Antonio Meneses et l'OSQ: héros plus grands que nature

Antonio Meneses s'est révélé un soliste hors pair, fort... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Antonio Meneses s'est révélé un soliste hors pair, fort et sensible, et en profonde symbiose avec l'orchestre.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CRITIQUE / L'Orchestre symphonique de Québec avait un double rendez-vous. D'abord avec le violoncelliste Antonio Meneses, qui a porté le célèbre Concerto pour violoncelle de Dvorak, puis avec La 3e symphonie de Beethoven, la bien nommée Héroïque, qui a ouvert les portes au romantisme et à la musique engagée.

Fabien Gabel s'est presque excusé, en début de concert, de ne pas avoir mis de pièce méconnue ou nouvelle au programme. Le public n'y a pas perdu au change, bien au contraire, et a pu goûter à deux grandes oeuvres du répertoire, que l'orchestre a après tout le mandat de maintenir vivantes pour son public.

Le Concerto pour violoncelle en si mineur de Dvorak nous a transportés dans un récit épique, où l'instrument soliste a quelque chose de profondément humain. Suivre son chant revient à suivre les aventures d'un héros tour à tour fougueux, glorieux, tourmenté et tenaillé par le doute et les regrets.

Sous l'archet du violoncelliste brésilien, qui a entre autres fait partie du Trio Beaux-Arts, l'instrument laissait entendre une voix grave et envoûtante, pétrie d'inflexions humaines et portée par l'orchestre qui agissait comme un choeur et comme le décor grandiose qui sied à toute épopée. La flûte, qui accompagnait souvent le violoncelle, y agit presque comme un instrument solo, une voix féminine qui envoûte et discourt avec intelligence avec l'instrument à cordes. Meneses s'est révélé un soliste hors pair, fort et sensible, et en profonde symbiose avec l'orchestre.

En deuxième partie, nous avons plongé dans la Symphonie héroïque comme dans une seconde histoire, où la puissance de l'orchestration répond à la grandeur des idéaux humains. Dédiée à l'origine à Napoléon, avant qu'il ne s'autoproclame empereur et jette ainsi une ombre mégalomane sur les espoirs qu'il incarnait, l'oeuvre semble porter les aspirations de Beethoven dans toute leur grandeur et leur complexité.

Les innombrables déclinaisons et variations orchestrales du même thème dans le premier mouvement créent effervescence et tumulte. Puis La marche funèbre sonne comme un rappel des sacrifices et des déceptions qui pavent le chemin de la liberté. Beethoven y laisse subtilement filtrer la lumière qui caractérisera le Scherzo, qui mène à son tour au Finale, dansant et fin.

En écoutant l'orchestre, mercredi soir, le monde en marche, vestige d'une révolution révolue et jamais terminée, semblait défiler sous nos yeux. Tout l'ensemble s'est acquitté de sa tâche avec justesse et profondeur, complètement au service des oeuvres. Au lutrin, Fabien Gabel a dirigé avec assurance et aisance, martelant les temps forts de sa baguette ou la laissant gracieusement flotter, suspendue dans les airs.

Le concert Beethoven, symphonie héroïque sera repris jeudi à 10h30, toujours à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre, mais le Concerto pour violoncelle de Dvorak sera remplacé par Coriolan, ouverture en do mineur de Beethoven.

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