Une page se tourne pour Thomas Fersen

«Tout ce que j'écris est tourné vers le spectacle... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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«Tout ce que j'écris est tourné vers le spectacle vivant. La manière avec laquelle j'écris des chansons fait qu'elles ne sont pas destinées au disque. Elles sont pensées pour être incarnées sur scène», raconte Thomas Fersen.

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(Québec) Toujours lui-même, mais jamais tout à fait le même d'un album à l'autre, Thomas Fersen a habitué ses fans à de fréquents changements de paysage. Visiteur assidu, le Français revient de notre côté de l'Atlantique avec un spectacle dans lequel il marie ses pièces à des monologues en vers qu'il décrit comme des «chansons parlées».

Avant une tournée éclair qui l'amènera cette semaine à Québec, à Tadoussac et à Montréal, l'auteur-compositeur-interprète et maintenant monologuiste s'est entretenu avec Le Soleil à propos du virage plus théâtral qu'il est en train de faire prendre à sa création.  

Q Comment vos monologues sont-ils nés? 

R Un jour, j'avais fait un texte qui était a priori destiné à devenir une chanson. Ce texte m'amusait beaucoup et avant d'en avoir fait la musique, je l'ai dit un soir de spectacle. Et le public s'est amusé avec moi. Alors, j'ai recommencé. Il y a deux ans et demi, j'ai eu envie de développer ce nouveau genre parce que je sentais qu'il y avait des perspectives qui s'ouvraient à moi. J'ai eu aussi une expérience de théâtre qui m'a donné envie de dire mes propres textes. Tout ça combiné m'a amené à dire des monologues. J'ai en maintenant presque une vingtaine et j'ai le projet de les publier, avec des illustrations.

Q Votre prochain projet sera donc littéraire et non musical?

R Je suis aussi en train d'enregistrer un disque en ce moment. Il devrait arriver au mois de janvier 2017. Et j'ai un autre projet de théâtre à l'automne 2017 qui pourrait aussi venir au Québec. Ça se bouscule un peu et c'est sans doute pour ça que je ne suis pas allé vous voir depuis deux ans. 

Q Quelle place prend la tournée dans cet agenda chargé?

R Je ne peux pas me passer du spectacle vivant. Tout ce que j'écris est tourné vers le spectacle vivant. La manière avec laquelle j'écris des chansons fait qu'elles ne sont pas destinées au disque. Elles sont pensées pour être incarnées sur scène. Ce sont toujours des histoires, des personnages qui parlent et non pas une peinture de mes états d'âme ou de la société. Bon, je finis quand même par parler de la société à travers mon personnage, à travers la façon dont il se comporte et ce qu'il dit de lui. 

Q Pourquoi avez-vous choisi le piano pour ce spectacle?

R C'est une ambition très ancienne de m'accompagner au piano sur scène. J'ai progressé petit à petit vers cet objectif. Et j'ai beaucoup travaillé parce que je composais au piano, mais ce n'est pas du tout la même chose de s'accompagner sur scène, devant du monde! J'ai ma fragilité, mais elle est spectaculaire... En tout cas j'espère!

Q Et pourquoi miser sur le solo?

R Quand on est tout seul, on est obligé d'aller vers le public et de fusionner avec lui encore davantage. Il n'y a pas de complicité sur scène. La seule complicité qu'on peut trouver, c'est avec le public. C'est un absolu qui me réjouit. 

Q Y voyez-vous une manière de renouveler l'expérience de scène?

R Oui, et je pense que je vais surtout à l'essentiel, à la vérité de ce que je cherchais depuis des années. Ce n'est pas juste un épisode pour moi. Je pense qu'il y a vraiment une page qui se tourne. Je suis en train de préparer un spectacle où il y aura toujours ce fil narratif, où je serai parfois accompagné, mais où il n'y aura plus cette notion de groupe comme elle a pu exister dans le passé. C'est là où les perspectives s'ouvrent pour moi, me donnent envie à nouveau. Et je me mets à travailler, quoi, moi qui suis paresseux!

«Moi, l'industrie [du disque], ça ne m'avait jamais... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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«Moi, l'industrie [du disque], ça ne m'avait jamais intéressé dans ma vie. Mais on est bien obligé de s'y intéresser parce que c'est la garantie de sa liberté...», reconnaît Thomas Fersen. 

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Q Comment vivez-vous tout le bouleversement dans l'industrie du disque?

R Bien sûr, je le sens. Et c'est même assez pénible d'être obligé de s'intéresser à ce point à l'industrie. Moi, l'industrie, ça ne m'avait jamais intéressé dans ma vie. Mais on est bien obligé de s'y intéresser parce que c'est la garantie de sa liberté... 

Q Dans cette époque où les chansons s'achètent souvent à la pièce, pensez-vous en termes de single? Vous demande-t-on de le faire?

R Oh non! Depuis deux albums, je suis mon propre producteur. Et je suis encore en train de changer mon rapport à l'industrie. Je veux encore plus de liberté. En même temps, c'est une liberté qui a un coût. Être producteur, c'est compliqué et ça me fait faire des choses que je n'ai pas forcément envie de faire. Mais c'est la garantie de pouvoir continuer à faire ce que j'aime comme je l'aime. 

Q Cette volonté de proposer des projets plus théâtraux, est-ce une manière pour vous de vous distancier de tout ça?

R C'est une chose pour laquelle l'industrie du disque ne se sent pas très concernée. En allant plus vers le spectacle vivant, je change un peu de corporation. Je suis obligé de construire mes projets autour de cette transformation qui est la mienne. J'ai toujours eu ce rapport théâtral du jeu avec les gens. J'en suis venu à structurer ce que je disais au public, à l'écrire et à le travailler comme je travaille mes chansons. J'ai senti cette nécessité à un moment. C'est venu à la fois naturellement et de façon réfléchie. Et aujourd'hui, je me rends bien compte que ma façon de travailler va plus vers un public un peu plus théâtral et un peu moins pop. 

=> Vous voulez y aller?

  • Qui : Thomas Fersen
  • Quand : jeudi à 20h
  •  : Grand Théâtre (salle Octave-Crémazie)
  • Billets : 43,50 $
  • Tél. : 418 643-8131
  • Quand : vendredi à 20h
  •  : salle Marie-Clarisse de l'Hôtel Tadoussac
  • Billets : 30 $ 
  • Tél. : 418 235-2002

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