Antoine Tamestit et Shai Wosner : oiseaux, alto et piano

L'altiste Antoine Tamestit et le pianiste Shai Wosner... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'altiste Antoine Tamestit et le pianiste Shai Wosner ont envouté le public, au point d'avoir à jouer un deuxième rappel pour la première fois de leur tournée.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / L'altiste Antoine Tamestit a quelque chose du joueur de flûte du conte recueilli par les frères Grimm : il envoûte les spectateurs et pourrait les convaincre, lorsqu'il fait chanter son instrument, de le suivre au bout du monde.

Ceux-ci l'ont à tout le moins suivi jusqu'au deuxième rappel. «On avait préparé pour toute la tournée un deuxième bis et vous êtes les seuls à nous l'avoir demandé», a lancé l'altiste français en revenant sur scène pour une ultime prestation. Après le programme principal, Tamestit et le pianiste Shai Wosner ont joué deux pièces inspirées du chant du rossignol, une de Mahler et une de Brahms. Deux chants beaux et tristes, portés par les amours déçues et les souvenirs qui taraudent et joliment interprétés.

Il faut dire que l'altiste nous avait déjà charmés. Il a une manière infiniment expressive de bercer son instrument, d'y poser l'oreille en souriant pour les passages plus doux et de laisser son archet décrire un grand cercle pour les finales qui l'exaltent. Pendant tout le récital, il a semblé danser.

Le pianiste Shai Wosner était plus difficile à observer pour les sièges impairs, mais le sourire éclatant qu'il affichait à chacun des saluts laissait entendre qu'il prenait autant de plaisir au concert que son collègue mis à l'avant-plan. 

Programme conventionnel

Les deux musiciens ont présenté un programme conventionnel, du Schumann et du Brahms en alternance, tout en insérant une pièce plus contemporaine du compositeur japonais Toru Takemitsu, A Bird Came Down the Walk. Tamestit nous a présenté l'oeuvre, inspirée d'un poème d'Emilie Dickinson, avec une anecdote nous invitant à faire un voyage zen et à nous mettre dans un état de contemplation musicale. Le prélude a porté ses fruits et a atténué ce qui aurait pu sembler rébarbatif dans cette mélodie modale où les plaintes de l'alto répondent aux notes isolées de la partition de piano.

Märchenbilder, de Schuman, inspiré des contes des frères Grimm. Les deux premiers mouvements, pleins de candeur, sont dédiés à des scènes de Rapunzel. Le troisième, à la fois majestueux et sinistre, s'inspire de Rumpelstiltskin alors que le quatrième, délicat et doux comme une berceuse est consacré à la Belle au bois dormant.

Le concert s'est ouvert avec un Adagio et allegro de Schumann, initialement prévu pour le cor, et contenait les sonates en mi bémol majeur et en fa mineur de Brahms d'abord écrites pour la clarinette. L'alto en a toutefois révélé toutes les couleurs avec son timbre enveloppant et mélancolique si particulier. Les deux pièces étaient à la fois vives, allègres et passionnées.

Le concert était présenté samedi après-midi au Palais Montcalm. La saison du Club musical se terminera le mardi 17 mai à 20h au même endroit avec le Philharmonia Baroque Orchestra.

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