Violons du Roy: électrisant amalgame

CRITIQUE / Les Violons du Roy ont offert jeudi un concert complètement... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / Les Violons du Roy ont offert jeudi un concert complètement électrisant. En faisant se répondre deux oeuvres fortes de notre époque et la tonitruante 5e Symphonie de Beethoven, le chef et violoniste Anthony Marwood a préparé un programme qui nous a pris au ventre, tout en offrant de riches arabesques à notre oreille en mal de découvertes.

Il y a quelque chose de rassurant et de plaisant dans les phrases musicales très connues, comme l'ouverture de la fameuse 5e Symphonie de Beethoven. On sent que le sol est ferme, qu'on peut avancer sans craindre que nos certitudes s'effondrent. On accueille les chefs d'oeuvre consacrés sans appréhension, en savourant simplement le plaisir d'entendre les notes en direct, produites avec toute la précision et la passion voulue par les Violons du Roy, qui avait presque doublé leurs effectifs pour l'exécution de la 5e.

Dans cette marche triomphale, où la tension ne redescend que le temps de quelques passages plus doux, le temps que tous reprennent leur souffle, les sections de l'orchestre s'élancent violemment à l'unisson ou se répondent en alternance, comme les escadrons d'une impeccable armée. L'exercice est grisant, débordant, exaltant, voire cathartique, puisque après le sombre avertissement du destin la lumière surgit, aveuglante. C'est beau de voir les Violons, debout, reprendre avec fougue cette oeuvre qu'ils avaient offerte à Québec pour les célébrations du 400e.

Anthony Marwood, qui assurait la direction d'orchestre tout en agissant comme premier violon, a l'expressivité et la vigueur d'un grand violoniste. Les pieds largement ouverts, mobiles, prêts à s'élancer sur les pointes pour suivre les élans de son archet, le chef dirigeait du regard et de la tête un orchestre en parfaite cohésion.

Il faut dire que la première partie a dû demander une attention particulière à tous les musiciens. D'abord Zipangu, de Claude Vivier, une oeuvre composée en 1980 et inspirée du Japon. Les cordes y produisent un mélange de chants d'une beauté lugubre et étrange. À cause de fort appui sur les cordes, le son se brouille, s'alourdit, et l'instrument grince, révélant des propriétés inconnues. À oeuvre inusitée, disposition inusitée : Anthony Marwood y agissait comme premier violon et directeur, mais la première violon Pascale Giguère s'est déplacée devant les musiciens, sans son instrument, pour diriger la partie plus difficile et tourner les pages des partitions de Marwood.

Expérience inusitée

L'expérience la plus inusitée et marquante de la soirée était toutefois la présentation de Four Iconoclastic Episodes, de Steven Mackey, pour guitare électrique et orchestre à cordes. La saga qui puise à toutes sortes d'influences, du jazz fusion à la musique africaine en passant par Radiohead, procure un intense plaisir, difficile à décrire. Le mariage des cordes de violons et de celles de la guitare électrique est aussi grisant qu'inusité. L'oreille cherche, s'ajuste, reconnaît un passage, se laisse surprendre... On suit la savante progression des motifs rythmiques avec intérêt, légèrement déstabilisé, mais avec un sourire qui nous colle au visage. Formidable expérience, qui collait étrangement parfaitement avec la 5e Symphonie de Beethoven.

Le concert était présenté jeudi, à 14h (sans l'oeuvre de Vivier) et à 20h, au Palais Montcalm.

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