Charmés par Charlot

La quinzaine de musiciens de l'OSQ, dirigée par... (Le Soleil, Alice Chiche)

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La quinzaine de musiciens de l'OSQ, dirigée par le chef Nicolas Ellis, a interprété une trame sonore nourrie, pleine de contrastes comiques et dramatiques.

Le Soleil, Alice Chiche

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(Québec) CRITIQUE / Difficile de saisir pleinement la force d'attraction du fameux personnage de Charlot sans avoir vu un des films de Charlie Chaplin en entier. Son ingéniosité sans malice, son profond romantisme et son humour intemporel le rendent profondément attachant, même encore aujourd'hui.

Avec un orchestre et dans le majestueux du Palais Montcalm, la projection de La ruée vers l'or nous a transportés près d'un siècle en arrière, au temps du cinéma muet et de la musique en direct.

Nous avons pu visionner une reconstitution de la version originale de 1925, refaite à partir d'archives, et de la version d'un collectionneur prévoyant, tout en écoutant la musique composée par Chaplin pour sa version de 1942. Celle-ci étant plus courte, la partition a été légèrement allongée en 2007 par Timothy Brock.

On nous prévenait avant la projection que la qualité des images était inégale, mais, à l'écoute, rien ne venait vraiment déranger l'oeil. Au contraire, on était fasciné par le timing, la précision des gags visuels et les cascades - grandioses pour l'époque - du long-métrage.

La quinzaine de musiciens de l'OSQ, dirigée par l'énergique jeune chef Nicolas Ellis, a interprété une trame sonore nourrie, pleine de contrastes comiques et dramatiques. Puisque les musiciens se devaient aussi, à certains moments, d'être bruiteurs, le timing devait être (et a été) impeccable.

Rires instantanés

Sitôt Charlot apparaît-il à l'écran, marchant en canard à flanc de montagne sur une musique loufoque, que l'assistance éclate de rire. Nous croyions devoir faire preuve d'un peu d'indulgence devant les gags des années 20, mais ce ne fut nullement nécessaire. Limpides, minutieusement calculées et jouant sans cesse avec ce qu'anticipe le spectateur, les scènes comiques se sont révélées être d'une redoutable efficacité. Les rires francs ont jailli pendant toute la projection.

Nul besoin de nous pointer les scènes célèbres, ce sont de facto celles qui nous restent en tête : lorsque Charlot, prospecteur solitaire au Klondike, et son compagnon d'infortune entreprennent de manger un soulier (avec une classe étonnante), on rigole, mais lorsqu'il fait danser deux petits pains sur la table pour égayer un souper imaginaire où sa douce lui a fait faux bond, on regarde avec tristesse et tendresse ce vagabond au coeur tendre.

Dans une apparente simplicité, Chaplin touche à toute la complexité de l'existence humaine. Son personnage tente sans relâche de gravir la pyramide de Maslow; se nourrir, être en sécurité, puis trouver l'amour, l'approbation et le bonheur. Mais l'original a autant de maladresse que de finesse et il est aussi gentleman que le permettent ses habitudes clownesques. Charlot charme encore. Il est même rafraîchissant en ces temps trop souvent cyniques.

Avant la représentation, Olivier Bilodeau, le directeur de la programmation du Festival de cinéma de la ville de Québec, a assuré que ce deuxième ciné-concert, et cette première collaboration avec l'Orchestre symphonique de Québec, aurait assurément une suite. Le festival se termine ce samedi.

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