«J'avais l'impression qu'ils applaudissaient ma vie»

Céline Dion lors de son spectacle du 20... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Céline Dion lors de son spectacle du 20 août à l'amphithéâtre.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Céline Dion repart remplie «d'amour et d'émotions» de sa série de cinq concerts à Québec. À quelques heures de sa dernière représentation au Centre Vidéotron, samedi, la chanteuse a confié au Soleil avoir l'impression que cette fois, plus que ses chansons, c'est sa propre vie que le public applaudissait.

Au bout du fil, Céline Dion avait un sourire dans la voix. Lorsqu'elle parlait de sa tournée estivale, elle ne pouvait s'empêcher de dire à quel point elle était heureuse de renouer avec la Belle Province et que, quand viendra le temps de rentrer à Las Vegas, «un petit bout» d'elle restera ici. 

La vedette internationale est revenue sur les moments forts de ses récentes performances, a parlé de son défunt mari et imprésario, René Angélil, a traité de son nouvel album, Encore un soir, en plus d'évoquer quelques souvenirs.

Q Durant votre premier concert au Centre Vidéotron, vous avez dit que Québec avait «le don d'imprimer des images fortes dans [votre] coeur». Quel souvenir allez-vous ramener de ces cinq concerts?

R Plein de choses, mais c'est sûr que c'est l'accueil des gens. Auparavant, les gens applaudissaient parce qu'ils avaient envie d'être au spectacle ou d'entendre leurs chansons préférées, peu importe; mais cette fois-ci j'avais l'impression qu'ils applaudissaient ma vie: les échecs, les étapes, les pertes, René qui est parti, moi qui élève mes enfants. Dans leur regard et leurs applaudissements, j'ai senti qu'ils se posaient la question et qu'ils voulaient faire entendre: «Céline, on est avec toi, es-tu correcte?» C'est comme ça que je l'ai perçu. Et ça, c'est au-delà d'une chanson. Je me suis fait beaucoup critiquer dans ma vie parce que je racontais tous les détails de ce que je vivais, mais je pense que ça m'a aidée et ça a été positif pour moi, parce que quand j'interprète des chansons, maintenant, les gens écoutent d'une autre façon. [...] Comme je suis un livre ouvert et qu'ils connaissent ma vie, je n'ai pas à m'expliquer. Je peux me tromper, je sais qu'ils vont m'aider. 

Q Dans ce nouveau spectacle, vous avez interprété de grands succès, mais aussi des pièces moins connues, notamment de l'album 1 fille & 4 types. Vous vouliez proposer quelque chose de différent?

R Oui, j'ai essayé de convaincre mon équipe de chanter des chansons qui n'étaient pas nécessairement des tubes, des hits, parce que ce spectacle-là, ce n'était pas d'essayer de vendre quelque chose. En général, quand on passe à la télé ou qu'on sort un album, on veut essayer de vendre un produit. J'ai proposé des chansons qui n'étaient pas nécessairement des incontournables parce que j'en avais envie et que c'était l'émotion dans laquelle je me trouvais: c'est un moment, ce n'est pas un show. [...] Mon but, ce n'était pas de jouer des chansons que personne ne connaissait, c'était mon état d'âme. Si mon état d'âme n'est pas sur la scène, je suis déjà déconnectée de moi-même. Et ce n'était pas ça, mon but; mon but, c'était de revenir chez nous et d'être connectée avec mes vraies émotions du moment.

Q Sur votre nouvel album, Encore un soir, on trouve une reprise très personnelle d'Ordinaire, avec des références à votre famille. C'était important de vous l'approprier ainsi?

R Ce n'est pas moi qui ai dicté à Mouffe et à Robert Charlebois que je voulais mentionner ma famille. Au moment où René vivait des difficultés de santé et des traitements à Boston, j'ai fait venir des disques québécois - je n'avais pas amené mon répertoire de chanteurs québécois et ça me tentait d'écouter des chanteurs de chez nous. J'ai reçu plusieurs albums et je suis tombée sur un album de Robert Charlebois, et quand j'ai entendu Ordinaire, j'ai arrêté tout de suite et j'ai dit à René: «Il faut absolument que je fasse la chanson Ordinaire.» Il a dit: «Je sais, c'est un monument.» Et j'ai dit: «Oui, mais je veux vraiment la chanter.» C'est là qu'il m'a dit: «Mais Céline, tu peux quand même pas prendre une bière avec le gros Pierre et commencer à fumer du pot!» J'ai dit: «Ouin, mais est-ce qu'on peut changer les paroles?» Il m'a répondu: «C'est une long shot, je suis pas sûr.» Alors, j'ai fait une demande avec Aldo [Giampaolo, son imprésario] pour que l'on rejoigne ces gens-là. On a demandé à Mouffe et à Robert Charlebois de voir si Mouffe pouvait féminiser la chanson, la mettre à mon image, aussi. Il n'y a pas beaucoup de choses de changées, peut-être huit mots; le monument est là, mais je peux prendre un verre «avec ma mère, mes soeurs, mes frères» au lieu du gros Pierre. 

Q Cette minitournée au Québec a des allures de triomphe. Mais est-ce qu'il vous arrive de quitter la scène et de ne pas être satisfaite?

R Non, parce que je n'ai pas d'attentes. Et quand on n'a pas d'attentes, on ne peut pas être déçu. Je donne le 100 % à chaque fois. Je ne suis pas toujours en super forme, parfois j'ai 60 % de capacité vocale, mais l'énergie, il faut qu'elle soit là à 100 %. [...] J'ai abusé un peu dans cette tournée: normalement, je fais un show d'une heure et demie, une heure quarante, max. Des fois je me fais dire : «Céline, le show a duré 2h30 à soir!» Je fais quasiment des monologues, je suis rendue Yvon Deschamps au féminin, mais je m'amuse parce que je sais que je peux raconter des choses au public.

Q René Angélil a déjà raconté qu'un des points marquants dans votre carrière a été ici, à Québec, lorsqu'il a réussi à vous faire chanter durant la convention internationale réunissant les décideurs de Sony Music. Comment avez-vous vécu ce moment?

R Ce n'est pas dans ma nature de regarder en arrière. René était champion: parce que les chiffres, les moments, tout ce qui passait, il le savait par coeur. Moi, j'ai commencé quand je chantais dans les centres d'achat, c'était ça, mes concerts; je n'étais pas au Centre Vidéotron pantoute et je n'avais pas encore fait de vidéo! J'ai des souvenirs, ça sonne peut-être un peu simplet, mais avec mon mari, on ne pouvait pas passer à côté de voir les Scopitones et de manger des guédilles et des pains de viande. Ça faisait partie de «on va aller à Québec». Les gens d'ici sont extrêmement chaleureux. Il y a quand même eu beaucoup d'émotion qui s'est passée ici. 

Q On avait pris l'habitude d'aller vous voir à Las Vegas. Cet été, c'est vous qui avez décidé de sortir en Belgique, en France et au Québec. Est-ce que c'est une formule que vous comptez reprendre?

R Je n'ai pas le goût de m'en aller! Vegas m'offre une opportunité incroyable d'être stable avec ma famille et d'offrir un spectacle qui est quand même magistral. C'est un spectacle qui va continuer de grandir. Si on renouvelle le contrat dans les prochaines années, ce sera un changement total. Je ne sais pas ce que ce sera encore, mais ça va être complètement un autre show. Mais c'est sûr que je ne me fais pas tordre le bras pour revenir dans mon pays!

La chanson de P!nk déjà enregistrée

Au nombre des prochains projets de Céline Dion? Un nouvel album anglophone. Celui-ci a commencé à prendre forme, puisqu'une pièce a été gravée : «Je suis allée en studio un soir que l'émotion était très près de cette chanson qui m'avait été offerte il y a quelques mois, raconte Céline. La chanteuse P!nk, que j'admire énormément, m'a offert une chanson qui s'appelle Recovering, et je l'ai enregistrée déjà. Donc, ça a bien commencé. Il faut juste que ça continue, et l'important, c'est que je chante des chansons qui me motivent, qui m'impressionnent, qui me transportent, qui me font vibrer, qui peuvent faire passer le message et se rendre jusqu'aux gens.»

Chanter Prince

Parmi les différentes reprises qu'offre Céline Dion, il y en a une qui a pris une signification particulière cette année, avec la disparition de Prince: Purple Rain. Voilà exactement un an que la diva a intégré cette chanson à son répertoire. «Prince est venu voir mon show à quelques reprises à Las Vegas, relate Céline. Je l'ai connu, j'ai eu la chance de le rencontrer personnellement. C'était un honneur qu'il vienne voir mon show. Ç'a été un choc pour tout le monde, son départ, mais déjà, il était avec moi sur scène, alors quand j'ai appris la nouvelle, ç'a été comme le reste du monde : j'ai été très peinée de cette grande perte artistique. C'est pour ça que je continue de la faire, finalement.»

Une demande spéciale

Ce n'est pas un hasard si, dans sa reprise d'Ordinaire, Céline Dion chante «je me fous pas mal de la critique, quand je chante, c'est pour le public» : la chanteuse ne perd jamais de vue ses admirateurs. Ainsi, au terme de notre entretien, elle avait un souhait particulier : «J'espère que vous allez terminer votre article en disant que je veux remercier tous les gens de Québec pour leur accueil. Ç'a été extraordinaire. Je sais qu'on avait quelque chose de spécial ensemble, mais ç'a été cinq spectacles importants pour moi, émotivement. Et je repars encore une fois remplie d'amour et d'émotion.» Voilà qui est fait!

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