Eagles of Death Metal: l'après-Bataclan

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Même si les Eagles of Death Metal ont perdu un des membres de leur équipe lors de la soirée maudite au Bataclan, il était important pour eux de reprendre la route rapidement.

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(Québec) Quelques jours avant le concert des Eagles of Death Metal, le 6 juillet 2013 sur les plaines d'Abraham, je m'entretenais avec Jesse Hughes, le leader du groupe, au téléphone. Son agent m'avait prévenu que j'aurais entre 10 et 15 minutes avec le rocker, mais quand Hughes a pris le combiné, il s'est empressé de corriger: «Hey mon vieux, je veux juste te dire qu'on a tout le temps que tu veux.»

Et de fait, le rouquin à la moustache fournie avait été terriblement généreux. On avait abordé à peu près tous les angles de sa singulière carrière, qu'il a démarrée sur le tard. Il m'avait même invité en coulisses, une fois arrivé à Québec, pour me faire entendre des extraits de l'album qui est devenu Zipper Down (2015). Il m'avait aussi parlé de son rôle de pasteur - singulier, pour un gars qui ne craint pas le vice! - en plus de me montrer son tatouage où était inscrit «Pigeons of Shit Metal», en référence au surnom méprisant qu'avait donné Axl Rose à son groupe.

Eagles of Death Metal (EoDM), qui est né officiellement en 1998, a surtout évolué dans les circuits alternatifs, faisant sa marque avec son rock mordant, qui peut être de facture assez classique. Sa formule particulière, où le co-leader Josh Homme se limite généralement à un travail d'écriture et de studio, n'a pas été un handicap, Jesse Hughes sachant piloter sa bande avec aplomb sur la route, ce qui lui a valu des supporteurs notoires, dont Jack Black.

Le tragique concert

Pour Eagles of Death Metal, tout a basculé le 13 novembre 2015. Le nom du groupe est soudainement devenu connu du grand public. Sa musique a circulé davantage, aussi. Mais les Américains se seraient passés volontiers de ce qui a amené ce rayonnement. Ce triste soir, au Bataclan de Paris, des terroristes ont surgi en plein concert et ont fait feu sur la foule, tuant 90 fans et faisant des dizaines de blessés, dont 12 étaient encore hospitalisés trois mois après les événements.

Aujourd'hui, Jesse Hughes est pas mal moins jasant et disponible qu'il ne pouvait l'être en 2013. C'est pourquoi il n'a pas été possible de le joindre pour ce papier. EoDM a néanmoins donné, le 25 novembre dernier, une entrevue télévisée pour revenir sur les attentats. Hughes a également accordé quelques entretiens, où il est allé jusqu'à suspecter des membres de l'équipe de sécurité du Bataclan d'avoir été complices du carnage. La raison? Un agent de sécurité en coulisses l'aurait évité du regard et six autres manquaient à l'appel, le soir de la représentation. Mais il s'est par la suite excusé publiquement, mettant sa déclaration sur le compte du traumatisme subi: «Je ne suis plus moi-même depuis le 13 novembre.»

Hughes, qui est membre de la National Rifle Association, a été plus habile en laissant parler la musique. Les fans français des Eagles of Death Metal ont fait une campagne pour que leur version du succès Save a Prayer par leurs héros se retrouve numéro 1. De son côté, Simon Le Bon, de Duran Duran, à qui l'on doit la chanson, a fait savoir que sa troupe donnerait aux victimes les droits d'auteur pour cette reprise. À son tour, EoDM a proposé que, pour quiconque reprendrait sa chanson I Love You All the Time, le groupe donnerait sa part des droits d'auteur aux victimes des attentats. Maints artistes ont répondu à l'appel, dont Florence + The Machine (avec The Maccabees), Kings Of Leon, Savages, My Morning Jacket, Imagine Dragons, Elton John et Beck...

La route, d'abord

Parallèlement, même si les Eagles of Death Metal ont perdu un des membres de leur équipe responsable des produits dérivés durant cette soirée maudite, il était important pour eux de reprendre la route rapidement. Ils veulent même être les premiers à jouer au Bataclan, lorsque la salle rouvrira. «J'étais là quand tout est devenu silencieux, avait déclaré Hughes. Nos amis sont venus voir du rock'n'roll et en sont morts. Je veux y retourner et vivre.»

Réalisant leur souhait de revenir en France rapidement, les rockeurs sont allés à l'Olympia le 16 février et cette fois, Josh Homme était présent derrière la batterie. La bande s'est présentée au son de la pièce Il est 5 heures, Paris s'éveille, de Jacques Dutronc. Hughes a pris le temps de prendre le pouls de la foule, émotive, avant d'ouvrir avec I Only Want You, qui comportait un moment de silence à la mémoire des victimes.

C'est sur une décharge de rock, donc, que EoDM et ses fans se sont efforcés de célébrer la vie. Et c'est avec cette approche que la bande revient à Québec en ouverture de Death From Above, après trois ans d'absence, et sans doute avec tous les excès propres au rock'n'roll qu'aime célébrer Jesse Hughes.

«Je crois qu'on a une carte de crédit et que Dieu nous collecte au fil d'arrivée, m'avait confié le coloré personnage, en 2013. Alors il n'y a rien qui justifie que je ne pèche pas. J'ai un boulot de rocker et j'adore ça!»

Vous voulez y aller?

  • Qui: Death From Above, Eagles of Death Metal et Yardlets
  • Quand: 8 mai, 20h
  • Où: Impérial
  • Billets: 47,50 $ et 51,00 $
  • Info: imperialbell.com

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