Sensible Major

Enceinte de son troisième enfant, Catherine Major arborait... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Enceinte de son troisième enfant, Catherine Major arborait un bedon bien rond - c'était d'ailleurs son avant-dernière représentation avant qu'elle ne prenne une pause...

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / Catherine Major invitait le public à entrer dans sa Maison du monde, samedi, au Grand Théâtre. Ses fans ont répondu à l'appel en grand nombre et ont eu droit à une solide performance, gorgée de finesse et de sensibilité.

C'est un concert en deux temps que Catherine Major avait concocté. D'abord, une première partie où elle officiait seule au piano. Pas si seule, à vrai dire. Enceinte de son troisième enfant, elle arborait un bedon bien rond - c'était d'ailleurs son avant-dernière représentation avant qu'elle ne prenne une pause...

Réchauffant les touches d'ivoire et d'ébène sur des airs de Bach, elle a ensuite puisé dans différentes périodes de son répertoire pour amener la foule dans une Sahara chaloupée ou dans un Piano ivre qui donnait des frissons.

Offrir une première partie d'un peu plus de trente minutes en solo, puis une seconde qui s'étendait sur 75 minutes, en trio, pouvait paraître un choix singulier, or la proposition a bien fonctionné. Major a expliqué son choix par le fait qu'il était difficile de scinder en deux le matériel de son plus récent album, La Maison du monde. Et de fait, l'ensemble forme un tout cohérent, tant sur le plan du contenu, qui met de l'avant son univers de mère et d'amoureuse, que sur celui de l'emballage musical, où les guitares prennent parfois le dessus sur le piano ou les claviers.

Cette deuxième partie a exercé son charme aussi rapidement que la première. Certes, l'offrande pouvait être parfois dense, or avec ses complices Maxime Audet-Halde (guitares, claviers, lap steel) et Maxime Lavallée (batterie, claviers, guitares), la chanteuse savait trouver le chemin le plus court pour toucher les spectateurs. On appréciait à la fois son chant puissant, quoique jamais forcé, ses musiques recherchées ou les rimes riches des Desjardins, Moran et autres Mistral. On a ainsi été conquis autant par l'intense Black Jack que par la ballade acoustique Nos Délicats ou Le Feu, au phrasé atypique.

Major et ses musiciens ont eu droit à une ovation bien méritée en fin de programme. Ils ont fermé les livres avec une interprétation intense de Vivante et une version quelque peu déstabilisante de La voix humaine, servie avec une six cordes grinçante.

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