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Voir dans le vent qui hurle les étoiles rire, et rire: scintillante cohésion

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(Québec) CRITIQUE / La musique est un art vivant qui fait vibrer les foules à l'unisson, ce qu'on a parfois tendance à oublier devant les aspérités et les audaces des compositions actuelles. Mais dans la foule attentive lovée autour des musiciens et de l'escalier monumental du pavillon Lassonde, dimanche après-midi, les corps ont vibré d'une nouvelle manière, fébrile, étourdie et scintillante.

L'oeuvre imaginée par Yannick Plamondon et Symon Henry, Voir dans le vent qui hurle les étoiles rire, et rire, a transcendé toutes les facilités et déjoué les confortables conventions. Des centaines de spectateurs - près d'un millier, a évalué la responsable de la programmation du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), Catherine-Ève Gadoury - avaient répondu à l'appel. Massée dans le hall du nouveau pavillon du MNBAQ, l'assemblée éclectique rassemblait toutes les générations. Des dizaines d'enfants s'étaient assis près de l'orchestre ou fendaient la foule, libres et heureux de participer à ce grand happening pour l'ouïe.

Les joueurs de triangle étaient dispersés dans la foule et suivaient les gestes de Symon Henry, placé au milieu de l'escalier, alors qu'une trentaine de musiciens de l'Orchestre symphonique de Québec et la marimbiste Anne-Julie Caron suivaient les gestes du chef Fabien Gabel, au bas des marches. Les deux guides se faisant place et le son qui provenait à la fois de l'orchestre, de la foule et des haut-parleurs nous encerclant donnaient l'impression d'être happés dans une grande spirale. Sur les visages des spectateurs, on voyait défiler toutes les expressions : des sourires rêveurs, des sourcils froncés, des traits alanguis, des regards lumineux. Un échantillon d'émotions humaines en concentré.

Des sons à apprivoiser

L'oreille devait d'abord apprivoiser les sons incongrus, en apparence désorganisés et sauvages, mais les violoncelles et les contrebasses nous donnaient peu à peu un rythme auquel s'accrocher, puis les violons laissaient entendre une émouvante ligne mélodique, toute en douceur et en finesse. L'escalade des notes, comme une pluie joueuse sur le marimba pendant que les cordes trouvaient leur souffle et que les sons électroniques ajoutaient une couche organique et étrange, nous a graduellement guidés vers l'apothéose, où tous les instruments, triangle compris, ont éclaté dans un éclat de rire éclatant.

Il fallait accepter d'avancer dans l'inconnu, accepter de se laisser happer. Il était impossible, sauf pour les spectateurs placés tout près des musiciens, d'embrasser l'ensemble de l'orchestre du regard. Les yeux devaient se contenter de fragments, alors que les oreilles étaient tour à tour intriguées, déstabilisées et ravies.

Reste de cette expérience unique le souvenir d'une oeuvre scintillante, pleine de douceur, de soif de vivre et de liberté, sans compromis.

La performance a été enregistrée et fera partie du documentaire Symphonie pour architecture, qui sera lancé le 30 septembre à 19h30 à l'auditorium du MNBAQ.

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