Prophets of Rage: unis contre la machine

Prophets of Rage ne veut pas qu'être la... (Courtoisie)

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Prophets of Rage ne veut pas qu'être la voix des Américains qui ne se reconnaissent ni en Clinton, ni en Trump, il compte aussi inciter les Canadiens à changer l'ordre des choses.

Courtoisie

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(Québec) Devant le climat politique qui prévaut aux États-Unis, en cette période d'élection présidentielle, le noyau dur de Rage Against the Machine a décidé de faire équipe avec des membres de Public Enemy et de Cypress Hill. Le supergroupe qui est ainsi né, Prophets of Rage, ne veut pas qu'être la voix des Américains qui ne se reconnaissent ni en Hillary Clinton, ni en Donald Trump, il compte aussi inciter les Canadiens à changer l'ordre des choses.

Bien que la naissance des Prophets of Rage soit toute récente, la bande lance vendredi un mini-album qui donne le pouls de ce qu'il présente sur scène. On y trouve une nouvelle chanson, The Party's Over, ainsi que des reprises énergiques des classiques de Public Enemy, de Cypress Hill ou de Rage Against the Machine. 

Ça ne manque pas de mordant: aux côtés de Chuck D, de DJ Lord et de B-Real, Tom Morello (guitare), Tim Commerford (basse) et Brad Wilk (batterie) affichent leur habituel aplomb. À quelques jours du concert du groupe au Centre Vidéotron, le 30 août, Le Soleil s'est entretenu avec Wilk. 

Q Parlez-moi du lien unique qu'il y a entre vous, Tom Morello et Tim Commerford. Vous avez été ensemble, bien sûr, dans Rage Against the Machine de 1991 à 2000, puis de 2007 à 2011, mais aussi dans Audioslave et maintenant dans Prophets of Rage...

R C'est fascinant pour moi que nous soyons capables, tous les trois, de nous réunir dans différentes situations et de faire de la musique puissante. Nous ne tenons pas pour acquise la chimie qui nous unit. Je crois que c'est quelque chose de vraiment spécial, qui arrive lorsque nous créons ensemble. Nous n'avons pas à en parler, c'est presque de la télépathie. Et lorsque vous ajoutez le talent incroyable de Chuck D, de B-Real et de DJ Lord, ça apporte une nouvelle dynamique à notre propre dynamique. Et c'est ce qui est excitant : de faire quelque chose de neuf.

Q Le groupe s'est rassemblé en réaction à ce qui se trame dans la politique américaine. Racontez-moi comment tout a démarré, le quand et le comment...

R On s'est réuni il y a environ quatre mois. C'est donc arrivé très rapidement. J'ai reçu un appel de Tom, et la première chose dont on parlait était de cette période d'élections et que ce serait bien de ramener ces chansons. On vit dans une période où les gens se sentent entièrement abandonnés par le système, ils sentent que les structures en place ne travaillent plus pour eux, qu'ils ne peuvent plus être écoutés. Vous avez le choix entre Hillary Clinton et Donald Trump... C'est une période intéressante en Amérique présentement, et je crois que les gens ont besoin de rester branchés et d'être fort conscients de ce qui se passe. On est là pour ceux qui sentent qu'ils n'ont pas de canaux pour se faire entendre et notre idéal est de dire : «Si vous voulez changer l'État dans lequel vous vivez, n'attendez pas après l'un de ces politiciens pour le faire, car ça n'arrivera pas : vous devez commencez par vous-mêmes, en vous levant, chaque jour et vous battre pour ce à quoi vous croyez, en commençant par votre propre communauté.»

Q Évidemment, les Canadiens ne votent pas à la présidentielle américaine. Est-ce que les concerts ici ont la même signification pour vous?

R Que ce soit en Amérique du Nord, en Amérique du Sud ou en Europe, la même chose s'applique. Le message au Canada est le même : il y a plein de problèmes ici aussi. Levez-vous pour faire valoir ce à quoi vous croyez et n'attendez pas après les politiciens pour changer le monde.

Q Vous avez une nouvelle chanson, The Party's Over, et de nouvelles versions de titres déjà existants, comme Prophets of Rage, Killing in the Name ou Shut 'Em Down. Comment avez-vous abordé tout ça? Est-ce un travail collectif?

R Oui, on s'est tous retrouvés dans une pièce et on a donné forme à ça comme des grands! On a vraiment une excellente complicité. Il y a tellement de talent, et d'avoir Chuck D, B-Real, DJ Lord, quand je regarde ça lorsqu'on joue, le tableau des fréquences est complet : chacun a son propre espace et c'est un son vaste. C'est bien de créer avec ces gens, en plus de jouer des pièces plus anciennes et de nouveaux arrangements.

Q Est-ce un peu déprimant de constater que vos chansons qui datent d'une vingtaine d'années sont encore d'actualité, ce qui laisse entrevoir que les choses n'ont pas changé depuis?

R Oui, c'est fou. C'est incroyable que le message soit encore sinon plus pertinent 20 ans plus tard. C'est la vérité et c'est l'une des raisons pour lesquelles on devait se réunir. On a cet important répertoire de trois groupes différents : on a tous quelque chose à dire. On avait tous nos raisons de sortir, en particulier durant cette année électorale, aux États-Unis. 

Q Un mini-album vient de paraître et permet d'apprécier ce que Prophets of Rage peut faire avec le plus vieux matériel, mais souhaitez-vous retourner en studio pour créer de nouvelles compositions?

R Absolument. On apprécie vraiment la complicité qu'il y a dans Prophets of Rage en ce moment. On a énormément de respect les uns envers les autres et on a beaucoup aimé aller en studio et travailler avec Brendan O'Brian. Le but est que ça se poursuive : continuer de faire ce que l'on fait : des shows, connecter avec les gens, aller en studio pour écrire des chansons et les faire paraître. L'idée est de rester bien vivant.

Q Comment abordez-vous ces pièces de Public Enemy, de Cypress Hill ou même des Beastie Boys, qui, au départ, étaient servies par des boîtes à rythmes et des programmations?

R Quand on écrivait les pièces de Rage Against the Machine avant même que le premier album ne paraisse, on allait aux répétitions en écoutant des chansons de Cypress Hill et de Public Enemy. C'était nos deux influences hip-hop majeures. [...] C'était une portion de RATM qu'on essayait de reproduire, tout en ajoutant notre propre touche. How I Could Just Kill a Man de Cypress Hill était sur notre dernier album, et Public Enemy nous avait pris sous son aile avant même que notre premier album ne paraisse... Jouer du hip-hop ou des pièces à teneur hip-hop, c'est un naturel pour nous.

Rêve d'ado avec Black Sabbath

L'album 13 de Black Sabbath, qui a marqué le retour d'Ozzy Osbourne et qui sera vraisemblablement le dernier enregistrement studio du groupe, s'est fait sans Bill Ward, à la batterie. Pour faire le boulot, le groupe s'est tourné vers nul autre que Brad Wilk, de Rage Against the Machine et d'Audioslave. Lorsqu'il en parle, même au téléphone, à travers une ligne à la qualité sonore aléatoire, on sent un sourire se dessiner sur le visage du musicien.

«C'était incroyable pour moi! À 14 ans, j'essayais de reproduire ce que faisait Bill Ward et Black Sabbath - j'étais tellement fan du groupe... Je passais plein de temps devant la table tournante pour apprendre les pièces! Alors, quand j'ai reçu un coup de fil et que j'ai commencé à jouer avec eux, j'étais intimidé : j'avais de la misère à y croire au départ!»

«On a répété environ 16 pièces pendant deux semaines, poursuit-il. Ç'a filé à toute allure, mais quelle aventure formidable pour moi de jouer avec mes héros! Ce sont vraiment de bons gars! On a enregistré dans les studios de Shangri-La, à Malibu. Lorsque j'étais ado, j'allais à la plage avec mon ghettoblaster en faisant jouer du Black Sabbath. Et durant l'enregistrement de l'album, quand je prenais des pauses, je voyais l'endroit des sauveteurs où je me tenais quand j'avais 14 ans! Qui aurait cru que je ferais de la musique, là, bien des années plus tard avec Black Sabbath!

Audioslave, tôt ou tard

Lorsque Audioslave a tiré sa révérence, en 2007, il semblait que ce soit pour de bon. Mais depuis, autant le chanteur Chris Cornell que le guitariste Tom Morello ont commencé à ouvrir la porte à une possible réunion. Selon le batteur Brad Wilk, ce n'est qu'une question de temps avant qu'Audioslave ne connaisse un second souffle : «On en a parlé durant les dernières années, mais la vérité est qu'on a toujours été amis et on a énormément de respect les uns envers les autres. Il faut simplement trouver le moment. Chris fait ses trucs présentement, nous sommes occupés sur autre chose dans l'immédiat, mais qui sait ce qui arrivera dans l'avenir? On ne sait jamais!»

Vous voulez y aller?

Qui: Prophets of Rage avec Awolnation

Quand: 30 août, à 19h

Où: Centre Vidéotron

Billets: 28,50 $ et 83,25 $

Infolecentrevideotron.ca

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