L'OSQ fait sa Berlinale

Daishin Kashimoto, premier violon solo de l'Orchestre philharmonique... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Daishin Kashimoto, premier violon solo de l'Orchestre philharmonique de Berlin

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) CRITIQUE / L'Orchestre symphonique de Québec a amorcé sa 114e saison avec un programme inspiré du cinéma et marqué par la présence de Daishin Kashimoto, premier violon solo de l'Orchestre philharmonique de Berlin.

Le public de Québec a ainsi pu entendre la même semaine le clarinettiste solo (au Club musical dimanche) et le violon solo du célèbre ensemble; de quoi nourrir les rêves berlinois des mélomanes.

Pour ouvrir sa cinquième saison à titre de directeur musical, Fabien Gabel avait construit son programme autour de Tristan et Isolde, Prélude et mort d'amour de Wagner, dont on peut entendre des extraits en prélude du film Melancholia de Lars von Trier et dans Un chien andalou de Buñuel. Le court-métrage a d'ailleurs été présenté avant le concert de mercredi, en collaboration avec le Festival de cinéma de la ville de Québec.

Le chef y a arrimé la suite Vertigo de Bernard Hermann, tirée du film du même nom d'Alfred Hitchcock, ainsi que deux oeuvres de Tchaïkovski, le Concerto pour violon, qu'on trouve dans le film Le concert, et des extraits de la suite du Lac des cygnes, abondamment reprise depuis Dracula en 1931 jusqu'à Le cygne noir en 2011.

En vedette dans le Concerto pour violon, Kashimoto a déployé tout son talent dans ce morceau de virtuosité imprévisible, souvent héroïque et, par moments, éthéré. Logé entre des pièces beaucoup plus connues, au point que l'écoute de celles-ci nous fasse osciller entre nos souvenirs de cinéphile et une langueur presque trop confortable, l'oeuvre débute par un Allegro moderato où le motif décliné par le violon solo semble grandir et s'élever à une vitesse vertigineuse, alors que les sections de l'orchestre viennent s'y greffer doucement, par petites touches discrètes. Les yeux clos, la joue posée sur son violon, Kashimoto s'est élancé avec assurance, tanguant doucement, en laissant ses talons bien ancrés au sol, semblable à un saule dans une tempête. La course effrénée de son archet faisait résonner abondamment les aigus, qui montaient en vrille, alors que les graves nous permettaient d'apprécier toute la richesse du son de son instrument. La seconde partie, plus douce et envoûtante, a pris toute son ampleur lors d'une série d'échanges rapides avec l'orchestre, puis le concerto s'est achevé par une danse étourdissante et une finale qui a propulsé une bordée de spectateurs vers l'ovation.

Sinon, on a pu se laisser envahir par l'angoisse et la lancinante mélancolie de Vertigo et imaginer les pointes et les cous graciles pendant Le lac des cygnes qui, malgré une ouverture expédiée un peu trop rapidement, a retrouvé son rythme habituel pendant la valse. L'enchaînement de motifs tragiques et exaltés de Wagner, en fin de programme, a terminé le concert sur une note romantique et passionnée.

Le concert était présenté une seule fois, mercredi soir, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre.

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