Jean-Pierre Ferland: pour l'amour... et la technique

«Je suis affublé de la maladie du trac.... (Le Soleil, Yan Doublet)

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«Je suis affublé de la maladie du trac. Tellement que j'en tremble», avoue Jean-Pierre Ferland.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) De son propre aveu, Jean-Pierre Ferland est presque obsédé par son ébauche de comédie musicale, La femme du roi. «J'y pense matin, midi et soir», relate-t-il. Le chanteur prendra prochainement un peu de recul de ce projet - qui lui donne de l'espoir, mais aussi des maux de tête - pour renouer avec son public de Québec, le temps de trois représentations au Capitole. Discussion de coulisses avec un passionné qui y a passé une bonne partie de sa vie.

Q Votre projet de comédie musicale vous garde bien occupé. C'est important pour vous d'en sortir de temps en temps pour offrir des concerts?

R Ça me tient. C'est mon côté d'exécution. À ne pas chanter, on perd la technique. La technique, il faut toujours être bien chum avec. Il faut que ce soit une seconde nature. Je reste un artiste, je reste un chanteur... Et j'aime ça!

Q Selon vous, qu'est-ce que votre public ignore de vous?

R Je suis affublé de la maladie du trac. Tellement que j'en tremble. Pas toujours, mais dans les premiers jours, quand ça fait longtemps que je n'ai pas chanté, je tremble. Ça vient de la sensibilité. On travaille tous les jours pour être sensible. Mais c'est un couteau à deux tranchants. Le trac, c'est une référence à la sensibilité. Ça vient de la peur de ne pas réussir, de décevoir. Ça s'atténue généralement après quatre ou cinq chansons. Mais, au début, c'est toujours la même chose : «Est-ce qu'ils vont m'aimer?»

Q Vous ne pensez pas qu'après un certain temps, l'amour du public est acquis?

R Des fois... Mais l'amour, c'est quelque chose de vivant. Alors, non. Je pense que l'amour n'est jamais vraiment acquis. L'admiration non plus. Il faut travailler tout le temps. Il faut être très actif pour conserver l'amour. 

Q Vous avez un truc pour y arriver?

R Il faut demeurer très vivant, intéressant, sans prétention. En étant ce qu'une femme peut vouloir d'un homme. Qu'est-ce qu'une femme veut d'un homme? Qu'il soit modeste. Qu'il soit doux. Qu'il soit sincère. C'est pour ça qu'avec le temps, je me suis aperçu que la plus grande qualité d'une histoire d'amour, c'est la fidélité. Le public aussi, c'est une histoire d'amour.

Q Comment prépare-t-on un spectacle quand on a tant d'années de carrière derrière soi? On change la routine? On essaie de se surprendre ou de surprendre le public?

R Il faut changer toutes les chansons. Et même si on ne les remplace pas toutes par d'autres, il faut les déplacer dans notre histoire. Un spectacle, c'est une histoire. Pour moi, il n'y a pas deux spectacles pareils. Et cette année, à Québec, ça va être encore plus différent parce que j'aurai un nouveau groupe de musiciens. 

Q Y a-t-il des chansons que vous ne voulez plus chanter?

R J'ai écrit 500 chansons dans ma vie. Là-dessus, il y en a une quarantaine que je privilégie. Il y en a que je redécouvre, comme Le soleil emmène au soleil. Mais des chansons comme Les immortelles ou les plus anciennes, ça ne me tente plus. La musique est ma chanson préférée... Et puis ces temps-ci, je fais quelque chose que je ne faisais pas avant. Je fais une pièce qui n'est pas de moi. Je fais La chanson des vieux amants de Jacques Brel. Ça prend du guts pour écrire ça et ça prend un certain âge pour le chanter!

Une oeuvre «pour la pérennité»

Pas de doute, Jean-Pierre Ferland est habité par la création de sa comédie musicale, La femme du roi, inspirée de l'histoire d'amour entre Edward VIII et Wallis Simpson, une divorcée américaine pour laquelle le jeune souverain a renoncé au trône britannique. Le projet nourrit sa créativité, certes, mais lui donne aussi du fil à retordre par ses contraintes techniques et de production. 

«Je ne pensais jamais que ça serait aussi difficile et aussi douloureux», confie Jean-

Pierre Ferland. Il explique que des divergences créatives l'ont forcé à se séparer de complices de la première heure. Et il a aussi ce problème de trouver un producteur, lui qui comptait un peu sur son ami René Angélil, qui voyait, semble-t-il, le projet d'un bon oeil. 

«C'était une entente tacite entre amis, précise Ferland. Puis il est tombé malade...»

Le chanteur dit maintenant attendre «que quelqu'un d'autre se manifeste. Je ne veux pas demander à quelqu'un d'être producteur. Mais d'un autre côté, je ne vendrai pas ma maison [pour financer le projet]. Je l'aime trop», tranche-t-il.

Jean-Pierre Ferland profite donc de cette «accalmie» pour «peaufiner» son oeuvre, qui a notamment été présentée sous forme de lectures publiques l'été dernier à Joliette. Et il se dit convaincu que les choses tomberont en place au moment opportun. Quitte à aller cogner à la porte de commanditaires pour faciliter la production.

«Je ne veux pas être pressé. Je ne fais pas ça pour avoir des honneurs de mon vivant. Je le fais pour la pérennité. C'est pour mes enfants. Je me dis : "Fais-le pour eux... Et sois sûr qu'ils seront fiers de toi"...» 

Vous voulez y aller?

  • Qui: Jean-Pierre Ferland
  • Quand: du 19 au 21 mai à 20h
  • Où: Capitole
  • Billets: entre 61 $ et 81 $
  • Tél.: 418 694-4444

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