Le cinéma musical de Ludovico Einaudi

Peu bavard, Ludovico Einaudi a préféré laisser parler... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Peu bavard, Ludovico Einaudi a préféré laisser parler sa musique.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CRITIQUE / Pour sa première visite à Québec, Ludovico Einaudi s'est présenté en territoire conquis. C'est en effet dans un Palais Montcalm rempli à craquer que le pianiste et compositeur italien a défendu ses compositions aussi minimalistes que cinématographiques.

Einaudi est un phénomène. Il a rempli la salle Raoul-Jobin sans qu'il y ait le moindre battage publicitaire. Et dans les coulisses du Palais, on suggérait qu'un deuxième soir aurait pu être envisagé tellement la demande était forte. Le musicien a par ailleurs un public varié, allant des jeunes étudiants branchés à ceux qui, comme lui, ont la mèche grise. Visiblement, sa musique, qui a fait mouche dans de nombreux films ou publicités, rejoint de nombreuses paires d'oreilles.

C'est d'ailleurs à une sorte de cinéma musical que le créateur de 60 ans nous a conviés. Officiant au piano, dos au public, Einaudi était flanqué de cinq musiciens derrière lesquels un grand écran accueillait des projections de toutes sortes, le plus souvent abstraites.

Einaudi a d'abord fait la part belle aux titres de son récent Elements, ouvrant avec Night. Graduellement, son univers où les silences sont nombreux sans tout à fait être pleinement consommés - l'Italien aime jouer avec la réverbération - s'est déployé. Non seulement on appréciait ses compositions, souvent structurées en spirale, mais également l'apport de ses musiciens, qui se faisaient tantôt mélodiques, tantôt davantage atmosphériques, voire bruitistes.

Le leader, qui arborait veston et pantalon noirs, espadrilles aux pieds, s'est permis un long segment solo au terme de la première partie. On a alors davantage pu voir sa touche singulière, où il tend à flatter son clavier lorsqu'il fait voyager sa main gauche d'une octave à l'autre. Bien que comportant des longueurs, cette portion de la soirée où la foule a retenu son souffle - un simple froissement de vêtement pouvait être entendu - a valu à Einaudi une chaleureuse ovation.

Officiant au piano, dos au public, Einaudi était... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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Officiant au piano, dos au public, Einaudi était flanqué de cinq musiciens derrière lesquels un grand écran accueillait des projections de toutes sortes.

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Aquarium et égoïne

Sa troupe était aussi intéressante à voir à l'oeuvre, qu'il s'agisse de son percussionniste qui, sur Waterways, est venu faire vibrer une pièce métallique en l'immergeant dans un aquarium; son guitariste, qui troquait de temps à autre sa six-cordes au profit d'une égoïne qu'il faisait chanter avec un archet, ou encore sa section de cordes - violon et violoncelle -, invariablement créative.

Vrai que l'approche d'Einaudi peut donner l'impression que certaines pièces sont semblables, voire interchangeables, or il a le don, grâce à son sens mélodique et son jeu des nuances, d'en tirer le meilleur et de les rendre de manière convaincante - on a pu sentir que dans bien des cas, elles ont poursuivi leur évolution sur les planches.

En fin de programme, on aura eu droit à une superbe version d'Experience, que plusieurs ont découvert dans le film Mommy, de Xavier Dolan.

Peu bavard, se contentant, à la toute fin du concert, d'un «Merci Québec» avant de présenter ses complices, Einaudi a préféré laisser parler sa musique. Nul doute que le charme a opéré.

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