Richard Strauss en trois temps

Modeste, le chef Fabien Gabel a tenu à... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Modeste, le chef Fabien Gabel a tenu à rectifier le titre du concert, Fabien dirige Strauss, pour proposer «L'OSQ joue Strauss» afin de placer ses musiciens à l'avant-plan plutôt que lui-même.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CRITIQUE / On a pu apprécier trois facettes de l'écriture symphonique de Richard Strauss mercredi soir grâce à l'Orchestre symphonique de Québec (OSQ) : la fulgurance de son Don Juan, la mélancolie de sa Musique du clair de lune, tirée de Capriccio, et l'énergique narrativité des quatre interludes de Intermezzo.

Les oeuvres écrites respectivement à l'aube, au crépuscule et au zénith de sa vie offrent une matière riche et variée à l'orchestre. D'entrée de jeu, le directeur musical Fabien Gabel a tenu à rectifier le titre du concert,

Fabien dirige Strauss, pour proposer plutôt «L'OSQ joue Strauss», une belle marque de déférence envers les musiciens qu'il dirige et qu'il souhaite apparemment davantage mettre à l'avant-plan que lui-même. 

Cela fait deux concerts que le chef s'adresse au public pour présenter le programme et livrer des anecdotes, une habitude qui l'humanise et qui établit un lien heureux avec les spectateurs.

À la fin de la Musique du clair de lune, au retour de l'entracte, il a pris le temps d'aller chercher le cor solo Levente Varga au fond de l'orchestre pour qu'il vienne recevoir les applaudissements en avant-scène. Il faut dire que le musicien a livré une performance particulièrement inspirée et empreinte d'émotion. On suivait le chant de son instrument comme s'il s'agissait d'une voix humaine, douce et déchirante à la fois.

Au début de la soirée, on a rapidement plongé dans le poème symphonique Don Juan, où Strauss dépeint le désir, la possession, le désespoir, dans un fulgurant déploiement mélodique et rythmique. On en est sorti presque étourdi, retenant notre souffle en même temps que l'orchestre - qui fait brusquement silence au plus fort de cette tempête avant l'élan final - lorsque le héros est frappé par le destin.

Incursion du côté de Prokofiev

Le temps d'accueillir la violoniste hollandaise Simone Lamsma, l'orchestre a troqué Strauss pour Prokofiev et son Concerto pour violon no 2 en sol mineur. Svelte et blonde, un peu rigide mais redoutablement efficace, la violoniste a fait chanter, gémir et pleurer son Stradivarius au gré de la partition ponctuée de triolets et de pizzicatos (des pincements de cordes). L'oeuvre au rythme étrange, voire lugubre, a été brillamment interprétée par la soliste et l'orchestre et permettait de goûter à des émotions moins théâtrales au mieux de tous les élans de Strauss.

Le concert s'est conclu avec les quatre interludes symphoniques de l'opéra Intermezzo qui ressemble dans l'ordre à un voyage en montagnes russes (mené par les énergiques moulinets de bras du chef), à une rêverie interdite, à une énergique partie de cartes où les violons pianotent littéralement et à un heureux dénouement qui constituait la touche finale idéale au concert. 

Le programme présenté mercredi soir à la salle Louis-Fréchette sera repris jeudi à 10h30 sans le concerto de Prokofiev et la soliste Simone Lamsma, mais avec Rêverie d'Alexandre Scriabine.

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