#PigeonsAffamés: entre le vide et le vrai

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(Québec) CRITIQUE / Un déluge d'information, mais pas tellement de repères clairs, une surabondance d'opinions et une bonne dose de culpabilisation. Voilà à quoi aurait probablement droit la moyenne des ours si son fil Facebook prenait vie devant ses yeux. Et c'est justement l'exercice auquel s'est prêtée Anne-Marie White avec sa sportive pièce #PigeonsAffamés.

À cheval sur plusieurs langages artistiques - théâtre, musique, danse, spoken word - #PigeonsAffamés ne raconte pas vraiment d'histoire et ne met pas non plus en scène de personnages à proprement parler. Les sept interprètes campent des gens anonymes, voire interchangeables, distillant un flux parfois punché, mais généralement diffus d'opinions : vision du bonheur, légitimité du confort de notre société américaine, sentiment de culpabilité devant certains choix de consommateurs, etc. 

Dans ce texte choral mais sans dialogue, les acteurs évoluent en parallèle. Ils s'entrecroisent ou s'entrecoupent sans se remettre en question, un peu comme des statuts qui défilent dans l'interface d'un réseau social ou des témoignages que zapperait un téléspectateur impatient. On est ici dans le vite... et souvent aussi dans le vide. 

S'il donne lieu à des réparties cocasses, cet enchevêtrement de superficialités trouverait difficilement son sens n'eût été la manière avec laquelle l'auteure et metteure et scène Anne-Marie White (épaulée des concepteurs JP Loignon au travail vocal et Mylène Roy au mouvement) lui a donné vie sur scène. Rythmé et très musical - souvent présent en filigrane, le classique de Ray Charles I Can't Stop Loving You se trouve à un moment marié au slogan publicitaire de McDonald's (I'm Loving it) -, le spectacle est encore davantage physique. 

Corps parlants

Empruntant à la danse, sans complètement embrasser la discipline, #PigeonsAffamés fait parler les corps des comédiens presque plus que leur bouche. S'ils enchaînent des banalités, voire des absurdités, ils le font dans des positions parfois extrêmes, recherchant l'effort, l'inconfort, l'essoufflement. La vacuité du discours trouve ici une résonnance dans le malaise de l'être humain. Et c'est là que le message s'avère le plus interpellant. 

Production du Théâtre du Trillium d'Ottawa, #PigeonsAffamés est présentée au Périscope jusqu'à samedi. En tournée canadienne, la pièce fera ensuite escale à Montréal, Toronto, Sudbury, Hearst, Winnipeg et Kingston.

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