Brillant cortège pour une symphonie mal-aimée

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Le chef et pianiste Louis Lortie était à la barre du concert de l'OSQ.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / L'Orchestre symphonique de Québec (OSQ) a clos sa semaine Beethoven avec la Symphonie no 8, souvent délaissée au profit de la célèbre 7e ou de l'imposante 9e. Le chef et pianiste Louis Lortie était à la barre du concert qui a vogué, comme le compositeur échevelé, entre la rigueur classique et l'exaltation de la musique romantique.

Lortie s'est montré bon capitaine. Peut-être avec moins de précision et de finesse dans ses gestes que ce que d'autres chefs de carrière nous donnent à voir, mais avec une énergie louable et efficace, et des expressions appuyées.

À certains moments, penché vers l'avant, il semblait presque sur le point de fondre sur l'orchestre, les bras hauts et grands ouverts, comme un oiseau de proie sur le point de refermer son étreinte ou un manipulateur de marionnettes à tringles particulièrement théâtral. Son sourire n'avait toutefois rien de menaçant, on y voyait plutôt le plaisir intense que le musicien prend à contrôler la musique dans l'air, uniquement armé de sa baguette, sans partitions.

C'est lorsqu'il était au piano qu'il était toutefois le plus impressionnant, tant pour la direction que pour l'interprétation de la partie solo du Concerto no 2 de Saint-Saens. Couvercle fermé, l'instrument a d'abord laissé résonner les notes, puis l'effet s'est dissipé au fil de la course effrénée et savante des mains de Lortie sur le piano. Celui-ci profitait de chaque silence de l'instrument, voire de la fin d'une phrase musicale qui le menait vers une des extrémités du clavier, pour encourager l'orchestre avec des gestes vifs. S'il avait été guidé par un autre chef, il aurait eu l'air d'un soliste survolté qui défie les conventions, mais placé aux commandes en bonne et due forme, il semblait presque danser avec l'orchestre.

Dans cette pièce, le piano donne l'impression de grimper les escaliers vertigineux de la passion amoureuse pour les dégringoler ensuite à toute vitesse, jusqu'aux tréfonds d'un océan de tourments. Un deuxième mouvement guilleret, qui a presque les accents d'une pièce de cabaret, mène à des crescendos et des decrescendos effrénés où l'orchestre et l'instrument solistes s'enguirlandent jusqu'à l'apothéose.

Émotions et finesse

La deuxième partie se devait d'être aussi trépignante. Après une ouverture héroïque composée pour accompagner la pièce Egmont de Goethe sur la révolte des Pays-Bas contre l'Espagne, la Symphonie no 8 s'est avérée un tissu de motifs rythmiques, d'émotions et de styles rempli de finesse. Beethoven s'y est amusé avec les paramètres de la musique classique, le balancement régulier et obsédant du métronome, sans pour autant se refuser des élans lyriques. L'OSQ y a mis le même dévouement que pour les élans révolutionnaires de la 3e symphonie jouée la semaine dernière, mais avec en plus un brin de tendresse pour l'oeuvre mal-aimée. 

Le concert était présenté une seule fois mercredi soir au Grand Théâtre de Québec.

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