Grandiose monumental!

Élevés sur des socles de différentes hauteurs, les... (Yannick Grandmont)

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Élevés sur des socles de différentes hauteurs, les danseurs se retrouvent limités dans l'espace et isolés pour une bonne partie de la pièce.

Yannick Grandmont

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(Québec) CRITIQUE / «Grandiose» et «majestueux» sont les mots qui nous viennent en tête à la sortie de monumental, de passage vendredi soir à Québec. On comprend maintenant pourquoi on en entendait parler comme d'un spectacle-évènement.

Oui, monumental est un évènement par son envergure et parce qu'il réunit à la perfection trois grandes puissances artistiques. 

Il y a d'abord la musique qui nous rentre dedans, fait vibrer nos sièges et nous prend aux tripes dès les premières secondes. Une musique envoûtante, dramatique et immensément riche, celle du groupe mythique montréalais Godspeed You! Black Emperor, associé au mouvement post-rock des années 90.  

Il y a aussi la danse des chorégraphes Noam Gagnon et Dana Gingras de la compagnie The Holy Body Tattoo de Vancouver. Une danse urbaine, pulsionnelle, nerveuse et profondément ancrée dans la réalité.

Et puis, les mots projetés sur un écran à l'arrière de la scène, ceux du texte Living de l'artiste américaine Jenny Holzer, qui nous exposent en plein visage toute la beauté et la laideur dont l'être humain est capable.

Happés par la danse

D'abord portés par la musique, jouée en direct par les huit musiciens perchés au fond de la scène, on est ensuite happés par la danse, par cette représentation de nous-mêmes comme individu, comme société, et comme individu évoluant dans cette société. Élevés sur des socles de différentes hauteurs, les neuf danseurs vêtus d'habits de ville se retrouvent limités dans l'espace et isolés pour une bonne partie de la pièce. Leur force et leur résilience sont mises en lumière dans ce monde où on se déchire, se torture, se blesse. Plus tard, ils se retrouvent sur la terre ferme, confrontés au regard des autres, à leur folie, à la pression du groupe.

Les gestes de Gagnon-Gingras sont précis et demandent beaucoup de rigueur aux danseurs. Ceux-ci ont visiblement été choisis pour leur individualité, mais aussi pour leur capacité à former un ensemble fort lorsque la chorégraphie le commande. Ils réussissent alors à danser dans un parfait synchronisme pour faire monter l'intensité de certains passages. La musique et les mots se mettant aussi de la partie, on assiste à des moments de grâce.

Toujours actuelle

La pièce monumental, qui a été créée il y a 10 ans, est toujours actuelle. Elle explore l'humain dans ce qu'il a de meilleur et de pire. La compassion côtoie la trahison, la douceur côtoie la violence. Et elle s'intéresse aux traces qu'on laisse sur Terre. 

Le spectacle connaît véritablement une deuxième vie puisqu'après des représentations à Vancouver, à Montréal, à Québec et en Australie, il poursuit sa tournée jusqu'en septembre.

Une pièce coup de coeur pour terminer en beauté la saison 2015-2016 de danse du Grand Théâtre, le spectacle de la São Paulo Companhia de Dança prévu pour le 26 avril ayant été annulé.

Monumental n'était présenté à Québec qu'un seul soir.

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