La Bohème: le coeur en fête

Non seulement la musique et le chant nous... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Non seulement la musique et le chant nous donnent l'impression d'être emportés par un flux sublime et ininterrompu, mais en quelques scènes bien écrites, on raconte l'amour dans notre son intensité, ses contradictions et sa complexité.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CRITIQUE / L'Opéra de Québec présente une version remplie de tendresse et d'émotions de La Bohème de Puccini. Non seulement le couple principal livre une magnifique prestation, mais la troupe semble évoluer dans une esquisse de Paris au XIXe siècle, qui se transforme au gré des scènes.

On sait qu'il n'est pas évident d'occuper l'immense scène de la salle Louis-Fréchette. Les décors imaginés par Michel Baker n'ont évidemment pas le faste (ni le budget et la durée de vie) de ceux du Casse-Noisette des Grands ballets canadiens, mais enveloppent le drame dans ce qui ressemble tantôt aux maisons de La Petite fille aux allumettes, tantôt à un dessin au fusain qui s'étire sur un ciel infini.

Aucune ligne n'y est droite, tout ne semble tenir qu'à un fil, comme une belle métaphore de ces amours qui s'enflamment, meurent, renaissent, et de ces vies qui tentent de faire de même. Les murs et les portes deviennent transparents, selon l'éclairage, ce qui appose un cadre et un filtre aux scènes qui se passent derrière. L'effet est généralement bien réussi.

Quel chef d'oeuvre, tout de même, La Bohème! Non seulement la musique et le chant nous donnent l'impression d'être emportés par un flux sublime et ininterrompu, mais en quelques scènes bien écrites, on raconte l'amour dans son intensité, ses contradictions et sa complexité.

L'interprétation, tant vocale que théâtrale, était remarquable. Aucune dissonance, aucun jeu trop appuyé, une aisance physique générale... la touche avisée du metteur en scène de théâtre Jacques Leblanc était palpable. La chorégraphie du 2e acte, où un choeur d'adultes et un choeur d'enfants entrent et sortent à de multiples reprises pour simuler la foule qui se presse dans les rues de Paris à la veille de Noël, était particulièrement bien dirigée.

Marianne Fiset interprète une Mimi vive, romantique et tragique, animée par des tumultes et des questionnements. La soprano a une voix exceptionnelle, brillante et limpide. À ses côtés, Antoine Bélanger joue un Rodolfo solide en apparence, mais pétri de désirs et de contradictions. Tous deux forment un couple des plus crédibles. Lors de la finale, complètement poignante, nous retenions difficilement nos larmes.

Le baryton Phillip Addis, en Marcello, est lui aussi particulièrement doué pour le jeu. On suit les tourments et les joies que lui amène Musetta avec empathie. Celle-ci est jouée par une Hélène Guilmette fougueuse et, elle aussi, très touchante à cause de la multitude d'émotions qui l'habitent.

Au final, c'est un opéra très humain, porté par des moments de beauté et de tumulte, qui nous est présenté. On en sort charmé, le coeur en fête.

La Bohème sera à nouveau présenté les 17, 19 et 21 mai à 20h à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre.

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