Québec en toutes lettres

Les écrivains et le jazz: des mots et des notes bleues

Simplement assis dans des fauteuils, dans le décor... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Simplement assis dans des fauteuils, dans le décor somptueux de la Chapelle du Musée de l'Amérique francophone, Gilles Archambault et Stanley Péan ont tranquillement tricoté une soirée agréable et toute simple.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) CRITIQUE / Des mots mêmes de Bernard Gilbert, directeur du festival Québec en toutes lettres, la soirée d'ouverture était probablement la moins noire de toute la programmation placée sous le signe du polar.

Et pour cause, avec Les écrivains et le jazz, on a plutôt assisté à une soirée douillette, tout en rondeurs, emplies de mots et de notes, menée par deux écrivains amoureux fous du jazz, Stanley Péan et Gilles Archambault.

Simplement assis dans des fauteuils, dans le décor somptueux de la Chapelle du Musée de l'Amérique francophone, les deux complices ont tranquillement tricoté une soirée agréable et toute simple avec les musiciens Anthony Rozankovic (piano), Samuel Blais (saxophone), Jean Cyr (contrebasse) et Stéphanie Laliberté (chant).

Archambault, devenu une véritable référence à travers le temps, après avoir animé pendant des années Jazz soliloque à la radio de Radio-Canada, dit ne jamais avoir vraiment fréquenté les musiciens de jazz. Pour lui, tout se passait sur disque, dans son impressionnante collection où il a toujours puisé, sans exception, les morceaux présentés à la radio. «C'est un amateur qui parle, pas un critique», a-t-il averti. Péan, lui, a grandi avec la bibliothèque de son père... et la discothèque de sa mère, où se trouvait du Ella Fitzerald et du Nat King Cole. Et c'est aussi en écoutant Jazz soliloque, de son complice de scène, que l'animateur de Quand le jazz est là, à ICI Radio-Canada Première, a cultivé sa passion.

De fil en aiguille, les auteurs se sont lancés dans différents extraits choisis, toujours teintés par la note bleue. Et les musiciens d'attraper la balle au bond en interprétant du Lester Young, du Miles Davis, du Zoot Sims, et bien d'autres.

L'association était naturelle et prometteuse, mais le procédé a pris un moment avant de prendre son erre d'aller. Le rythme est devenu de plus en plus naturel, à mesure qu'on sentait les écrivains plonger dans des textes qui leur étaient particulièrement chers, et même plus personnels.

Archaumbault, du haut de ses 83 ans, nous a à la fois amusés avec son propre éloge funèbre composé à l'avance, et ému quand il a parlé avec une douce sincérité de sa femme, décédée il y a six ans.

Stanley Péan, lui, s'est plus collé au thème du festival, en pigeant dans différents polars, dont Solea, de Jean-Claude Izzo. Il s'est aussi particulièrement éclaté dans une nouvelle inédite où il a fait réapparaître son personnage de journaliste saguenéen d'origine haïtienne, Marvin Courage, aux prises avec une mystérieuse disquaire, Vicky, qui lui apportera quelques ennuis...

Touchante fin de soirée

Une soirée de mots, donc, qui ne laissait évidemment pas présager de prouesses scéniques. Outre la complicité des deux animateurs, la saveur de cette proposition résidait dans l'apport du quatuor de jazz, porté par la voix chaude et enrobante de Stéphanie Laliberté. Leurs prestations, à la fois ponctuations et respirations, donnaient le temps aux mots de nous habiter un peu plus longtemps. Un peu à l'image d'Archambault qui a confié que le jazz a été dans sa vie «une sorte de rempart contre l'ennui, la laideur et la bêtise». «Ce sont des moments de repos qui permettent de rebondir», a-t-il ajouté.

On a eu droit en fin de parcours à un moment touchant, quand Stéphanie Laliberté a interprété une chanson mise en musique par Anthony Rozankovic et écrite par Stanley Péan en l'honneur de son amie l'écrivaine Hélène Monette, décédée il y a un peu plus d'un an. Le quatuor de jazz nous a toutefois envoyés à la maison sur la note joyeuse de Take the A Train de Duke Ellington.

Le festival Québec en toutes lettres se poursuit jusqu'au 9 octobre.

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