Comédie dans le noir: l'humour est aveugle

Les blagues de Franky, avec son personnage à... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Les blagues de Franky, avec son personnage à la voix traînante, auraient peut-être mieux fonctionné avec des mimiques pour les appuyer.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CRITIQUE/ Après avoir zigzagué dans les vétustes couloirs de velours qui jouxtent le Cabaret D'Youville (autrefois du Capitole), on atteint le Salon rouge, une petite salle où le ComediHa! propose au public de venir à la rencontre de quelques humoristes qui livreront leurs gags en étant complètement plongés dans le noir.

Étienne Dano, qui assurait l'animation de la première soirée Comédie dans le noir, mercredi soir, a exposé fermement les conditions d'une expérience réussie. En bannissant les cellulaires et les chuchotements, il s'assurait, par la bande, d'avoir un public réceptif et réactif avec plus d'efficacité que n'importe quel réchauffement de foule pré-gala.

Il faut dire que l'écoute se transforme d'elle-même sitôt qu'on est plongé dans le noir. Celui-ci était presque total, hormis des lueurs venant de la sortie principale et des coulisses. Même les escaliers des gradins et les sorties d'urgence étaient invisibles - ce qui frôle l'illégalité dans une salle de spectacle, mais qui s'avère utile pour les besoins de l'expérience.

Dano a en main une lampe de poche pour éclairer le visage des humoristes invités à la fin des numéros, mais toute source de lumière pendant ceux-ci risque de brûler les punchs... Comme le technicien qui manipulait son cellulaire en coulisse et qui nous a révélé avant la fin que Pierre Bruno Rivard effectuait son numéro en bobettes. Le jeune homme s'en tirait jusqu'alors plutôt bien en enchaînant les blagues sur tout et sur rien et avait le mérite d'essayer de tirer profit de ce contexte de l'humour à l'aveugle.

On a pu constater que ce qui fonctionne le mieux, justement, dans le noir, est de jouer avec ce paramètre inédit, en imitant des voix de personnes célèbres ou en simulant des gags visuels, par exemple, ce qui faisait immanquablement rire le public.

Sèxe Illégal

Le duo Sèxe Illégal a brisé la glace en déclarant qu'ils étaient les Soeurs Boulay. Leur chanson pour Marcel Aubut, rebaptisé «le macho pichou», s'est avérée particulièrement efficace dans la pénombre.

On a pu apprécier le talent d'auteur et d'interprète d'Alexandre Bisaillon avec un numéro bilingue qui l'amène à emprunter plusieurs voix. En revanche, les blagues de Franky, avec son personnage à la voix traînante, auraient peut-être mieux fonctionné avec des mimiques pour les appuyer.

Somme toute, l'expérience s'est avérée des plus intéressantes et donnait une aura inusitée à un concept de cabaret mille fois exploité. Et pas besoin d'y passer la soirée : en une heure, le spectacle est clos.

Comédie dans le noir est de nouveau proposé, avec Étienne Dano ou Matthieu Peppers à l'animation et des invités différents chaque soir, les 9, 10, 11, 15, 16, 17 et 18 juin à 19h30.

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