Prince n'avait pas de testament, dit sa soeur

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Prince lors d'un spectacle à la mi-temps du Super Bowl en février 2007.

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Ryan Nakashima, Steve Karnowski
Associated Press
Minneapolis

La soeur de Prince - qui affirme que la superstar n'avait pas de testament - a demandé mardi à un juge de Minneapolis de nommer un administrateur pour gérer les avoirs de son défunt frère.

Tyka Nelson a déclaré en cour qu'une décision devait être prise rapidement.

L'ampleur de la fortune du chanteur, qui est décédé jeudi dernier, n'a pas été précisée, mais elle atteindrait plusieurs millions de dollars.

Mme Nelson a proposé que Bremer Trust, une société fiduciaire, devienne l'administrateur des avoirs de la star.

Des documents judiciaires mentionnent que Bremer Bank offrait déjà des services financiers à Prince depuis des années.

Cette requête survient moins d'une semaine après que le chanteur eut été trouvé sans vie dans sa maison de la banlieue de Minneapolis. Depuis, plus de 2,3 millions de ses chansons ont été achetées par ses fans.

Prince - qui a vendu plus de 100 millions d'albums de son vivant, selon Warner Music Group - est le propriétaire d'une douzaine de maisons dans et aux alentours du complexe de Paisley Park. Des documents publics révèlent que ces propriétés valent environ 34 millions $.

Mark Roesler, administrateur chez CMG Worldwide, estime que les revenus générés par Prince après son décès atteindront ceux d'autres célébrités décédées, comme Elvis Presley, dont les héritiers ont empoché 69 millions $ l'an dernier, selon le magazine Forbes.

En vertu de la loi au Minnesota, une personne peut détenir un testament secret. Si tel est le cas pour Prince, cette information serait rendue publique une fois que son certificat de décès sera émis.

Prince n'était pas marié et n'avait pas d'enfants. Tyka Nelson est sa seule soeur. Prince a toutefois cinq demi-frères et soeurs qui sont toujours vivants (deux autres sont décédés).

Une autopsie a été pratiquée sur le corps du chanteur vendredi et ses restes ont été incinérés samedi.

Un mentor bienveillant pour des dizaines de jeunes artistes

Prince n'a pas d'enfant biologique, mais il laisse derrière lui de nombreux protégés, pour qui l'icône de la pop représentait un mentor bienveillant, et parfois même davantage.

Pour des dizaines d'artistes, principalement des femmes qu'il a sorties de l'anonymat, Prince était devenu à la fois un producteur et une figure paternelle qui les invitait dans le sanctuaire de Paisley Park, sa propriété de Minneapolis.

Prince, décédé brutalement la semaine passée à l'âge de 57 ans, était connu pour son énergie débordante et sa capacité à jouer de n'importe quel instrument avec talent. Mais il adorait également travailler avec des musiciens moins connus, certains ayant même joué avec lui dans un de ses précédents groupes, «The Revolution».

La percussionniste Sheila E. et la chanteuse Sheena Easton, la «reine du funk» Chaka Khan ou la danseuse-chanteuse-actrice Carmen Electra font ainsi partie des artistes qui ont vu leur carrière décoller grâce à Prince.

Cet infatigable créateur a également écrit des titres à succès pour d'autres chanteurs, dont Nothing Compares 2 U pour Sinead O'Connor, ou Manic Monday pour The Bangles, mais avec la plupart de ses protégés il semblait préférer rester en retrait plutôt que de pousser ses propres créations.

Ingrid Chavez, poète, auteure et photographe, a rencontré Prince en 1987 dans un bar, quand elle vivait à Minneapolis. Elle lui a montré quelques textes et il l'a recontactée quelques nuits plus tard.

«Il m'a dit : "J'ai un studio et je veux que tu viennes produire quelque chose"», raconte-t-elle à l'AFP.

Peu après, la jeune femme chantait sur l'album Lovesexy de Prince et elle allait même jouer le rôle de sa petite amie dans le film Graffiti Bridge en 1990, suite du classique Purple Rain.

«C'était très surprenant, je n'avais jamais joué la comédie auparavant, et je n'ai plus jamais joué depuis», explique en riant l'artiste qui a aujourd'hui 51 ans.

«Je sais que ça peut sembler idiot, mais je pense qu'il aimait vraiment voir les rêves des gens devenir réalité, s'il pensait que vous aviez assez de potentiel et de confiance en vous», reprend Ingrid Chavez, qui a par ailleurs également coécrit la chanson osée Justify My Love de Madonna.

«Notre confident, notre frère»

Les collaborations entre chanteurs ne sont pas rares, notamment dans le monde du hip-hop, mais la particularité de Prince est d'avoir découvert et promu tant d'artistes, dont beaucoup ne sont pas de grands noms.

Durant les derniers mois de sa vie, il faisait des recommandations chaque semaine sur le site de musique en ligne Tidal, où il a récemment par exemple comblé d'éloges la chanteuse soul peu connue Sidibe.

L'icône de Minneapolis, qui défiait les conventions dans sa manière de sortir ses albums, avait aussi envoyé l'an dernier aux médias un téléchargement gratuit du premier album de la chanteuse de R&B Judith Hill, enregistré chez lui à Paisley Park. Selon Prince, la jeune femme va devenir une superstar.

Connue auparavant pour être une candidate du télé-crochet The Voice, Judith Hill a écrit sur Twitter après la mort de Prince qu'elle se sentait dorénavant «toute seule et effrayée», sans l'appui de son mentor.

«Prince aimait être notre sauveur, il aimait nous promettre le monde et être le gars qui pouvait vous l'apporter, qui pouvait vous faire vous sentir invincible», racontait en 2009 Wendy Melvoin, guitariste de «The Revolution». Elle notait que si Prince croyait sincèrement dans le talent de ses protégés, ceux-ci n'auraient jamais vendu autant de disques sans son soutien.

«Prince est rapidement devenu plus que "l'artiste" pour nous», a encore confié ces derniers jours sur les réseaux sociaux Hannah Welton, qui assurait la batterie dans le dernier groupe avec lequel Prince jouait, 3rdeyegirl. «Il n'était pas notre "patron", en fait il détestait quand les gens l'appelaient comme ça. Il était notre GRAND ami. Notre mentor. Notre confident. Notre frère. Et il était même devenu une figure paternelle protectrice pour nous».  Avec AFP

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