Def Leppard: de l'hystérie, du sucre et des morsures

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(Québec) Les vétérans de Def Leppard mettent une nouvelle fois le cap sur Québec. Les rockers britanniques, auxquels on doit les Pour Some Sugar on Me, Love Bites et autres Hysteria, débarqueront samedi, au Centre Vidéotron, avec leur arsenal de succès auxquels ils comptent ajouter un peu de nouveau matériel, question de prouver qu'ils n'ont pas encore tout dit. Nous avons jasé longévité, création et défis avec le chanteur du groupe, Joe Elliott.

Q Vous avez dû remettre une série d'engagements en début d'année, car vous étiez victime d'une laryngite. Pour un chanteur, l'idée de perdre la voix est-elle quelque chose de terrifiant ?

R Je ne dirais pas que j'étais terrifié. C'est juste la pensée de ce qui pourrait arriver. On est tous comme ça, rendus à un certain âge. Peu importe ce que vous faites pour gagner votre vie, il vient un temps où vous commencez à réaliser certaines choses. Si vous avez 35 ans et que vous êtes joueur de football professionnel, vous commencez à comprendre que votre règne achève... Il y a des gens qui peuvent poursuivre plus longtemps, d'autres moins. Quand des trucs comme ça surviennent, vous êtes toujours conscient que c'est une possibilité. Vous devez penser positivement, c'est tout ce que vous pouvez faire.

Q Votre album éponyme, paru l'an dernier, a bien fonctionné. Comme c'est plutôt difficile de défendre du nouveau matériel à cette période de votre carrière, j'imagine que vous avez été heureux de cet accueil ?

R On est toujours contents de jouer les hits parce qu'on les a écrits, ce sont nos bébés et on est fiers que les chansons que nous avons écrites soient des succès. [...] Mais ce qui rend ça plus plaisant de jouer les vieilles chansons, c'est de continuer d'en amener de nouvelles de temps à autre. C'est un problème auquel doit faire face n'importe quel band qui a plus de 20 ans. Des groupes comme nous, U2, Iron Maiden, Duran Duran, Spandau Ballet, Depeche Mode, on a tous le même âge et les fans viennent, car ils étaient fans dans les années 80 et veulent entendre le matériel des années 80 et des années 90. En même temps, les groupes veulent jouer du nouveau matériel et sentent la nécessité de trouver un juste équilibre et c'est ce que vous devez faire. Tant que vous ne vous gâtez pas trop, vous pouvez trouver le juste équilibre. Je crois que n'importe quel groupe qui joue entre sept et neuf chansons d'un nouvel album joue avec le feu, avec l'exception de U2. Si tu en joues trois ou quatre, ou deux ou trois, je ne crois pas que tu abuses. 

Q Sur le nouvel album, ça décolle avec votre son et votre tempo typiques, puis vous essayez autre chose, comme Man Enough, qui est funky ou encore We Belong, où vous partagez le micro avec les gars. C'était important ces différentes expériences ?

R Oui. Je partage le micro avec tout le monde sur We Belong. Je croyais que ce serait une bonne idée : ça fait des années qu'on complimente le groupe sur la qualité des choeurs, alors j'ai pensé que ce serait bien d'entendre les gars individuellement. J'ai fait un texte où ils pourraient être à l'aise et ç'a plutôt bien marché. [...] On est assez intelligent pour savoir qui on est, alors on a lancé l'album dans une approche typique de Def Leppard. Quand vous achetez un nouvel album de Pink Floyd, vous espérez que ça sonnera un peu comme Wish You Were Here et Dark Side of The Moon, mais pas trop... Je crois que c'est un bon équilibre entre ce à quoi les gens s'attendent et jusqu'où vous pouvez pousser sur le plan sonore.

Q Depuis quelques années déjà, l'un des guitaristes du groupe, Vivian Campbell, combat un cancer. Comment va-t-il ?

R Je ne suis pas à chacun des rendez-vous avec son médecin, mais aux dernières nouvelles, il avait ce nouveau traitement qui n'implique plus de chimiothérapie et les tumeurs ne grossissaient plus, mais rapetissaient possiblement, alors ça semble fonctionner. Il fait tout pour rester très positif par rapport à ça et continuer à travailler, alors autant que je sache, on s'en va dans la bonne direction. 

Q L'arrivée du grunge n'a pas nécessairement été facile pour vous, mais alors que des formations ont tout simplement disparu, vous avez persévéré. Sentiez-vous que, tôt ou tard, le vent soufflerait de nouveau pour vous ?

R En quelque sorte, oui. On avait et on a toujours une bonne équipe de gérance et il ne faut pas perdre de vue les faits. Les années 90 semblent difficiles, car on ne croit que ce que les médias écrivent, mais quand sont arrivés Nirvana, Alice In Chains et Pearl Jam, on croyait que c'était la mort des vieux bands des années 80. Nos gens nous ont regardés en disant «écoutez, l'industrie change quelque peu, mais voici l'affaire : vous continuez de vendre deux fois plus de billets de spectacle qu'eux, alors ils peuvent vendre 9000 billets, mais vous en vendez encore 18 000.» Alors qui souffre ici ? Quelle est la vérité dans tout ça ? Êtes-vous forcé de quitter ? On ne s'est jamais rendu à jouer dans des allées de bowling, on jouait devant de grosses foules de la même la manière que les Stones ou McCartney. Et d'ailleurs, même les Stones et McCartney sont passés par des phases où les gens disaient «c'est terminé» et ils revenaient et remplissaient des stades. Quand on connaît les faits, si on continue, la roue continue de tourner et à un moment donné, la marque qui est en dessous remonte en haut. Pour nous, c'était une question de persévérance. [...] Et on adore ce que l'on fait. On ne le fait pas pour l'argent. C'est une vocation pour nous.

Q Votre ami David Coverdale de Whitesnake a évoqué sa retraite pour 2017. Sentez-vous, comme lui, que vous approchez du fil d'arrivée ?

R Je reviens souvent à l'image des joueurs de football, mais il y en a qui continuent à jouer à 40 ans, alors que d'autres sont partis à 31 ans... Peut-être que David veut simplement passer plus de temps à la maison. Et puis il ne faut pas oublier qu'une bonne part du matériel de Whitesnake est incroyablement exigeant au plan physique. Ce n'est pas un répertoire de crooner, avec Fly Me To The Moon ; David met une grande somme d'efforts et plus vous vieillissez, plus c'est difficile. À un moment donné, vous vous demandez «combien d'argent ai-je encore besoin, combien d'énergie je veux encore mettre. Je ne veux pas mourir dans le milieu d'une ville perdue, loin de ma femme et de mes enfants. Je veux être avec ma famille !» Il y a des milliers de pensées qui vous habitent quand vous êtes David Coverdale, j'imagine. Officiellement, c'est sa dernière tournée. Je ne suis pas super surpris, j'espère seulement qu'il est heureux. Vous savez, on se donne tellement au public que parfois, il ne veut pas vous redonner, vous laisser partir... Et je crois que de faire une telle annonce, c'est une brave décision. À un moment donné, il faut partir. Ou bien les gens ne vous veulent plus, ou vous en avez assez. Si vous êtes chanceux, c'est vous qui prenez la décision plutôt que les gens qui la prennent pour vous.

La croisière maudite

À l'instar de plusieurs de ses pairs, Def Leppard a voulu mettre sur pied une croisière rock durant laquelle le groupe jouerait pour ses fans dans différents contextes, en compagnie d'invités. Or ce qui a été baptisé Hysteria On High Seas a pris l'allure d'un long et interminable cauchemar que Joe Elliott et ses comparses préféreraient sans doute oublier.

Dès le départ, les ventes de billets n'étaient pas au rendez-vous, si bien que cette croisière réservée aux fans a été ouverte au grand public. Une fois les voiles mises pour l'aventure, qui démarrait et se terminait à Miami, du 21 au 25 janvier, les malheurs se sont succédé. Une halte était prévue sur une île privée, ce qui n'a pu être effectué en raison de la météo peu clémente. Ensuite, Joe Elliott a contracté une laryngite, ce qui l'a empêché de chanter et a donné lieu à la seule performance du groupe où il était spectateur... Comme si tout ça n'était pas suffisant, l'ancien bassiste de Dio, Jimmy Bain, qui devait jouer avec le groupe Last In Line, est mort à bord, des suites d'un cancer du poumon.

«Tout ce qui pouvait mal tourner a mal tourné, constate Joe Elliott. Ce n'était pas la meilleure expérience que nous avons vécue. L'idée derrière tout ça était bonne, mais c'est comme ça que ça s'est passé... Mais si on prend cet événement au regard de ce qui est survenu dans l'univers du rock en général, en janvier [ça relativise les choses] : on a perdu David Bowie, on a perdu Glenn Frey, on a perdu Buffin de Mott the Hopple. Les musiciens sont décédés sur une base journalière durant le mois de janvier, alors comparé à ça, moi qui perds la voix, c'est anodin. Quant à la croisière, de voir Jimmy mourir était plus déchirant que tout ce à travers quoi je suis passé. Il n'y a rien de plus final que la mort... Janvier et le bateau, ce n'était pas du grand plaisir...»

Vous voulez y aller ?

Qui : Def Leppard avec Reo Speedwagon et Tesla

Quand : 25 juin

Où : Centre Vidéotron

Billets : 50,50$ à 142$

Info : lecentrevideotron.ca

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