à la suite de mauvaises décisions d'affaires et de poursuites. Alors elle a dû trouver des moyens pour le racheter. Et donc à travers de la mauvaise gérance et de mauvaises décisions, elle s'est retrouvée à perdre l'entièreté des oeuvres de Frank. Elle les a récupérées, mais à sa mort, elle était endettée de 6 millions $.

Q Dans cette tournée, vous mettez l'accent sur le tout premier album de Frank, Freak Out! Qu'avez-vous découvert ou redécouvert en vous plongeant dans ce répertoire?

R Cet album a 50 ans, alors j'aime remettre les choses en perspective, comparer ce que la musique est aujourd'hui par rapport à ce que c'était à l'époque. Qu'on s'imagine qu'un nouvel album paraît et qu'on pense à un jeune fan de 11 ans, qui prend ses économies pour aller chez le disquaire et acheter l'album de Frank Zappa. Il l'apporte à la maison, il écoute ça et dit : «Wow, c'est fou, c'est tellement bizarre» et il adore ça et ses parents disent : «Oh mon dieu, c'est la pire des choses!» Il y a des chansons comme Who Are the Brain Police, avec toute cette distorsion, et ces autres chansons étranges comme It Can't Happen Here. Même aujourd'hui, quand on écoute ça, on se demande qui aurait osé écrire une chanson pareille et ça date de 50 ans!

Q Vous revenez à Québec pour la septième fois depuis 2007, ça semble aussi fréquent que votre père, dans les années 70. Il y a un lien spécial avec Québec, non?

R Oui, on a adoré venir à Québec. Habituellement, quand on vient dans le secteur, on est surpris par l'enthousiasme des fans. Ils connaissent la musique si bien. Et c'est toujours le public le plus bruyant!

Vous voulez y aller?

  • Qui: Dweezil Zappa
  • Quand: 19 octobre, à 20h
  • : Impérial
  • Billets: à partir de 47 $
  • Infowww.imperialbell.com

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