Dumaux et les Violons du Roy, un pur ravissement

Le contre-ténor Christophe Dumaux, le chef Bernard Labadie... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le contre-ténor Christophe Dumaux, le chef Bernard Labadie et les Violons du Roy ont offert une expérience musicale d'une rare beauté, mardi soir, au Palais Montcalm.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / En invitant Christophe Dumaux à chanter les airs du rôle-titre de Giulio Cesare de Handel avec Les Violons du Roy, le Festival d'opéra nous a conviés à une expérience musicale d'une rare beauté. Le récital a été un enchaînement de moments de pur ravissement.

Élégant, altier, fort expressif, le contre-ténor Christophe Dumaux a livré une performance inoubliable. Sa voix sublime est capable d'ornementations et de trilles complexes et rapides, mais aussi de notes soutenues d'une clarté luminescente. Si cette voix était un être humain, elle serait une acrobate funambule qui s'élance avec légèreté d'une étoile à l'autre.

L'autre star de cette soirée était la violon solo Véronique Vychytil, une musicienne lumineuse et posée, dont les envolées ont mené les deux concertos grosso interprétés par Les Violons entre les airs chantés et dont les notes ont brillamment dialogué avec la voix du contre-ténor pendant les chants du 2e acte.

Le chef Bernard Labadie a longuement et habilement présenté l'oeuvre au programme, question de nous faire prendre conscience de toutes ses implications. Handel, «un peintre de l'émotion et de l'âme», s'est dédié à l'opéra dès ses 20 ans, a fait jouer des oeuvres en italien devant le public londonien, qui devait faire fi, outre la langue, des irrégularités de la fable et des invraisemblances qui venait avec l'opera seria. «Donc si vous avez un peu de mal à suivre en lisant les paroles, dites-vous que vous êtes en train de vivre une expérience baroque authentique», a lancé le chef avec un sourire.

Entrer dans un opéra par un récital et avec les airs d'un seul personnage, fût-il le personnage principal, donne l'impression d'assister à un monologue troué, où toutes les facettes du héros nous sont révélées. Dumaux a incarné un Jules César victorieux, amoureux, en proie aux questionnements existentiels, mais surtout un être de chair et de sons, complètement fascinant. 

Au rappel, avant lequel nous avons malheureusement dû nous éclipser pour écrire, le Français a chanté Sorge nel petto, de l'opéra Rinaldo de Handel.

Instrument grinçant

Il y avait seul bémol dans ce déferlement de perfection... La chaise du chef s'est transformée à plusieurs moments en un instrument grinçant, discret mais tout de même perceptible dans les premières rangées. Il faut dire que Bernard Labadie y saute et s'y propulse avec un enthousiasme perceptible, guidant de gestes caressants et précis tout son orchestre. Après seulement quelques semaines sans les entendre, on s'ennuyait déjà du jeu raffiné et inspiré des Violons du Roy. 

La voix de Dumaux, quant à elle, nous restera longtemps en mémoire.

Le spectacle était présenté une seule fois, mardi soir, au Palais Montcalm. Le festival d'opéra de Québec se poursuit jusqu'au 6 août.

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