Mumford & Sons: au-delà des apparences

Winston Marshall : «Quand on a formé le groupe, la...

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Winston Marshall : «Quand on a formé le groupe, la raison principale était de pouvoir voyager, de partir en tournée. Ce n'est plus l'unique raison, car nous aimons tellement faire de la nouvelle musique et désormais, le spectacle dure entre 1 heure 30 minutes et 2 heures, alors qu'à l'époque il durait 20 minutes...»

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(Québec) Les Britanniques de Mumford & Sons ont conquis la planète avec leurs chansons carburant à une énergie rock, servies dans un emballage folk. Lors de leur première visite à Québec, samedi prochain, c'est cependant à quatre musiciens qui ont élargi leur terrain de jeu qu'on aura affaire: les gars ont lancé un troisième album, Wilder Mind, qui incorpore une instrumentation électrique, et s'apprêtent à publier un maxi à teneur world, Johannesburg, enregistré en Afrique du Sud.

Lorsqu'il est question de Mumford & Sons, il faut voir au-delà des apparences. Il y a d'abord ce nom, qui laisse croire à une famille, alors que Marcus Mumford (voix principale, guitares électrique et acoustique, batterie), Ben Lovett (voix, claviers), Winston Marshall (voix, guitare électrique, banjo) et Ted Dwane (voix, basse, contrebasse) sont essentiellement des frères de son. Ensuite, ces tonalités folk des premières années, qui cachaient plusieurs titres de facture rock. Et si, récemment, les gars ont décidé de se brancher dans les amplis, ils ne tournent pas le dos à l'univers acoustique non plus... Une constante, toutefois: la passion du quatuor pour les spectacles et les tournées. Le Soleil s'est entretenu avec Winston Marshall.

Q Vous vous arrêterez à Québec pour la toute première fois...

R Finalement! Je ne peux pas croire qu'on n'y soit jamais allé! On est allé plusieurs fois à Montréal et jamais à Québec. Mais vous savez quoi? Ce n'est pas faute d'avoir essayé. On veut jouer davantage de spectacles à l'extérieur. C'est juste qu'il y a eu des embûches. Mais cette fois, on se disait qu'on devait aller ailleurs. Et ce n'est pas que ça: on a eu plein de bons mots sur Québec, alors on est très excités d'y aller.

Q Il semble que vous teniez à ce que ce soit un spectacle extérieur. Pourquoi cet aspect était si important?

R On adore jouer à l'extérieur. Je parlais tout récemment à quelqu'un qui avait été sur la tournée des White Stripes au Canada, vous savez, lorsqu'ils ont joué à plein d'endroits inusités, et on veut faire ça. Je crois que la dernière fois qu'on a fait ça dans l'est du Canada, c'était au lac Simcoe, et la température est tellement géniale à ce moment de l'année qu'on se demande ce qu'on ferait à l'intérieur. À titre d'Anglais, nous devons profiter du beau temps!

Q Marcus Mumford a déjà affirmé que le nom du groupe était une erreur, car il ne représentait pas le côté collectif du band. Et que même votre look à l'ancienne des débuts, qui avait pour but de cacher son excès de poids, était une erreur. Est-ce à dire que le son folk des débuts était aussi une erreur?

R Je dirais «accident», plutôt qu'«erreur». Ce n'était pas une erreur, car nous n'avions rien planifié. C'est arrivé ainsi. Et il y avait des trucs plus gênants que d'autres - je portais vraiment des vêtements gênants! Mais bon, c'est ce que l'on fait. Donc, je crois que ce n'était que très naturel, qu'importe ce qui nous excitait ou stimulait notre imagination, en particulier musicalement... Les noms de groupe sont difficiles à dénicher, à part les Rolling Stones, qui était vraiment un bon nom... The Beatles est un mauvais nom, peut-être l'un des pires, mais c'est devenu génial, car c'est les Beatles... 

Q Avec l'album Wilder Mind, paru l'an dernier, vous avez délaissé l'instrumentation acoustique au profit de l'électrique, mais sur les planches, est-ce que vous gardez les arrangements originaux des deux premiers albums ou est-ce que vous les revoyez?

R Nous avions pris une pause avant de faire l'album, puis après l'enregistrement, nous avons tenté de réarranger les pièces d'une nouvelle manière et nous nous sommes rendu compte que ça sonnait mieux avec les instruments que l'on utilisait auparavant. Ils sont assez singuliers et lorsqu'on joue dans un contexte rock, ça cadre vraiment bien avec ces chansons, ça leur donne une saveur particulière. Ces moments sont heureux, on les conserve, même si ça peut donner l'impression d'un show de variétés d'une certaine manière. Mais ça se mélange bien.

Q Selon Marcus, vous êtes celui qui pousse le groupe sur le plan musical. De quelle manière?

R Je crois que l'on fait tous ça. À titre de groupe, on se lasse de faire certaines choses trop longtemps. On s'excite devant les nouvelles instrumentations, les nouveaux gadgets, les nouveaux jouets. On a tellement tourné avec la contrebasse, le banjo, les guitares acoustiques, qu'une fois rendu à la maison, on voulait jouer avec autre chose: de la guitare électrique, plus de batterie, et je crois qu'on a toujours voulu des choses qui nous excitaient davantage, de nouveaux jouets et désormais, on a toutes sortes de gadgets, qu'on ne sait pas trop comment utiliser. On ne sait pas comment s'en servir, mais c'est pourquoi c'est le fun : parce qu'on n'a aucune idée de ce que l'on fait!

Q Wilder Mind a vraiment divisé les critiques : il y a d'un côté ceux qui ont aimé et de l'autre ceux qui n'ont pas apprécié. Ça vous a surpris, ces extrêmes?

R Pas vraiment. On ne peut pas plaire à tous, il n'y a pas d'album qui peut plaire à tous, sauf les albums des Beatles. Et même là, ma mère n'aime pas tous les albums des Beatles! Je ne crois pas qu'on s'est souciés de ça. À titre de groupe, on essaie tout simplement de s'impressionner les uns les autres, avec la musique qu'on aime tous les quatre et ça, c'est quand même assez difficile à atteindre, avant de plaire au reste du monde. Alors, c'est notre objectif et c'est ce que je crois qui nous stimule à poursuivre.

Q Vous ne faites pas que vous impressionner les uns les autres, il y a quelque chose de spécial qui se passe avec votre public. À quel point les spectacles sont importants pour vous?

R Les spectacles sont toujours le coeur du groupe. On adore écrire de la musique, mais donner des spectacles, c'est ce que l'on fait depuis qu'on est enfant et c'est ce qu'on aime tous. C'est comme si on devenait vivant sur scène, de différentes manières. C'est quelque chose qui va au-delà du groupe. On a été tellement chanceux: les gens viennent aux spectacles et reviennent; ils s'impliquent et y sont présents. J'imagine que c'est ce qu'on adore à propos de ça. Ça devient comme un party!

Q Dès le début, vous avez eu votre étiquette de disque et votre compagnie de management, ce qui semble avoir été une décision éclairée. Est-ce que votre liberté vient de là? Dès le début, elle vous était chère et vous ne l'avez pas perdue?

R Absolument. On s'est rencontrés en étant tous des musiciens engagés dans différents groupes à travers Londres. On a vu plein de groupes, la façon dont ils évoluaient, et on a appris de ces gens, car nous avons tous tourné séparément avec ces autres groupes. Avant de lancer le groupe, on a plongé là-dedans, un peu à l'aveugle. L'expérience est entrée et on a progressé de manière collaborative et c'est devenu notre force motrice.

L'aventure sud-africaine

Comme tout artiste qui mène une carrière internationale, Mumford & Sons est devenu une grosse machine. Mais qu'importe les engagements, les musiciens travaillent fort pour conserver leur spontanéité et se permettre des rencontres créatives. Leur récente tournée en Afrique du Sud ainsi que la parution du minialbum Johannesburg le 17 juin l'illustrent bien.

Les quatre hommes ont rencontré la formation The Very Best en Australie, en 2010, et se sont assuré de ne pas perdre contact. C'est d'ailleurs par leur entremise qu'ils ont découvert le Sénégalais Baaba Maal, en 2013, et qu'ils ont commencé à faire de la musique avec lui. La troupe sud-africaine Beatenberg fait également partie des heureuses rencontres. Les Britanniques ont voulu prendre le temps d'écrire du matériel original avec tous ces complices et de séjourner en studio pour immortaliser le tout sur Johannesburg.

«C'était un processus très différent pour nous, raconte Winston Marshall. Nous sommes habitués aux collaborations et nous sommes habitués de travailler ensemble les quatre, mais cette fois, c'était quatre groupes et artistes et c'était donc une nouvelle façon de faire pour tout le monde. Je crois que la clé était d'être ouvert et tout le monde est arrivé avec une attitude positive. On a juste joué, eu des idées. On essayait de s'émerveiller les uns les autres, l'idée était de susciter une réaction chez l'autre, ça vous encourage. Alors, c'était très excitant. Je crois qu'on l'entend sur l'album.»

Ce n'est pas la première fois que Mumford & Sons se permet une aventure à saveur world. Le groupe avait en effet séjourné en Inde, en 2010. Winston Marshall précise cependant que pour se permettre ce type de projet, qui sort des sentiers battus et de la routine habituelle, ça demande beaucoup d'organisation.

«Nous aimons les collaborations, nous aimons voyager et nous avons eu la chance d'avoir de belles occasions de collaborations. Les gens nous font des suggestions et nous faisons comme nous pouvons pour que ça se réalise. Nous avons une super équipe de management, qui permet que des choses folles comme le voyage en Inde ou en Afrique du Sud se produisent. Ça ne fait pas qu'arriver, c'est aussi beaucoup de travail. Je crois que plein de groupes le feraient si ce n'était pas si difficile à organiser.»

En français, mais pas en «québécois»

La mère de Winston Marshall était d'origine française. Aussi le guitariste et chanteur sait-il très bien s'exprimer dans la langue de Molière. Il a d'ailleurs donné le ton à notre entrevue en y allant de quelques lignes en français. Or quand on lui a dit qu'il pourrait être celui qui s'adresserait au public lors du spectacle à la Baie de Beauport, il s'est empressé de dire qu'il ne parlait pas «québécois». On a eu beau lui préciser que les deux langues sont les mêmes et que, hormis quelques subtilités, les différences sont surtout liées à l'accent, Marshall reste persuadé que le «québécois» est une langue à part: «On a tourné à une certaine époque avec une demi-douzaine de Québécois et quand ils parlaient rapidement entre eux, je n'avais pas la moindre idée de ce qu'ils se disaient. C'était un autre langage pour moi!»

Faire un mini-festival et choisir ses complices

Mumford & Sons aime s'installer dans divers lieux et créer des mini-festivals. L'arrêt de samedi à la Baie de Beauport ne fait pas exception. Mumford & Sons prend soin de sélectionner les artistes qui partageront l'affiche avec le groupe. C'est ainsi qu'outre Raury, ce rappeur américain de la Géorgie, les Montréalais de The Franklin Electric ainsi que Patrick Watson seront au programme. «Quelqu'un dans le groupe est très fan [de Patrick Watson] et nous l'a fait découvrir, raconte Winston Marshall. Alors, on est très contents qu'il soit là, au concert.» Le guitariste souligne aussi que son groupe s'efforce de privilégier les collaborations, alors il est fort possible qu'on voie les musiciens invités interagir avec Mumford & Sons...

Vous voulez y aller?

  • Qui: Mumford & Sons et invités
  • Quand: 11 juin, à 19h30
  • Où: Baie de Beauport
  • Billets: 82 $
  • Info: baiedebeauport.com

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