La fougue de Santana, l'éternel hippie

L'approche de Carlos Santana est sensiblement la même... (Le Soleil, Yan Doublet)

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L'approche de Carlos Santana est sensiblement la même depuis des années: une riche sélection de chansons mariant passé et présent, une bonne dose d'improvisation et une équipe de musiciens de premier ordre. C'est exactement ce qu'on a eu, lundi, au Centre Vidéotron.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CRITIQUE / La caravane de Carlos Santana transitait par Québec, lundi. Fidèle à lui-même, le guitariste aux racines mexicaines a offert une généreuse performance, où la musique parlait autant sinon davantage que les mots.

«C'est froid dehors, pourquoi on ne se réchaufferait pas ici?» a demandé Carlos Santana à ses fans. Pour faire grimper le mercure d'un cran, l'artiste de 68 ans ne songeait pas à recourir à un système de chauffage quelconque, mais plutôt à son rock latin.

L'approche de Santana est sensiblement la même depuis des années : une riche sélection de chansons mariant passé et présent, une bonne dose d'improvisation et, pour livrer tout ça, une équipe de musiciens de premier ordre. C'est exactement ce qu'on a eu, lundi. Et même si le Centre Vidéotron n'affichait pas complet - plusieurs sections étaient fermées, dont les niveaux 200 et 300, en entier -, nul doute que ça marchait très bien.

C'est avec un clin d'oeil à sa légendaire performance à Woodstock que le guitariste et sa bande ont fait leur apparition, images d'archives en prime. Ils étaient pas moins de 11 sur les planches, en comptant le leader et sa femme, Cindy Blackman Santana, qui officiait à la batterie. La machine s'est mise en marche avec Soul Sacrifice pour nous amener, tranquillement, vers le matériel que le vétéran vient tout juste de lancer sur son album Santana IV. Puis, question de voir son public se lever, il a sorti la toujours efficace Maria Maria

Comme promis, l'atmosphère s'est réchauffée et Santana a gardé la foule au creux de sa main jusqu'à la fin du concert, à renfort d'airs connus ou de solos inspirés. Il a aussi laissé à ses complices des moments sous les projecteurs, qu'il s'agisse de son bassiste Benny Rietveld, hallucinant de virtuosité, ou encore sa section de cuivres dans Sacalo.

Gourou de l'amour

Santana, qui arborait un t-shirt où l'on pouvait lire «Listen To Miles Davis», s'est permis quelques interventions, sans mettre de côté son chewing-gum. Au coeur de sa pertinente reprise de A Love Supreme, de Coltrane, il a même pris des allures de gourou. Citant des chansons de Bob Marley, de Marvin Gaye, de John Lennon ou des Beatles, il a indiqué que toutes ces pièces avaient pour but de changer la mentalité de la planète et que c'était précisément l'objectif de son groupe.

«Le FBI, la CIA, ce qui se passe à Londres, le KGB et Hollywood et sa même merde stupide... Les gens investissent dans la peur, car ils croient que la peur est plus rentable, mais c'est un mensonge. L'amour apporte de l'unité et de l'harmonie. L'amour guérit. Des gens diront que je suis un vieux hippie de Woodstock qui croit que l'amour est la solution. Eh ben oui, j'y crois!»

À l'instar de Santana au micro, le leader et ses musiciens se sont faits bavards sur leurs instruments. On n'a pas toujours évité les longueurs, mais on a aussi eu, en revanche, d'excellents moments improvisés qu'on n'aurait pas eus autrement.

Afin d'ouvrir la voie à l'attendue Black Magic Woman, Santana a cité Paint It Black des Stones, avant d'enchaîner dans le classique Oye Como Va. Pour le rappel, notre homme avait encore Smooth en poche et, surtout, une Toussaint L'Overture redoutable, à la rythmique endiablée, qui valait à elle seule le déplacement. Au compteur : près de deux heures et demie de musique de haut calibre - un excellent concert.

«Dans mon coeur, j'ai 7 ans et j'ai soif d'aventure, a déclaré Santana, à mi-parcours. Dans mon coeur, j'ai de l'innocence. Les gens disent : "Tu as près de 69 ans". Mais si tu te sens bien, le temps n'a pas d'importance.»

Et de fait, le leader avait une fougue qui manque à des plus jeunes que lui. Aucun chiffre n'a été dévoilé quant à l'assistance, mais à l'oeil, on pourrait dire qu'il y avait entre 5000 et 6000 personnes.

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