Le Studio d'opéra: querelles de prima donna

Dominic Veilleux et Andréanne Guay jouent dans Prima la... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Dominic Veilleux et Andréanne Guay jouent dans Prima la musica.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CRITIQUE / Nouveauté cette année au Festival d'opéra de Québec, le Studio d'opéra permet à de jeunes interprètes de faire valoir leur savoir-faire dans deux courts opéras de Mozart et de Salieri. On y assiste coup sur coup à deux farces lyriques où l'enthousiasme des chanteurs compense pour l'humour empoussiéré et moliéresque de la proposition.

À leur création en 1786, Prima la musica, poi la parole et Le directeur de théâtre ont été présentées le même soir, à la demande de l'empereur d'Autriche, à deux extrémités d'une grande salle dans une sorte de compétition dont Salieri sortit vainqueur. Toutes deux nous amènent en coulisses, où poète, maestro et directeur de théâtre se démènent pour créer des opéras dans des conditions impossibles, interrompus par les prestations impromptues et les querelles hystériques des prima donna en devenir.

On aurait bien imaginé la scène en plein air ou aux deux extrémités de la salle de bal du Hilton ou du Château Frontenac, où les spectateurs auraient pu butiner d'une proposition à l'autre avec un verre de champagne entre les mains. L'expérience aurait été tout autre qu'en rapport frontal au théâtre de La Bordée, tristement rempli au tiers lors de la première, dimanche soir.

Quelques rires ont bien fusé au fil des quiproquos et des boutades qui ponctuent les deux histoires, mais disons que l'humour désuet agace plus qu'il n'amuse. Les querelles de coulisses faisaient peut-être bien rire les gens de l'époque, au courant des litiges et des tours de passe-passe qui avaient mené à la création de tel ou tel opéra, mais, 250 ans plus tard, les problèmes de maîtresses du marquis untel nous paraissent bien lointains.

Les imposantes et inventives perruques de mousse - piquées de fleurs, de papillons et de diverses décorations excentriques - de Guylaine Petitclerc, les costumes de Danièle Boutin et les maquillages de Geneviève Tremblay transforment les interprètes en personnages grotesques et contribuent grandement à l'intérêt de la proposition. 

Les jeunes interprètes se lancent avec passion dans l'interprétation de leurs rôles. L'excès devient parfois comique, comme lorsque Andréanne Guay, en Tonina, se jette à plat ventre pour clore une séquence de chant complètement déjantée dans l'opéra de Salieri, ou encore lorsque Élisabeth Boudreault se laisse tomber d'un homme à l'autre pour une séquence de vocalises dans celui de Mozart. Dans le jeu, toutefois, un regard bien placé aurait souvent été plus efficace qu'une avalanche de mimiques lourdement appuyées. 

La mise en scène de François Racine est ingénieuse et par moments très efficace, mais la construction même des oeuvres crée plusieurs creux et répétitions où l'intérêt du spectateur se relâche. 

Le chant, ici, est au service de l'humour et s'efface un peu derrière les débordements de l'interprétation théâtrale. La puissance et le volume sont encore à développer dans certains passages, mais tous suivent la partition avec justesse, accompagnés au piano par Maurice Laforest. 

Le spectacle sera à nouveau présenté le mardi 2 août et le vendredi 5 août à La Bordée.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer