Andreas Ottensamer, l'as de coeur de la clarinette

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(Québec) À 27 ans, Andreas Ottensamer a déjà tout ce qu'un musicien peut espérer : le poste de clarinettiste solo au Philharmonique de Berlin, la direction artistique d'un festival de musique de chambre en Suisse, un contrat d'exclusivité avec Deutsche Grammophone, une carrière solo en pleine ascension et de stimulantes collaborations tant du côté du classique que de la pop ou du jazz.

Le jeune Autrichien, qui ouvrira la saison du Club musical de Québec dimanche, est une véritable star de la musique classique. Lorsqu'il publie un égoportait sur sa page Facebook, en route vers la première répétition de l'année, le jeune homme au large sourire obtient sans peine 1500 «j'aime» de ses fans.

Nous l'avons joint pour une entrevue téléphonique alors qu'il était en tournée d'ouverture de saison avec le Philharmonique de Berlin, un orchestre aussi prestigieux que conciliant pour ses musiciens. «Nous avons beaucoup de latitude et de temps libres pour passer du temps en famille ou poursuivre des carrières solo», indique Ottensamer. Le Viennois s'est établi à Berlin depuis qu'il a obtenu son poste, il y a cinq ans, au tout début de la vingtaine. «J'adore la ville, qui est très vibrante. Berlin est très en vogue en ce moment. Tout bouge beaucoup et très rapidement», note-t-il.

S'il vient d'une famille de clarinettistes - il forme d'ailleurs le trio The Clarinotts avec son père et son frère aîné -, Ottensamer a d'abord joué du piano, puis du violoncelle, mais pas, jure-t-il, pour échapper à la tradition familiale. «Je vois de belles similitudes entre la clarinette et le violoncelle, qui peuvent à la fois créer des atmosphères très intimes et susciter beaucoup d'émotions, explique-t-il. Quand j'ai commencé à jouer de la clarinette, je n'ai pas eu l'impression de rentrer dans le rang, mais plutôt d'enfin faire partie du groupe.»

Ce sont les particularités mêmes de l'instrument qui l'ont incité à attendre avant de s'y consacrer. «On ne peut pas commencer la clarinette trop tôt, il y a beaucoup de pression sur les dents et les poumons doivent être pleinement développés. Au piano, on presse la note et elle résonne, mais avec la clarinette, il y a beaucoup de choses à faire en même temps. Il faut produire la note, la tenir, souffler, bouger les doigts.»

En revanche, la clarinette lui permet de jouer plusieurs styles, des pièces de compositeurs classiques et romantiques et de la musique de chambre, «mais aussi du jazz et de la musique folk», note-t-il. Il offrira d'ailleurs un programme très varié pour ses trois concerts nord-américains de l'automne. «Nous avons tenté de composer un programme qui incluait des compositeurs anglophones, tant américain qu'anglais, et des compositeurs francophones, puisque nous jouerons à New York et à Québec», indique-t-il. Ottensamer parle français «un petit peu» pour en avoir appris les rudiments à l'école, mais s'exprime couramment en allemand et en anglais.

Accompagné d'un pianiste

Accompagné par le pianiste argentin José Gallardo, avec qui il dirige un festival de musique de chambre en Suisse depuis cinq ans, Ottensamer jouera entre autres deux pièces de Debussy, dont la Première rhapsodie, «une pièce mélancolique avec un son très orchestral. Le piano y joue le rôle des cordes, de la flûte, etc.», décrit le clarinettiste, et La fille aux cheveux de lin, une courte mélodie qu'il a longtemps jouée au piano. Pocket Size Sonata no 2 d'Alec Templeton, After You, Mr. Gershwin de Béla Kovacs et Trois préludes pour piano de Gershwin donnera au concert un élan plus jazzé. Mais c'est Thème et variations de Jean Françaix que l'Autrichien décrit de la manière la plus colorée : «C'est comme un clown sur l'acide, qui fait très, très rapidement des variations complètement folles», illustre-t-il, qualifiant toutefois les autres pièces avec de nombreuses épithètes plus douces.

«Je ne pense pas vraiment à la première impression que je veux faire, parce que si j'y pensais chaque fois où je joue dans un nouvel endroit, je jouerais le même programme et ce serait complètement ennuyant. J'y vais selon ce que j'ai envie de jouer, selon ce qui m'occupe l'esprit, comme ça, je fais une performance plus honnête», explique-t-il.

Jonglant entre The Clarinotts, son festival de musique de chambre - un festival intimiste où l'on mise sur les rencontres musicales et la qualité des interprètes -, sa carrière solo et son poste à l'orchestre, il parvient toutefois à tenir le chaos à distance. «Pour moi, ce serait plus difficile de garder le focus si je faisais toujours la même chose», souligne-t-il.

Son prochain projet de disque portera sur les toutes premières pièces de l'histoire de la musique incluant des solos de clarinettes. «Ça implique une manière de jouer très directe et pleine de virtuosité, qui sollicite directement les émotions», décrit-il.

Outre ses accomplissements musicaux, Ottensamer est un joueur de tennis aguerri et possède un club de football avec son frère. «C'est plus difficile de m'impliquer maintenant que je suis à Berlin. C'est un de nos amis qui le gère et je ne suis plus qu'un membre honoraire. Mais quand je suis à Vienne, j'essaie d'aller les voir jouer», note-t-il. Il a même été brièvement mannequin... «Mais je n'ai rien fait qui mérite vraiment d'être mentionné dans ma bio.»

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