La traviata revisitée par Sofia Coppola et Valentino

Valentino a confié avoir dessiné les quatre robes... (AP, Andrew Medichini)

Agrandir

Valentino a confié avoir dessiné les quatre robes de Violetta, l'héroïne de l'opéra, en une heure et demie seulement

AP, Andrew Medichini

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Rome

L'Opéra de Rome signe sa renaissance depuis mardi avec une Traviata de Verdi «revue et corrigée façon 2016», grâce à la mise en scène de Sofia Coppola et aux costumes très haute couture de Valentino.

Fille de Francis Ford Coppola, la réalisatrice de Virgin Suicides, Lost in Translation et Marie-Antoinette signe avec cette oeuvre très populaire en Italie sa première mise en scène d'un opéra.

L'Américaine de 45 ans, dont la famille est originaire de Basilicate, avait été pressentie en 2009-2010 pour mettre en scène Manon Lescaut de Puccini à Montpellier, mais cela ne s'était finalement pas fait.

Quant au couturier romain de 84 ans, il est sorti de sa retraite pour produire le spectacle et dessiner les costumes de Violetta, l'héroïne malheureuse de cette Traviata, que l'Opéra de Rome accueille pour 15 représentations, jusqu'au 30 juin.

Opéra en trois actes de Giuseppe Verdi, La Traviata, créée en 1853 à la Fenice de Venise d'après La dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils, est l'une des oeuvres lyriques les plus jouées au monde.

«J'ai vraiment apprécié cette première expérience, même si au départ cela m'a paru effrayant, a affirmé la réalisatrice. J'ai essayé de me concentrer sur la beauté de la musique, sur l'histoire, tout en maintenant des éléments de la tradition.»

Valentino, qui a promis que Violetta porterait «une touche de rouge», sa couleur emblématique, a expliqué avoir dessiné lui-même les quatre robes de l'héroïne en une heure et demie tellement cet opéra l'inspirait «depuis son enfance», avant de confier leur réalisation à son atelier haute couture.

Les autres costumes ont été créés par les directeurs artistiques de la maison italienne, Maria Grazia Chiuri et Pier Paolo Piccioli, en collaboration avec l'atelier de l'opéra.

M. Piccioli a suivi Sofia Coppola, issue d'une famille de musiciens et de mélomanes, qui «voulait mettre un ton moins solennel, plus personnel et réduire les redondances» de l'oeuvre, a-t-il affirmé.

Avec La traviata, Sofia Coppola signe sa première... (AP, Thibault Camus) - image 2.0

Agrandir

Avec La traviata, Sofia Coppola signe sa première mise en scène d'un opéra. 

AP, Thibault Camus

Fraîcheur et fragilité

Afin d'apporter là aussi une touche moderne, la scénographie a été confiée au Britannique Nathan Crowley (Batman BeginsThe Dark KnightInterstellar).

Enfin, c'est le jeune maestro Jader Bignamini, directeur associé de l'orchestre Verdi de Milan, qui s'est occupé de la musique, dont il a essayé, a-t-il expliqué, «de ne pas trop souligner les défauts».

Pour Giancarlo Giammetti, associé de Valentino et coproducteur, il fallait que le spectacle ne soit «ni ennuyeux ni baroque» et qu'il insiste sur la «fraîcheur et la fragilité de cette très jeune femme» à l'histoire tragique.

Violetta, une courtisane parisienne, tombe amoureuse d'un jeune bourgeois de province, Alfredo. Mais le père d'Alfredo, choqué par cette liaison, obtient que la jeune femme rompe avec son fils, en écrivant une lettre de rupture dans laquelle elle ment sur la vraie raison.

Quand Alfredo apprend qu'elle l'aime toujours, il se précipite à son chevet. Trop tard : souffrant de tuberculose, Violetta meurt dans ses bras.

Cet opéra, dont la production a coûté 1,8 million d'euros (2,6 M $CAN) selon le directeur de la salle romaine, Carlo Fuortes, est un succès avant même sa première mardi : la billetterie a déjà encaissé 1,2 million d'euros (1,7 M $CAN), la meilleure recette de son histoire.

Si «la mode et le cinéma peuvent amener les jeunes à l'opéra», tant mieux, s'est réjouie Maria Grazia Chiuri.

Ce succès annoncé fera du bien à la salle romaine, longtemps minée par les dettes et les conflits sociaux, qui avaient poussé le chef d'orchestre vedette, Riccardo Muti, à jeter l'éponge en septembre 2014.

Un maestro dont Sofia Coppola s'est dit, ironie de l'histoire, «une lointaine cousine».

Après avoir menacé de licencier l'ensemble du choeur et de l'orchestre, l'Opéra a signé avec les artistes un accord de réduction des coûts qui a permis de ramener le calme, regagner la confiance du public et rétablir progressivement les comptes.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer