Quand Céline, Brel et Led Zep deviennent punks

Le supergroupe californien Me First and the Gimme Gimmes débarque... (©Jay Blakesberg)

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Le supergroupe californien Me First and the Gimme Gimmes débarque à Québec samedi.

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(Québec) Quelle est la seule formation qui peut vous permettre à la fois d'entendre des grands succès de Gloria Gaynor, de Jacques Brel ou de Led Zeppelin, tout en vous proposant une performance résolument punk? Me First and the Gimme Gimmes, bien sûr. Toujours aussi actif après 20 ans d'activité, le supergroupe californien débarque à Québec samedi, avec la folie qui le caractérise.

Il est rare de voir des groupes dont le répertoire est constitué uniquement de reprises durer aussi longtemps que les Gimme Gimmes. Surtout que l'équipe compte des membres qui ont tous d'autres activités en parallèle: le chanteur Spike Slawson évolue dans Re-Volts et Uke-Hunt, le bassiste Fat Mike est bien sûr dans NOFX, le guitariste Joey Cape et le batteur Dave Raun font partie de Lagwagon, tandis que le guitariste soliste Chris Shiflett est bien connu pour son boulot au sein des Foo Fighters - son frère Scott prend le relais en tournée. Si l'aventure perdure, c'est bien sûr que la bande s'éclate d'un concert à l'autre.

«J'aime allumer le feu du rock'n'roll sur scène, indique Spike Slawson, joint à sa demeure, à San Francisco. C'est ce que je considère être mon boulot. Il y a cette énergie punk ou rock'n'roll que je crois que seuls les gens qui ont vécu avant les téléphones intelligents comprennent. Nous sommes la dernière génération, notre boulot est de jouer la musique rock de la manière que nous croyons être la bonne, qui n'a pas été diluée ou distraite par toutes sortes de stimuli.»

Sérieux délires

Autre élément qui explique la longue durée du band: la réponse du public, qui est toujours, au grand étonnement de Slawson, grandissant. Il faut dire que les Gimme Gimmes sont sérieux dans leurs délires. Les gars ne se contentent pas de reprendre bêtement les chansons, ils les fondent dans leur langage punk. Et puis, en studio, ils ont aussi pris l'habitude d'organiser leurs interprétations autour de certains thèmes ou de périodes musicales. Le petit dernier, Are We Not Men? We Are Diva!, dont le titre réfère à un album de Devo, a ainsi été consacré à des classiques de chanteuses comme Cher, Céline Dion ou Paula Abdul. Dans Believe, Slawson a manipulé sa voix de manière rigolote avec de l'autotune, tandis que dans My Heart Will Go On, il s'est aventuré dans un registre country folk, voire celtique. À cela, il faut ajouter que le quintette glisse parfois des citations musicales dans ses introductions. Or même si, au final, les gars arrivent avec un produit étonnant, Slawson refuse de prendre trop de crédit.

«Ça flatte l'ego masculin [d'arriver avec des trouvailles musicales], mais le fin secret dans tout ça, c'est que les meilleures chansons sont évidentes, dit-il. Les meilleures chansons se laissent transposer dans ton style. Ce n'est pas tant de l'inspiration ou de l'imagination ou de la créativité comme on pourrait le croire. L'imagination et la créativité, en fait, sont de trouver les chansons et de les imaginer dans votre langage musical. Après, ça tombe en place naturellement. J'aimerais bien dire que je suis un génie, mais...»

Slawson affiche la même modestie lorsqu'on lui fait remarquer qu'il doit s'approprier le chant et le registre d'une foule d'artistes différents, hommes ou femmes. Il estime que, tant qu'il évolue dans les paramètres punk propres aux Gimme Gimmes, tout. Finalement, il ne s'agit donc que de jouer avec le ton, la clé, la vitesse ou le rythme.

Bien qu'en deux décennies les Californiens aient repris une multitude de chansons, souvent de façon adroite, aucun artiste ne s'est jamais manifesté pour donner son opinion sur leurs réinventions. À vrai dire, un groupe s'est manifesté...

«Juste les Eagles, précise Spike. Et ils ont détesté ça. Mais ce sont les Eagles, et le fait qu'ils ont détesté a été à nos yeux comme une confirmation [que nous avions réussi notre coup].»

Retour aux sources

Deux années ont filé depuis l'album consacré aux divas. Si les Gimme Gimmes continuent de fonctionner de la même manière, c'est-à-dire que l'un des membres arrive avec une idée de chanson à reprendre et la propose aux autres, pour la prochaine parution, les gars voudraient modifier légèrement la formule, en publiant des mini-albums, plutôt que des albums complets.

«On pense à faire quelque chose vers la fin de l'année, indique le chanteur. J'aimerais retourner aux sources et faire des succès qui ont tourné à la radio AM dans les années 70 et 80. Ce ne sont pas des chansons que j'adore nécessairement, comme les pièces de John Denver ou de Neil Diamond, mais pour une raison que j'ignore, ces pièces marchent vraiment bien dans ce qu'on fait. C'est vraiment amusant. Et même si je n'aime pas les chansons originales, je suis capable de les rendre sérieusement, de manière à ce qu'elles deviennent drôles!»

Les Gimme Gimmes ont un bassin de reprises tellement vaste que, d'un concert à l'autre, ils peuvent varier énormément les propositions. Et même s'ils n'ont pas présentement d'album flambant neuf sous le bras, Spike Slawson promet qu'il y aura de la nouveauté, le 10 septembre, pour le public de Québec qui se pointera sous les bretelles de l'autoroute Montmorency.

«On a toujours de nouveaux costumes, alors même si on ne peut pas vous offrir des chansons flambant neuves d'un album flambant neuf, on peut faire des chansons au ukulélé; il y a toujours une nouvelle présentation visuelle et, bien sûr, notre chimie personnelle!»

Une rencontre avec Spike Slawson et Joey Cape

Les membres de Me First and the Gimme Gimmes Spike Slawson et Joey Cape prendront le temps de rencontrer les fans, le 10 septembre, à l'Anti, à l'occasion d'un 5 à 7. Les deux musiciens prendront le temps d'offrir quelques interprétations dans une formule acoustique. Pour ceux qui auront une fringale, des hot-dogs seront offerts gratuitement sur la terrasse. En entrevue, Slawson a indiqué au Soleil combien il aimait Québec, ainsi que la Belle Province, qui incarnent la survie d'une «culture assiégée» : «J'adore ça, c'est l'une des merveilles de notre continent. [...] J'aime y marcher. Je suis originaire de la côte Est, alors ça sent comme la côte Est, mais c'est complètement différent.»

Envol et Macadam dès jeudi soir

Pour les trois prochains jours, la basse ville vibrera aux rythmes urbains d'Envol et Macadam. Comme le veut la tradition, des spectacles se tiendront dans diverses salles de la basse ville, dont le Cercle, le Scanner et la salle Multi, ainsi que sur les scènes extérieures situées sous les bretelles de l'autoroute Montmorency. Au nombre des invités, on pourra voir, entre autres, Antoine Graton et Grimskunk (jeudi); Les Trimpes, The Sainte Catherines et Bad Religion (vendredi), ainsi que Mad Caddies, Québec Redneck Bluegrass Project et Rymz (samedi). Pour tous les détails sur la programmation et les billets ou passeports: www.envoletmacadam.com

Vous voulez y aller?

  • Qui: Me First and the Gimme Gimmes et Mad Caddies
  • Quand: 10 septembre, 20h
  • Où: îlot Fleurie, scène Rock 100,9
  • Billets: 35 $
  • Info: envoletmacadam.com

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