Champion: simplicité volontaire

À la base de son quatrième album, Best... (Le Soleil, Erick Labbé)

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À la base de son quatrième album, Best Seller, Champion s'est replongé dans son passé et a repêché quatre pièces de ce qui devait être son deuxième disque, jamais paru.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Le nouvel album de Champion est en quelque sorte né d'un regret... ou plutôt d'une erreur qu'il a souhaité corriger. Cette notion d'imperfection assumée doublée d'une envie de simplicité a teinté la mise sur pied de cette collection de chansons réunie sous un titre trempé dans l'ironie: Best Seller.

Maxime Morin raconte la genèse de son quatrième album en nous ramenant à son tout premier, Chill'em All, qui lui avait valu en 2004 l'approbation du public et la reconnaissance de l'industrie. Ou plutôt, il revient aux hésitations qu'il a vécues au moment de créer la suite des choses.

«Quand j'ai commencé le deuxième disque, j'ai mis six mois sur un album et je n'étais pas fier de mon travail, relate-t-il. Je trouvais que c'était la simple suite de Chill'em All. Je trouvais ça facile, alors j'ai décidé de résister à cette facilité. Donc j'ai flushé toute cette musique-là et j'ai fait le disque Resistance

Les années suivantes n'ont pas été de tout repos pour le créateur de musique électronique, qui a reçu en 2010 un diagnostic de cancer, dont il est maintenant guéri: il a tourné la page sur les réseaux sociaux en août dernier en annonçant qu'il avait franchi le cap des cinq ans sans récidive.

«Après coup, je sais que j'aurais dû sortir ce disque que je n'ai pas sorti, reprend-il. J'aurais dû aller dans cette apparence de facilité que je ressentais à l'époque. Je n'aurais pas dû résister. Je me suis dit qu'il n'était jamais trop tard pour essayer et que j'allais le faire, ce disque-là.»

Le musicien dit donc embrasser pleinement aujourd'hui le concept de simplicité. «Ma philosophie de vie a changé, confirme-t-il. De rendre les choses complexes ou compliquées, ce n'est pas ce qui les rend belles. La facilité, ça veut aussi dire la spontanéité. Ça veut dire le moment présent. À partir du moment où tu acceptes que la facilité puisse être une bonne chose, il y a beaucoup de portes qui s'ouvrent à toi. C'est de renouer avec une espèce de joie, de niaiseries, de ne pas trop se prendre au sérieux...»

Retour en arrière

À la base de Best Seller - un titre rempli d'autodérision à notre époque où les ventes de disques ne cessent de chuter -, Champion s'est replongé dans son passé. «Pour essayer de me resituer dans ma musique, j'ai réécouté Chill'em All, avoue-t-il. C'était une manière de savoir d'où je viens, comment je faisais les affaires dans ce temps-là.»

Du disque jamais né, il a repêché quatre pièces qu'il a retravaillées, remises au goût du jour, en se laissant toujours droit à l'erreur. «Si tu veux mettre de l'humanité dans quelque chose, mets de l'erreur», clame celui qui a aussi souhaité laisser place à une certaine ambiguïté dans le ton de ses nouvelles compositions. Il aime jouer sur les perceptions, sur le deuxième degré. Bref, Champion s'amuse sur plusieurs tableaux dans son nouvel album.

«J'aime amener ça à la limite du sabotage et à la limite du crémage!» rigole-t-il, citant en exemple la «maladresse» de la pièce Money Money Money. «Il n'y a pas beaucoup de monde qui l'aime. Même dans mon entourage. Mon gérant ne la voulait pas sur le disque.» Le musicien a préféré faire à sa tête. «Un album, c'est comme une mise en scène, justifie-t-il. C'est à ce niveau-là que je le mets en scène.»

Nouvelles voix

Champion a depuis ses débuts pris l'habitude de s'entourer de chanteurs (Betty Bonifassi, Pilou) pour donner corps à ses compositions. Best Seller ne fait pas exception. Marie-Christine Depestre et Anna Frances Meyer (Les Deuxluxes) contribuent cette fois à l'effort, mais c'est Lou Laurence qui saisit le micro la plupart du temps. La jeune chanteuse, qui donne dans le soul acoustique, a été repérée sur le Web par Champion. Et sans l'avoir vu venir, elle s'est retrouvée en studio avec lui.

«Elle avait fait des démarches pour aller enseigner l'anglais en Amérique du Sud, explique-t-il. Elle devait partir pour trois ou quatre ans, elle avait dit salut à tout le monde, à tous ses amis. Quand on l'a appelée, elle a dit: "Je vais aller voir ce que c'est, mais whatever..." Et elle a choisi de rester.»

Comme Marie-Christine Depestre, Lou Laurence accompagnera aussi Champion sur les planches lorsqu'il convoquera ses G-Strings (quatre guitaristes et un bassiste) pour une tournée estivale. La bande doit notamment se produire au Festival Eau grand air de Baie-Comeau (9 juillet), au Festival d'été de Québec (15 juillet), au Festif! de Baie-Saint-Paul (23 juillet) et au Festival Musique du bout du monde de Gaspé (11 août).

***

Vous voulez y aller?

Qui: Champion et ses G-Strings

Quand: 15 juillet à 21h20

Où: parc de la Francophonie

Accès: laissez-passer du Festival d'été

Info: www.infofestival.com

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